Estefania est d’origine colombienne. Toutes les femmes de sa famille ont donné naissance par césarienne.

Tu t’en doutes probablement, une fois enceinte, elle a beaucoup douté de sa capacité à mettre au monde son bébé. Elle pensait qu’elle ne serait pas capable de donner naissance à sa fille vaginalement et encore moi de façon physiologique.

Avec son amoureux Pierre-Olivier, il nous raconte leur parcours qui les a mené à une naissance physiologique.

Un enfantement à travers lequel Estefania a offert un nouveau modèle d’enfantement à sa fille et aux femmes qui vont la suivre dans sa lignée.

LES ASTUCES QUE  ESTEFANIA A UTILISÉES POUR JONGLER AVEC LA DOULEUR

  • Ballon
  • Compresses
  • Écouter des Podcast sur la naissance
  • Instinct
  • Musique
  • Ostéopathie pendant la grossesse
  • Points de pression sur les orteils
  • Positions et stations
  • Sac magique
  • Suspensions

CONTACTER ANNIE

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Les sujets abordés dans cet épisode

  • Accouchement rapide
  • Accouchement sans péridurale
  • Accouchement en milieu hospitalier (hôpital)
  • Accouchement en maison de naissance
  • Accouchement avec des sages-femmes
  • Césarienne
  • Tour de cordon ombilical
  • Délivrance, naissance du placenta
  • Dilatation du col
  • Gestion de la douleur
  • Importance du soutien du.de la partenaire
  • Liquide amniotique
  • Maison des naissances
  • Naissance physiologique
  • Placenta
  • Phase de latence
  • Plan de naissance ou souhaits de naissance
  • Poussée réflexe
  • Rôle du/de la partenaire
  • Rupture spontanée des membranes

Interventions dont il est question dans cet épisode

  • Aucune 100% physio
  • Examen vaginaux (col)
Transcription de l'épisode

Annie, ta Doula Ostéo

Estefania est d’origine colombienne. Toutes les femmes de sa famille ont donné naissance par césarienne. Tu t’en doutes probablement, une fois enceinte, elle a beaucoup douté de sa capacité à mettre au monde son bébé. Elle pensait qu’elle ne serait pas capable de donner naissance à sa fille vaginalement et encore moins de façon physiologique.

Avec son amoureux Pierre-Olivier, il nous raconte leur parcours qui les a menés à une naissance physiologique. Oui, oui, tu m’as bien entendu.

Un enfantement à travers lequel Estefania a offert un nouveau modèle d’enfantement à sa fille et aux femmes qui vont la suivre dans sa lignée. 

J’ai le plaisir d’accueillir Estefania et Pierre-Olivier qui viennent nous raconter leur histoire. Donc, premier bébé, est-ce que vous avez toujours su que vous vouliez avoir des enfants ensemble ou ça a été un cheminement, une découverte? 

Estefania

Honnêtement, on savait un peu qu’on voulait être parent dans la vie. On savait que c’est ce qu’on voulait. C’est arrivé un petit peu plus vite qu’on pensait, mais les plans étaient là quand même.

Annie, ta Doula Ostéo 

Je comprends. Et là, les semaines ont passé, et là, vous vous êtes dit, «OK, bien là, c’est beau la grossesse, mais il va falloir éventuellement donner naissance à ce bébé-là.

Au départ, votre idée, c’était d’aller donner naissance en hôpital. C’était ça votre posture initiale. Est-ce que vous aviez peur de l’accouchement à ce moment-là ou c’était juste parce que c’était ça un peu la normalité?

Estefania 

En fait, moi, il faut savoir que dans ma famille, ou toutes les femmes que je connais, sauf une, ont accouché à l’hôpital et ont eu des césariennes

Moi, je suis d’origine colombienne, et je pense que c’est encore plus normal. On dirait que tout fait en sorte que tu tombes en césarienne. Honnêtement, il n’y a pas une femme de ma famille qui n’a pas eu de césarienne.

Au début, je disais: “oh mon Dieu, ce n’est pas vrai que je vais sortir un humain de mon vagin. Je préfère qu’on fasse une césarienne et que ça finisse là, pas souffrir, ce n’est pas vrai que je vais déchirer.”

J’étais là.

Mais la sœur de Pierre-Olivier à accouché trois mois avant que je tombe enceinte. Et elle a accouché à la maison de naissance. Donc ça, ça a été comme une première personne dans notre entourage qui a accouché naturellement.

Elle nous a raconté son histoire, mais ça avait l’air quand même intense. Elle a accouché à 42 semaines. On a dû induire l’accouchement. Donc, c’était vraiment une histoire différente, c’était intense.

J’étais ouverte, surtout parce que moi, j’aime pas vraiment l’hôpital. Je déteste les aiguilles. J’ai vraiment une peur bleue.

Donc, j’étais vraiment ouverte, mais j’avais vraiment peur. J’étais comme, oh mon Dieu, comment on fait pour accoucher naturellement? C’est de la folie. C’est quoi ça?

Pierre-Olivier 

On partait de loin, c’est sûr qu’on partait de loin. On partait vraiment, vraiment de loin. Puis c’est sûr que ma soeur nous a quand même aidé comme mentor, surtout juste le fait de nous convaincre d’aller juste à la rencontre informative, à la maison de naissance.

On a fait une progression fulgurante, je dirais, pour juste notre apprentissage.

On a pris les cours avec toi qui étaient super, super utiles.

On s’est vraiment bien documentés.

Le plan, c’était toujours d’accoucher à l’hôpital avec la sage-femme. Le petit bébé Amelia est arrivé un petit peu plus tôt que prévu, donc ça a fait qu’on est arrivé à la maison de naissance, puis le travail était déjà assez avancé, donc on a pris une chambre, puis ça s’est fait comme ça à la maison de naissance.

