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maman solo

La majorité du temps, les femmes décident de devenir mamans solos par dépit. Leur idéal serait de fonder une famille en couple, mais le temps passe et l’horloge biologique finit par sonner.

Alexia est mère de trois jeunes enfants. Maman solo par choix, elle nous partage son histoire unique et inspirante.

LES ASTUCES QUE ALEXIA A UTILISÉES POUR JONGLER AVEC LA DOULEUR

  • Ballon
  • Mouvements du bassin
  • Tire-lait
  • Parler à bébé
  • Positions et stations
  • Trouver son pourquoi

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Les sujets abordés dans cet épisode

  • Accouchement à domicile
  • Accouchement rapide
  • Accouchement sans péridurale
  • Accouchement avec des sages-femmes
  • Donneur de sperme
  • Gestion de la douleur
  • Fertilité
  • Insémination
  • Instinct
  • Lâcher-prise
  • Maman solo
  • Naissance physiologique
  • Ovulation
  • Sages-femmes
  • Test génétique

Interventions dont il est question dans cet épisode

  • Aucune 100% physio
Transcription de l'épisode

Annie, ta Doula Ostéo

La majorité du temps, les femmes deviennent maman solo par dépit. Leur idéal serait de fonder une famille en couple, mais le temps passe et l’horloge biologique finit par sonner. Alexia est maman de trois jeunes enfants. Moms solo par choix, Alex nous partage son histoire.

Annie, ta Doula Ostéo

Tu as une vie qui sort du cadre, tu as choisi un style de vie différent de la majorité des gens?

Alexia

Mais je pense que oui. Puis ça a toujours été, je pense que depuis que je suis jeune, je me dis que ma vie va être différente. Pas nécessairement pour les raisons qu’elle l’a été, mais je savais que je ne rentrerais pas dans le cadre pour bien des raisons depuis toujours.

Annie, ta Doula Ostéo

Ok, même si ce n’était pas clair, que c’était aussi en lien avec la maternité?

Alexia

Oui, oui, exact. Tu sais, ce n’était pas évident que j’allais avoir les opportunités que j’ai eues ici.

Je viens de France, en France la législation n’est pas la même. En tout cas, vous comprendrez pourquoi après. Mais je n’aurais pas pu faire tout ça si j’étais restée en France.

Annie, ta Doula Ostéo

Alexia, tu as eu trois enfants, tu es maman solo, il y a le papa de ton premier bébé qui est encore présent, mais les deux autres bébés, tu les as vraiment eus par choix, en mode solo?

Alexia

Ma plus grande aura bientôt 8 ans, je l’ai eue avec mon conjoint à l’époque. Et après ça, j’ai toujours su que je voudrais avoir 3 enfants. Fouillez-moi pourquoi, ça a toujours été 3.
Et quand je me suis aperçue qu’en fait je pouvais les avoir complètement seule, on dirait qu’il y a comme une porte immense qui s’est ouverte, je me suis dit que j’allais pouvoir aller au bout de ce dont j’avais envie sans dépendre de quelqu’un d’autre.
Quatre ans après la naissance de ma plus grande, je suis allée me faire inséminer. J’ai choisi un donneur. C’est un processus vraiment intéressant et particulier.

Annie, ta Doula Ostéo

As-tu envie de nous en parler? Je suis curieuse.

Alexia

En fait, il y a plusieurs possibilités au Québec. Soit on peut aller au privé ou au public. Moi, j’avais choisi d’aller au public, dans un centre de fertilité.
Il y a des rencontres avec le médecin, il y a des prises de sang à faire, etc. Après ça vient le choix du donneur. C’est la partie la plus particulière du processus.
Il y a des sites sur internet, ce sont principalement des donneurs aux États-Unis. Je pense qu’au Québec, il y a juste des banques de donneurs anonymes, si je ne me trompe pas.
Mais sinon, si on veut choisir un peu plus de critères, ça peut aller du choix de la couleur des yeux, des choses vraiment précises. Donc il faut avoir des critères quand même assez ouverts si on veut pas tomber non plus dans l’élitisme. 
Je me souviens que pour le premier enfant que j’ai eu en solo, donc mon deuxième enfant en fait, c’était excitant. C’était une fête d’aller choisir un donneur, c’était vraiment un feeling particulier. J’ai adoré ça.
Et puis après ça, une fois qu’on a sélectionné le donneur, on attend le bon moment du cycle, on se fait inséminer et on se croise les doigts que tout aille bien.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, je m’imagine devant le site, est-ce qu’il y a des photos ou est-ce que c’est juste des informations qui sont sous forme de texte?

Alexia

En fait, ça dépend des donneurs. Il y a des donneurs où il y a beaucoup d’informations, il y a des donneurs où il y en a beaucoup moins.
Puis là, je parle à l’époque, donc il y a 4 ans. C’est différent maintenant, il y a beaucoup, beaucoup moins de donneurs à cause de la pandémie parce que ça s’est arrêté pendant un petit moment.
Pour les miens, j’ai des photos de quand ils étaient enfants. Je n’ai pas de photos d’eux adultes.