Annie, ta Doula Ostéo

Wow! Et là, je suis curieuse, Estefania, quand tu as annoncé à ta famille, aux femmes de ta famille qui ont eu toutes des césariennes, que tu étais suivie par une sage-femme, que tu envisageais un accouchement naturel. Ça a été quoi la réaction des femmes de ta famille?

Estefania

Ben, eux, ils n’étaient pas comme, « Oh mon Dieu, c’est quoi ça? » mais parce que je pense que j’utilisais souvent la carte de:

« Ah, j’accouche avec une sage-femme, mais à l’hôpital. »

Donc, on dirait que ça rassurait vraiment beaucoup les gens de ma famille et d’ailleurs moi aussi parce que moi c’était comme le, comment je pourrais dire, le compromis, le plus grand compromis que je pouvais faire par rapport à ce que je connaissais et par rapport à toute l’information que j’avais recueillie.

J’ai été finalement à la session de découverte de la maison de naissance. Puis ça m’a vraiment allumée.

C’est beau un accouchement, wow, c’est puissant. C’est vrai que ça devrait faire partie de l’histoire de mon bébé, puis ça devrait pas être un hôpital, puis c’est pas une maladie, puis je suis pas malade, mon bébé non plus. Bref, tout le discours autour de ça, mais ça me touchait vraiment. Ma tête était comme… Ça peut pas être autrement qu’à l’hôpital, parce que j’avais tellement entendu des histoires d’horreur que j’étais… Comment je pourrais dire?

Annie, ta Doula Ostéo

Tu étais formatée.

Estefania

Oui, exactement.

Pierre-Olivier

Moi, je voyais que c’était des gens sensibles, rationnels. Ils voyaient que non plus c’était pas une place de vaudou. Eux, c’était plus les césariennes. C’est un peu par culture, je pense, pas par manque d’éducation.

Ils voyaient qu’on s’éduquait beaucoup. Pis on avait quand même un bon suivi médical à la maison de naissance, ils découvraient quelque chose de nouveau.

Estefania

Une chose que je tenais vraiment à dire, en fait, c’est que lorsque j’ai recueilli l’information, puis que j’ai appris, que je me suis informée.

Ce qui m’a vraiment le plus aidée, c’est me faire un plan qui me sécurisait, un plan à mon image à moi.

Donc oui, j’ai vraiment énormément écouté des podcasts, des récits de naissance, justement avec toi, Annie, les cours. Donc, j’ai vraiment tout recueilli ça, mais à la fin, ça a vraiment été important pour moi de dire, « OK, là, je sais ça, mais avec quoi je suis confortable? »

Puis, c’est pour ça, de là venait mon plan, « OK, je suis prête à accoucher avec une sage-femme, à me préparer à 100%.

J’ai vraiment l’intention d’offrir cette naissance-là à mon enfant, mais je dois me protéger moi aussi. Donc de là venait le plan avec l’hôpital. Avec ça, je me sentais confortable.

Il y a aussi quelque chose qui m’a beaucoup aidée, Annie, dans tes cours. C’était dans le cours de… Bref, où est-ce que tu parlais de péridurale.

Tu disais que tu étais pro-choix, pro-santé mentale. Ça m’avait tellement réjoint, dans le sens que tu nous avais donné un peu des paramètres où prendre l’épidural. Pas parce que c’est nécessaire, mais dans certains cas, où est-ce que c’est pertinent de le prendre? Ça m’avait tellement réjoint parce que je me suis dit, c’est vrai que dans certains cas, ça peut être nécessaire.

Honnêtement, dans mon plan de naissance, c’était vraiment comme tu l’avais dit, que si bébé est mal positionné, si j’ai une période de latence trop longue et que là, ça tombe dans la souffrance, j’ai pas envie de ça. 

Ça veut pas dire que ça va être ça, mais si on rentre dans ces critères-là, j’ai pas envie de tomber dans la souffrance. Donc, honnêtement, dès que j’ai pu faire un plan qui me rassurait moi, j’ai vraiment été capable de me laisser aller, puis ça a vraiment été important.

Pierre-Olivier 

ça qu’on a expliqué aussi à la sage-femme un petit peu, elles ont vu des centaines, voire des milliers d’accouchements.

Elles sont sûrement capables de voir ce qui est relativement normal comme souffrance pour un accouchement, puis quand il y a des petites complications, des trucs comme ça.

Estefania 

Comme tu dis Annie, quand ce n’est plus physiologique, c’est ça, moi c’est là-dedans, puis je l’avais vraiment dit à mes sages-femmes. Elles respectaient vraiment.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, et puis en fait, ce genre de démarche-là, ça ne te rapproche pas de la périphérie, ça t’en éloigne.

Parce que comme tu le dis si bien, le fait d’avoir réfléchi et de ne pas avoir toute cette pression de performance sur tes épaules, ça permet vraiment de déployer notre puissance mille.

Je suis certaine que tes sages-femmes ont vu ça elles aussi comme une démarche qui était très saine. Parce qu’effectivement, je rappelle qu’on a tout ce qu’on a besoin à l’intérieur de nous pour pouvoir jongler avec la douleur de l’accouchement, quand la douleur est physiologique.

Tu l’as bien nommé tantôt. C’est là où parfois la frontière devient difficile lorsqu’on la traverse.

Et là, vous arrivez, j’aimerais bien que vous nous racontiez l’expérience de l’accouchement. Vous avez fait un début de travail à la maison. Comment tout ça s’est mis en place?

Estefania 

Oui, bien en fait, c’était tellement rapide. On ne s’attendait pas à ça. D’ailleurs, je vais te conter le début, mais peut-être aussi que tu vas pouvoir nous expliquer ce qui s’est passé parce qu’on a été très surpris. 

J’avais eu un suivi à 37 semaines le jeudi. Ils m’ont dit que bébé n’était pas vraiment engagé, qu’il était en voie, mais qu’il n’était pas vraiment engagé.

Donc là, je suis dit: « Ah, mon Dieu, ça va être un petit bébé qui va se faire attendre, premier bébé. J’ai encore pour deux, trois semaines de congé, si on veut. » bref, c’est resté comme ça.

Puis le lundi, ma belle-soeur qui est ostéopathe m’a fait un traitement. Puis elle a dû arrêter tellement que bébé était agité. Elle a dit, il y a beaucoup de choses qui se passent dans ton ventre, je vais arrêter, on dirait que c’est pas une bonne journée. Donc, j’étais comme, OK, parfait, il y a pas de problème.

Je me sentais particulièrement fatiguée cette journée-là et j’ai même dit à Pierre-Olivier que je voulais dormir toute seule, que j’avais vraiment besoin d’une nuit de sommeil récupératrice.

Le lendemain, je faisais le ménage, je m’étais faite une to-do liste des choses qui manquaient pour l’accouchement, les choses qui manquaient pour la valise. Je me suis couchée et en me levant, j’ai fissuré mes membranes.

En tout cas, c’est ça que j’ai appris par la suite, mais sur le coup, je ne savais pas parce que ce n’était pas comme un gros splash, tu sais, un peu comme justement on voit dans les films.

Oui, j’ai mouillé mes pantalons, mais ce n’était pas intense. Donc là, je suis comme, ah! Est-ce que c’est le bouchon muqueux? Ce n’est pas collant, ce n’est pas blanc.

Pierre-Olivier 

Oui, j’étais au travail, il était à peu près midi.

On voyait pas de signes de souffrance. On s’était préparé pour un long travail, c’est comme un marathon.

Donc là, on s’est installés, je lui ai fait à manger, des smoothies, boire beaucoup d’eau. Ça faisait quelques jours, voire même des semaines qu’elle avait des fois des contractions, mais pas comme de façon soutenue. Même là, elle était super fonctionnelle. Même, on ne le voyait pas dans son visage, même les contractions, c’était assez léger. Nous autres, on se disait qu’on allait accoucher demain ou après-demain, si vraiment c’est ça.

Estefania 

La sage-femme m’a dit, viens nous voir à 4h à la maison de naissance. Je vais t’examiner. Je vais voir si c’était vraiment du liquide amniotique.

J’ai posé la question, est-ce que ça se peut que ce soit un début de travail? Elle m’a dit,  à ton suivi, ton bébé n’était pas engagé, donc je pense pas, mais on va quand même vérifier.

Ça s’est tellement passé vite du moment de 37 semaines à 38 semaines que bébé n’était pas engagé. Donc comment ça se peut?

Annie, ta Doula Ostéo

C’est sûr qu’avec une rupture de membrane, il faut voir que le liquide amniotique, même si on n’en perd pas beaucoup, c’est sûr que tu pourras nous le confirmer, mais au fur et à mesure que tu as eu des contractions, tu as dû en perdre de temps en temps un petit peu plus. Ça fait beaucoup descendre les bébés dans le bassin et dans le vagin. C’est probablement ça qui s’est passé. Dans ton cas, c’est ta rupture de membrane qui a accéléré le processus.

Probablement que si tes membranes étaient restées intactes encore pendant un petit moment, ta grossesse se serait poursuivie plus longtemps. Pour toi, ça a été ça l’élément déclencheur.

Estefania 

Je comprends. En tout cas, vraiment, ça a été très, très vite. Puis comme Pierre-Olivier l’a dit, c’était à midi.

On avait tout le temps dans notre tête ta voix qui disait « ça se peut que ça soit très long, c’est la période de latence, ça se peut que ça dure deux jours, trois jours. » 

Mais il me disait là « il ne faut pas se faire des attentes, tu le sais, ça ne sera pas ce soir. Entre le moment que j’ai appelé la sage-femme, donc midi et trois heures qu’on est parti à la maison de naissance, on a vécu un peu l’histoire différemment.

Moi dans la douche, j’ai quand même commencé à avoir des contractions. Je tiens à dire que ça a été super difficile de les calculer. Je ne savais pas quand ça commençait, quand ça arrêtait. Je pensais vraiment que j’allais sentir un début, une fin. On n’a jamais été capable de les calculer.

Lui aussi faisait la valise, donc c’est moi qui le faisais un peu parce que lui était comme bon, un peu de la préparation. Mais j’ai jamais été capable de les calculer, je sais pas pourquoi, mais on dirait que ça a comme parti un coup, puis j’avais l’impression que ça faisait pas mal tout le temps mal.

Oui, il y avait des périodes d’arrêt, mais c’était des longues contractions. Puis, rendu à deux heures et demie, ça a quand même commencé à être intense, puis c’est là que j’ai commencé tout de suite avec le ballon, la musique, le sac magique. J’ai essayé de manger, mais ça n’a pas du tout fonctionné. Puis à 3 heures dans l’auto, ça a réellement commencé. 

Pierre-Olivier 

J’ai vu vraiment son visage changer. J’avais pris une petite photo dans l’auto, en regardant, la petite photo que j’ai prise, je vois que son visage a complètement changé à ce moment-là.

Là, on savait que c’était un petit peu sérieux. L’auto, c’était super inconfortable, elle détestait les petits bus. 

On est arrivés à la maison de naissance vers 4 heures. Donc la sage-femme dit « bon, ok, je vais t’examiner ».

Donc juste avant de faire examiner, Estefania est allé à la salle de bain, elle a fait un vomi, un jet agressif, pas un petit vomi, mais vraiment un vomi soutenu.

Quand on a expris ça à la sage-femme, ça est venu tout de suite les yeux quand même pas gros, mais elle disait souvent que c’est signe que ça travaille assez fort.

Estefania 

Elle ne l’a pas dit sur le coup. En fait, moi, j’ai vraiment vu un changement dans l’auto. Oh mon Dieu, c’est vrai. Là, je n’ai plus de répit pour vrai, pour vrai.

Je ne m’imaginais pas retourner à la maison. J’ai vraiment dit sincèrement, si je suis pas dilatée, je veux aller à l’hôpital puis prendre la péridurale parce que là, c’est vrai que ça fait mal.

Si c’est ça, je peux pas retourner à la maison. Quand ils ont fait l’examen, la sage-femme me regarde et elle part à rire. J’ai dit: “oh mon Dieu, je ne suis pas dilatée du tout, dis-moi que je suis pas dilatée, je suis à 0, je suis à 1, dis-moi?” J’ai vraiment imaginé le pire.

Elle m’a dit, Estefania, je touche la tête, tu es à 7 centimètres.

Pierre-Olivier 

Il y a eu quand même un long moment de silence, elle a fait un petit rire, puis un quand même long moment de silence. Puis elle a dit, des fois, on annonce ça aux femmes, puis elles commencent à paniquer parce qu’elles ne se sentent pas prêtes.

Estefania 

Mais en fait, moi, ça a fait tout le contraire. Moi, c’était comme, OK, ma douleur était vraie, je suis proche. Puis c’est drôle parce que dans mon plan de naissance, je ne voulais pas prendre la péridurale avant 7 centimètres, puis j’avais dit 7, c’est sûrement la transition. Donc si je suis dilatée à 7, il n’est pas question que je prenne la péridurale. Là, on est parti, c’est sûr que c’est un accouchement naturel. Quand elle m’a dit mon fameux 7, j’étais comme « ok, ça se passe, je suis capable, ma douleur était vraie, je suis capable ». Dans mes rêves, ça ne pouvait jamais être un 7, je m’attendais jamais à ça. Jamais, jamais.

Annie, ta Doula Ostéo 

Ça a dû travailler vraiment fort dans l’auto. Quand tu dis que t’avais même l’impression que des moments, que les contractions embarquaient les unes sur les autres, Ça travaillait vraiment fort.

Pierre-Olivier 

Elle était bonne, elle ne hurlait pas, elle n’était pas en panique. C’est pour ça qu’on pensait qu’elle n’était pas tant dilatée, parce que nous, on voyait du monde crier et souffrir des contractions. Elle, oui, je voyais qu’elle souffrait beaucoup, mais elle m’a impressionné dans la gestion de la douleur.

Estefania 

C’était plus que j’avais le sentiment que j’avais le contrôle, que j’avais pas perdu le contrôle à ce moment-là. Puis même que j’étais capable de dire, « OK, bien je suis capable, ça se passe super bien, oui j’ai mal, mais ça se passe bien, je suis capable de gérer la douleur avec ça.

Puis là après ça, ils ont fait comme, est-ce que tu veux aller à l’hôpital? J’ai dit non, on est parti, là, on est à 7, on est parti.

Donc, ils nous ont fait une chambre. J’ai commencé tout de suite les suspensions, 4 pattes, le ballon. Ça se passait vraiment très, très vite. 

Là, j’ai vraiment, de 4h40 à 6h, j’ai pas eu un moment d’arrêt. C’était intense, intense, intense.

Puis oui, à ce moment-là, pas que je perdais le contrôle. Il faut que je continue, il ne faut pas que j’arrête, il faut que je continue. »

Je tenais à dire un peu que pendant la grossesse je préférais les massages. J’avais dit à Pierre-Olivier que dans l’accouchement, je voulais que qu’il fasse des massages. On avait ciblé les choses que j’allais préférer.

Finalement, ça n’a pas du tout été ça. Ce n’était pas les massages que j’aimais. Ça a été les points de pression sur l’orteil. Surtout sur l’orteil. 

Même si on dit qu’on ne va pas aimer ça, ça se peut qu’on aime ça. Puis lui a été super bon, justement, j’avais ma petite routine.

Pierre-Olivier 

Les points de pression, les compresses, mais le reste du temps, elle était vraiment dans sa bulle, elle bougeait super bien, c’est comme un animal. Elle n’a jamais arrêté de bouger, je trouvais ça impressionnant.

On dirait que tout de suite, elle savait un peu quoi faire. Elle n’a jamais arrêté de bouger, même quand elle était en travail, on était vraiment dans sa bulle, elle arrêtait de nous parler même, puis elle faisait juste bouger, se suspendre, elle savait tout bien. Elle m’a vraiment impressionné dans ce sens-là, instinctivement, elle savait toujours quoi faire.

Elle ne voulait pas qu’on lui parle et tout, mais elle était comme juste dans sa zone.

Des fois, j’essayais, je m’approchais, je voulais faire des massages, elle ne voulait rien savoir, c’était juste comme les points de pression pendant les contractions et les compresses froides.

Je courais comme une poule pas de tête, ça se faisait tellement vite. Les valises étaient dans l’auto, il fallait que j’aille chercher des trucs dans l’auto.

Vers 5h30, 6h. Estefania a fermé les yeux, les sages-femmes avaient l’air à me dire que c’était normal. Avant, la poussée active, les sages-femmes ont fermé les lumières et se sont retirées.

Elle s’est fermée les yeux à peu près une minute ou deux, elle est revenue les yeux grands ouverts, puis elle m’a pris par le bras fort:
“Elles sont où?, ça pousse, ça pousse, ça sort.”

Même pas une minute après, j’ai dû retourner voir les sages-femmes: “Pardon mesdames, je ne suis pas un expert, mais je pense que ça pousse”.

Estefania 

C’est fou, on se prépare tellement. J’avais en tête les positions. C’était tellement instinctif. Toutes les positions que j’ai prises, c’était vers l’avant.

Comment je bougeais, c’était instinctif.

Quand justement j’ai eu envie de pousser, je me suis levée tout de suite, je me suis mis à quatre pattes, puis j’ai juste poussé. Ça a été super instinctif.

Je ne me suis pas posé de questions. J’avais imprimé tous les PDF que tu nous as préparés, Annie. J’ai fait un livre avec toutes les positions pour que lui sache quoi me proposer et tout ça.

Mais c’est super instinctif.

Si c’est son premier accouchement, je trouve que c’est rassurant de se dire « Tu ne vas pas te poser des questions, là, tu vas être dans le moment, tu as juste à te faire confiance.

Annie, ta Doula Ostéo 

Tout à fait, tu as tout à fait raison. Je pense sincèrement que toute la préparation que vous avez faite avant, le moment que tu as fait le livre, que tu as fait imprimer tes choses, que tu as préparé tes choses, ça, c’est de la grosse préparation.

Intérieurement, ça te fait faire un chemin de préparation de fou. Souvent, après, tu arrives dans l’expérience et tu n’as plus besoin de ces connaissances-là parce qu’elles sont vraiment bien intégrées.

Je pense que c’est ça. Vous autres, vous avez maximisé votre préparation, vous avez fait vos recherches, vous avez fait vos choix. Et là, vous êtes tellement prêts qu’après, l’instinct est un peu embarqué.

Annie, ta Doula Ostéo 

C’est sûr qu’à la maison, vous ne voyez pas, mais Estefania est vraiment petit format. Puis Pierre-Olivier est très large d’épaule.

Est-ce qu’il y a eu un moment donné où ça te fait peur, le fait de dire «j’ai choisi un chum qui est vraiment costaud, puis moi je suis vraiment toute petite», est-ce que t’as eu peur de ce mélange-là en lien avec l’accouchement?

Estefania 

Non, non. Je savais que mon corps, justement, allait accoucher, du bébé que j’allais être capable d’accoucher. Je m’en suis toujours dit ça, puis ça m’a pas fait peur.

Annie, ta Doula Ostéo 

C’est tellement vrai, parce que souvent on mélange la “shape extérieure” et l’ouverture du bassin qui est à l’intérieur. Tu peux être une personne qui est très petite, très mince, puis effectivement avoir tout ce qu’il faut pour donner naissance, puis c’est ça la majorité d’entre nous d’ailleurs, de toute façon. Absolument. Et là, si on fait un petit saut en arrière, moi j’ai envie d’entendre parler de la poussée réflexe.

Estefania 

On m’a dit, OK, bien, la poussée. On dirait que la poussée, c’est l’étape 2 de mon accouchement.

Honnêtement, le début de la poussée, ça a été un peu ma période de transition. Je ne sais pas si on peut l’appeler comme ça, mais c’est là que j’ai un peu perdu le contrôle.

C’était une sensation complètement différente. Ce n’était plus des contractions. C’était une grosse pression

Heureusement, ce n’était pas une pression hors la norme. Ce n’était pas comme dans mon dos ou quoi que ce soit. Mais c’était une grosse pression dans le bassin.

Je trouvais que c’était plus difficile à contrôler, comme douleur. On dirait que rien n’a aidé à ça, à part essayer de pousser un peu. Mais le réflexe de la poussée a commencé très vite pour moi. Je ne sentais pas que bébé était vraiment engagé, mais j’avais envie de pousser quand même, même si je savais que ça n’allait pas se passer sur le coup.

On a essayé plusieurs positions. J’ai commencé à quatre pattes. Je me sentais vraiment comme forte à quatre pattes. On dirait que j’avais la force de pousser de cette façon-là. Mais ça a été très long, là. Ça a été une heure et demie de pousser quand même.

Donc on a essayé plusieurs choses. Mon périnée était très serré. Les sages-femmes ont travaillé vraiment très très fort. Je pense qu’elles ont pris deux bouteilles d’huile.

C’est grâce à elles que ça a bien été de ce côté-là. Mais tu me parlais de la poussée réflexe. En fait, c’est ça, ça a commencé très vite. Je poussais parce que j’en avais envie et parce que les contractions me guidaient vers la poussée. Elles ne m’ont jamais dit “il faut que tu pousses” Je sentais qu’il fallait que je pousse, il y avait une contraction, je poussais. Cela a été le moment où j’ai le plus eu peur. Et j’arrêtais pas de dire: “je ne sais pas comment pousser, je ne sais pas comment pousser, mais comment je fais? Je suis plus capable, je suis plus capable.”

Et tout le monde répondait en criant: “oui, tu es capable!”

Annie, ta Doula Ostéo 

Tantôt tu disais «j’avais peur de devenir mou » ou même peut-être de perdre connaissance.

Est-ce qu’il y a des moments donnés, par exemple, quand Amelia commençait à apparaître à la vulve, ou quand tu as vu du sang. Est-ce qu’il y a des moments donnés où tu t’es senti fragile?

Pierre-Olivier 

Non, moi je voulais regarder. Elle pensait qu’elle était moins confortable et tout. Moi je tenais ses jambes, j’étais littéralement à la face dedans. Elle ne s’attendait pas à ça, elle avait un peu de crainte comme « je ne veux pas que tu me vois comme ça » et tout. Elle pensait que j’allais être plus retirée et tout, que j’allais être moins impliquée, que ça allait être les sages-femmes et tout, mais moi j’étais là.

Je me suis surpris à être relativement calme. C’est rassurant quand je sentais les sages-femmes qui étaient super rassurées, calmes, puis qui disaient que tout va bien. Donc ça, ça me rassurait beaucoup.

Je me disais, par leur expérience, s’il y a rien de problématique, j’ai pas de raison de m’inquiéter, ça fait partie du processus.

Puis c’est sûr que là, on a été chanceux, on a eu quand même un accouchement relativement facile par rapport à tout ce qu’on peut entendre.

Annie, ta Doula Ostéo 

Il y a beaucoup d’hommes qui ont peur de voir la vulve avec la tête à l’intérieur de la vulve, puis qui ont peur que ça change leur regard sur leur amoureuse, qui ont peur que ça impacte la sexualité plus tard. Toi, est-ce que t’as l’impression qu’il y a une partie de toi qui a été un peu choquée, même si t’as aimé ça, être dans cette expérience-là, ou tu penses que ça a été très, très bien intégré à l’intérieur de toi, les images que t’as vues?

Pierre-Olivier 

Non, je pense que c’était plus du côté d’Estefania qu’il y avait cette crainte-là de ne pas me voir comme ça, puis après ça, tu ne me verras plus jamais de la même façon, puis je ne serai plus jamais attirante pour toi si tu me vois de cette façon-là.

Au contraire, moi, pas du tout. Je comprends bien le rôle du corps humain. Mais non, moi j’ai jamais douté. Ça change pas comment je la vois, niveau de la sexualité et tout. Son rôle de son corps, c’était pas d’être actif sexuellement, c’était de donner une essence, puis là, on revient au normal, donc j’ai pas eu de problème, c’était plus de son côté, je dirais.

Estefania 

Bien, c’est ça, c’était drôle parce que durant la poussée, je suis occupée à pousser puis à dire je veux pas que tu regardes, Je veux pas que tu regardes, c’est comme les deux seules choses que j’étais capable de faire.

C’était très drôle. Mais honnêtement, après ça, en regardant, parce qu’on a eu des vidéos et des photos et tout ça, moi aussi, on dirait que j’ai été capable de voir. C’est beau, c’est ton corps qui travaille, il n’y a rien de plus beau que ça. En tout cas, il n’y a pas une autre façon que je peux le voir ou que je pense que lui, il a vu de la même façon. Cela ne nous a pas dégouté du tout. Ce n’est même pas effrayant au niveau du sang.

Estefania 

Moi aussi, j’étais un peu inquiète à me dire… J’ai jamais aimé ça, les examens du col ou des trucs comme ça, puis j’étais un peu inquiète à me dire, oh mon Dieu, je vais être tout nu avec plein de monde, avec mon chum.

Ça ne doit pas être confortable comme situation. Je me suis posé la question, mais pas du tout.

On est tellement dans notre bulle, dans notre cerveau mammifère qu’on ne se pose pas la question non plus.

Puis on n’a pas conscience non plus tant que ça de ce qui se passe autour de nous.

C’est vrai qu’il n’y a pas eu de complications, en fait. Mais en parlant par la suite avec d’autres mamans, je me suis rendue compte qu’on a tous nos défis à un moment différent de l’accouchement et que c’est une histoire totalement différente.

Il y a des moments où c’est plus facile, il y a d’autres où c’est plus difficile. Moi, vraiment, ça a été la poussée.

Moi sincèrement, je pense qu’une heure et demie, c’est quand même intense. C’est ça, je venais un peu à bout physiquement et mentalement aussi. On dirait que je ne savais plus quoi faire.

Mais après ça, les sages-femmes, elles m’ont dit « chaque poussée a été efficace, chaque poussée t’a amené à donner naissance à ton bébé. 

Par contre, je pense que par la rapidité du travail, ça a fait aussi en sorte que la poussée soit plus difficile parce que mon corps a été moins préparé à ça.

Annie, ta Doula Ostéo 

Absolument. Et n’oublions pas que les accouchements rapides ne sont pas les accouchements les plus faciles de l’intérieur.

C’est sûr que les gens autour de nous ont tendance à dire « Mon Dieu, tu es chanceuse, tu as accouché rapidement », mais à l’intérieur, il y a du chemin.

C’est le même chemin qui doit se faire, mais en intensité vraiment exponentielle.

Tu as tout à fait raison. C’est drôle parce que les femmes vont souvent demander ce qui est plus facile, ce sont les contractions, se laisser aller ou la poussée.

On est toutes différentes là-dessus. Je suis comme toi, pour moi, c’est la poussée qui a été plus difficile. Il y a une partie d’avoir la vulve qui est complètement étendue avec la tête du bébé, je trouve que c’est quand même quelque chose qui est très vulnérable. Je ne sais pas toi comment tu l’as vécu?

Estefania 

Oui, oui, vraiment. Surtout que c’est ça comme mon copain me disait, ça rentrait, ça sortait, ça rentrait, ça sortait. Disons que c’était pas super confortable comme un moment.

Pierre-Olivier 

Comme ça a pris du temps que la tête sorte au complet, là. Des fois, ils voyaient, ça sortait, ça sortait, oui, puis ça reculait.

Estefania

Mais en même temps, c’est ça qui me donnait la force de pousser encore parce que je voulais que mon bébé naisse le plus rapidement possible.

J’ai déjà entendu des femmes dire, mon Dieu, je voulais mourir, c’est inhumain. Je l’ai pas vécu comme ça. Oui, c’était inconfortable, mais à aucun moment je me suis dit je veux mourir, puis c’est insupportable. T’es dans ta bulle, puis tu travailles.

Pierre-Olivier 

Elle a commencé à crier, sort Amélia, sort! Elle a crié ça quelques fois, puis là elle est sortie, elle était sérieuse.

Annie, ta Doula Ostéo 

C’est bien parce que de crier, Ça fait contracter les abdominaux, la couche profonde, le transverse, que c’est très bien, cela t’a aidé à faire naître ta fille.

Tu étais dans quelle position quand finalement la tête est sortie?

Estefania 

Finalement, c’était sur le dos. J’ai essayé à quatre pattes sur le côté, mais finalement, ils m’ont dit: “essaie sur le dos ». 

On pense que c’est comme moins bon, surtout parce que j’avais l’impression d’être moins forte parce qu’il fallait que je tienne mes jambes, mais j’étais tellement rendue fatiguée que je n’étais pas capable de tenir mes jambes.

Pierre-Olivier 

C’était nous qui tenions ses jambes. 

Annie, ta Doula Ostéo 

Quand votre fille est née, on l’a déposée sur ton ventre ou c’est toi, Pierre-Olivier qui l’a accueillie? Comment ça s’est organisé?

Pierre-Olivier 

Non, non, ils l’ont pris et ils lui ont donné. Par contre, il y avait un petit tour de cordon. Non, on l’a pris tout de suite dans la minute d’après. Elle nous a dit que c’était pas fini, il reste le placenta.

Annie, ta Doula Ostéo 

Et la sortie du placenta, Estefania, comment t’as senti ça? Parce que moi, je trouve que c’est très bizarre à dire. Moi ça m’a fait du bien. C’est chaud, c’est mou. Comment tu l’as senti?

Estefania 

Moi, oui je le savais qu’il fallait qu’on sorte le placenta, mais on dirait que je ne m’attendais pas à ce qu’il fallait que je pousse.

Puis là, on me dit “félicitations pour ta fille”. Là, il va falloir pousser le placenta, mais moi, ça faisait une heure et demie que je poussais. 

Mais finalement, on s’entend que c’est vraiment moins grand que bébé. 

Le placenta, on dirait que je ne l’ai pas tant senti, mais c’était comme finalement, c’est vrai que tout est fini, donc je pouvais enfin me reposer. 

Par la suite, les sages-femmes m’ont donné un bain, elles m’ont accompagné aux toilettes.

Tout de suite après l’accouchement, je me suis dit: je n’aurais pas pu accoucher nulle part ailleurs”. Je ne vois pas comment on peut accoucher ailleurs qu’à la maison de naissance avec des sages-femmes.

Annie, ta Doula Ostéo 

C’est sûr que les sages-femmes offrent un service exceptionnel. Quelle belle expérience! Intense, mais quelle belle expérience.

Ça a été quoi vos points forts dans votre préparation?

Qu’est-ce qui vous a aidé particulièrement? Il y a des parents qui sont en train de vous écouter et qui se disent « Ah, cette expérience-là est pas pire, on aimerait se rapprocher de ça. »

Pierre-Olivier 

Des fois, c’est pas toujours accessible, mais nous, je pense qu’on a été quand même chanceux d’avoir un mentor qui venait juste de passer par le processus.

Juste d’avoir ça, quelqu’un que tu peux texter, qui répond à tes questions. Toi aussi, je pense que tu es vraiment disponible s’il y a des questions.

Parce qu’on veut souvent normaliser, avoir le sentiment, est-ce que ça c’est normal? Est-ce que toi, ça t’a fait ça? Je pense que ça rassure.

Estefania 

Comme je disais tantôt, c’est vraiment de se respecter puis faire un plan qui nous rend en sécurité. C’est se sentir en sécurité, je pense que c’est le plus important.

Moi, dans ce sentiment de sécurité, c’était justement l’information, je voulais savoir, la préparation pour moi a été un outil pour me sentir justement en sécurité.

Puis honnêtement, écouter des podcasts, j’en ai tellement écouté. À chaque fois que j’étais en auto, j’écoutais des récits de naissance.

Puis pas être gêné à investir. Honnêtement, avec tes cours Annie, au début, j’étais comme, « Ah, maman, on a déjà une préparation à la maison de naissance et je fais déjà quelque chose de bon à la maison de naissance”

Puis après ça, je me suis dit, si je peux me donner encore plus d’outils, pourquoi ne pas le faire?

Je veux dire, j’ai investi dans la naissance de mon enfant, je n’ai pas besoin d’une chaise à 400 dollars, j’ai besoin d’être préparée et de me sentir à l’aise cette journée-là.

Si tu as quelque chose à investir, c’est de te sentir en sécurité. Puis, mon Dieu, ça m’a tellement aidée. J’ai écouté les vidéos deux fois au début de ma grossesse.

Annie, ta Doula Ostéo 

Estefania, en début de rencontre, tu nous disais que parmi tes motivations, il y avait le fait que tu voulais offrir à ta fille la plus belle naissance possible.

Comment tu sens aujourd’hui, à l’idée de lui avoir offert ça et en plus d’avoir cassé dans ta famille un rythme de césarienne.  Écoute, ça me rend émotive de t’en parler, de te poser la question. C’est quelque chose de grandiose que tu as fait là, parce que tu as fait un virage au niveau de ta famille où il n’y avait que des césariennes et tu as donné naissance à une fille. C’est quelque chose là, je ne sais pas si vous aviez réalisé ça.

Estefania

Honnêtement, ça me rend émotive aussi. Je ne pensais pas en être capable. Je me suis surprise tellement, tellement et aujourd’hui j’ai l’impression que ça m’a changé comme personne. Je me je me fais tellement confiance maintenant.

Ça m’a donné un beau sentiment de compétence, de confiance envers moi-même, que je suis capable d’accomplir quelque chose, c’est tellement bien parce que sincèrement, ça me rend extrêmement fière de moi-même, de me dire que je suis capable d’arriver au bout que je veux. 

Puis on dirait que je me perds dans les pensées tellement que sincèrement, je n’aurais pas pu imaginer une plus belle naissance, un plus beau moment.

C’est de loin le plus beau moment de ma vie. 

J’ai travaillé pour un but, on a été capable de l’accomplir et ça a été la plus belle expérience du monde.

Je vivrais ça n’importe quand.

C’est magique.

De savoir que je suis capable, ça m’a aussi donné tellement de confiance pour la suite en tant que maman, de me dire j’ai été capable de donner une instance comme ça à ma fille.

Et pour le reste, je vais m’écouter, je vais me faire confiance parce que je suis capable. Je pensais que j’allais être super comme craintive, que j’allais comme pas me faire confiance. Pas du tout. Mon rôle de maman, je me fais 100 % confiance. Je me sens compétente puis ça m’a aidée pour vraiment beaucoup pour la suite.

Annie, ta Doula Ostéo 

Pierre-Olivier, tu as vu ta blonde, ta femme, ta conjointe, ton amoureuse, dans un état dans lequel tu ne l’avais probablement jamais vu avant? Tu as vu traverser une expérience de fou. Est-ce que ton regard sur elle a changé?

Pierre-Olivier 

D’habitude, je la connaissais, comme elle dit, un petit peu plus craintive, puis plus anxieuse, puis tendance à se poser plus les questions, puis tout.

Son instinct de maman est vraiment fort. Donc oui, Je suis vraiment non seulement impressionné par l’accouchement, par sa force. C’est rassurant de voir son instinct de maman. Je me dis que de toute ma vie, je ne serai jamais inquiet si elle est avec sa mère, quoi que ce soit. Pas que je doutais au début, mais Ça fait juste renforcer le sentiment de confiance, de voir cet instinct maternel à l’œuvre.

Annie, ta Doula Ostéo 

C’est magnifique. En terminant, est-ce que vous aimeriez ajouter quelque chose pour le mot de la fin?

Estefania 

Je pense que souvent, les femmes, on est habituées à se faire dire “Mon Dieu, tu vas voir, c’est intense”.

On nous fait peur quand même avec les discours qu’on entend. Puis avec l’accouchement que j’ai eu, j’ai envie de dire “Ça peut mieux se passer que tu le penses.”

Ça peut être vraiment moins pire que tu le penses pis tu peux vraiment être surprise de de de de pas avoir du fun mais à ce que ça c’est tellement une expérience positive c’est il y a rien de négatif là-dedans il y a juste du positif c’est il y a la journée avant l’accouchement, puis il y a la journée après l’accouchement, et notre vie a changé, et je changé, et tout a changé, c’est juste magnifique, et je ne peux pas être plus heureuse avec ma fille, avec l’histoire, je regarde les photos, les vidéos, puis je suis une neuf âgées et je suis tellement heureuse que ça a été positif.

C’est… Wow! Si on a quelque chose à faire, c’est rendre cette journée-là positive et on a réussi, donc c’est génial. Je suis tellement, tellement reconnaissante et heureuse de ça.

Annie, ta Doula Ostéo 

Merci beaucoup à vous trois. Merci beaucoup à Amelia qu’on a entendue dans le courant de la rencontre. Vous avez peut-être entendu ses petites déglutitions de lait. Elle est magnifique. Vous ne pouvez pas la voir, mais croyez-moi sur parole. Je vous embrasse très fort tous les trois et je vous souhaite beaucoup de bonheur dans votre nouvelle vie qui commence tout juste.

Estefania 

Merci Annie, merci pour ta disponibilité, tes conseils précieux.

Pierre-Olivier 

Merci beaucoup. Merci, au revoir.

Annie, ta Doula Ostéo

Quelle belle inspiration. Peut-être que toi aussi, tu as des histoires de naissance dans ta famille qui sont moins positives, des histoires de naissance desquelles tu aimerais t’éloigner.

Donc tout est possible. Te préparer, faire une bonne équipe, il y a plusieurs astuces, plusieurs stratégies que vous pouvez mettre en place pour te rapprocher le plus possible de l’expérience que tu as envie de vivre.

Si tu aimes me retrouver à chaque semaine pour le podcast «Enfanter librement sans se faire accoucher», je t’invite à aller sur Appel Podcast pour mettre un beau 5 étoiles.

Je te rappelle que l’accès à ma préparation virtuelle à la naissance, “les 11 clés pour une naissance facilitée”, est encore offert en mode gratuit présentement.

Tu y peux avoir accès facilement, il te suffit d’aller dans la description de l’épisode pour cliquer sur le lien.

Dans quelques jours commencera une nouvelle série de rencontres prénatales de groupe. Si tu as envie que je t’accompagne pour la préparation de la naissance de ton bébé, si tu as envie d’entrer dans l’expérience OPALEO, je te propose d’aller dans la description de l’épisode et de cliquer sur le lien.

La semaine prochaine, je te propose une rencontre avec Alexia qui a fait le choix réfléchi et assumé de devenir une maman solo. Elle nous partagera son vécu en lien avec sa réalité, incluant ses expériences d’enfantement qu’elle a adorées.

Je te souhaite une magnifique journée et je te retrouve la semaine prochaine pour le prochain épisode.