Annie, ta Doula Ostéo

Les autres informations, j’imagine que tu as leur degré de scolarité, ce genre d’informations-là?

Alexia

Oui et aussi beaucoup tout ce qui est maladie, en fait, de la famille. En fait, je pense qu’il y a les grands-parents, les oncles, les tantes. Il y a quand même beaucoup d’informations au niveau d’éventuelles pathologies familiales.
Et puis, il y a aussi des choses plus improbables. Pour les deux, j’ai une lettre manuscrite du donneur qui explique les raisons pour lesquelles il a choisi de donner et qui nous souhaite bonne chance. 
Puis j’ai aussi, je pense que c’est pour mon deuxième, une entrevue audio. Donc on entend la voix, les questions qui sont posées: “pourquoi vous avez voulu donner? Qu’est-ce que vous faites dans la vie? Familialement, où en êtes-vous?

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que c’est par choix que tu as choisi deux donneurs différents pour tes deux enfants ou ce n’était pas possible de revenir au premier?

Alexia

En fait, il y a quatre ans, il y avait une vingtaine de tests génétiques qui étaient effectués sur les donneurs. Et quand j’ai choisi le donneur de mon deuxième était porteur de rien, en théorie. Et quand j’ai voulu me faire inséminer pour mon troisième enfant, là, les tests avaient évolué. Ils avaient beaucoup augmenté le nombre de dépistages au niveau des gènes et je me suis aperçue qu’en fait, le donneur de mon deuxième était porteur de deux gènes qui pouvait être problématiques.

C’est ce qui m’a amenée à choisir un autre donneur.

À l’âge adulte, les enfants peuvent demander qui sont leurs donneurs. Et j’ai une amie qui m’a fait la réflexion à savoir que, peut-être que quand mon deuxième va être rendu à faire cette démarche-là, peut-être que mon troisième ne sera pas rendu à vouloir connaître son donneur.
Je ne sais pas si ça se passera comme ça. Voyons le bon côté des choses, du fait d’avoir trois enfants de donneurs.
Comme je disais, la première, ce n’est pas un donneur, mais ils ont tous un géniteur différent. Puis je trouve que c’est aussi finalement égalitaire entre les trois.

Annie, ta Doula Ostéo

Le processus de fertilité, d’insémination, c’est un processus qui est assez violent? Intrusif? 

C’est difficile parfois de mettre nos limites. C’est difficile de vivre cette aventure-là en se sentant bien, puis en se sentant respecté.
Comment toi t’as vécu ça? Est-ce qu’il y a des outils que tu as utilisé comme maman solo, pour vivre ça de façon la plus harmonieuse possible?

Alexia

Ce qu’il faut savoir c’est que dans le milieu médical, ça marche beaucoup par protocole. Spontanément, ce qui est proposé, c’est le protocole.

Et ce qui m’a poussée à refuser certaines choses, c’était probablement le fait d’avoir eu un premier enfant naturellement, parce que je savais plus ce que je voulais et ce que je ne voulais pas.
Et pour moi, c’était important de mettre mon poing sur la table pour des choses que je ne souhaitais pas, notamment la médication. 
Moi j’avais eu un enfant facilement, ma première.

Pour moi, il n’était pas question que je commence un cycle en ayant de la médication, si on pouvait faire sans.
Je me souviens que j’avais parlé avec le médecin et j’avais dit, «Regardez, on va faire trois cycles sans médication, sans déclenchement. »

Parce qu’en fait, le plus commun, c’est le déclenchement de l’ovulation. Parce que ce qu’ils veulent, en fait, c’est contrôler. 
Je peux pas dire contrôler notre corps, mais ils veulent le plus possible s’assurer que ça va fonctionner. Eux, dans leur mot, c’est vraiment s’assurer qu’on met toutes les chances de notre côté.

Sauf que je pense que notre corps est bien fait. La meilleure façon de savoir quand c’est le bon moment, c’est nous qui le savons. En tout cas pour moi, j’étais vraiment à l’écoute de mes symptômes d’ovulation. Je les connaissais bien. J’ai été inséminée à 34 ans. À 34 ans, je pense que j’étais quand même capable de dire quand est-ce que c’est arrivé.

Je me souviens de m’être obstinée parce qu’avant de nous inséminer, ils font une échographie la veille. Si l’ovocyte ne fait pas tel diamètre, là, ils veulent attendre.

Sauf que moi, je le savais que j’ovulais, je pense que c’était le lendemain. Si tu me donnes une échographie deux jours plus tard, mon ovulation est manquée. C’est ce qui est arrivé à un cycle.

C’est pour ça qu’après ça, je me suis obstinée. Je me suis dit non, regardez, je le sais quand est-ce que j’ovule. Si vous ne m’insiminez pas maintenant, on va manquer ce cycle. Puis il vaut mieux être inséminé trop tôt que trop tard, parce que trop tard c’est juste trop tard.

Donc ça a été parfois de taper le poing sur la table et de dire: “moi j’ai tel symptôme aujourd’hui, j’ai fait mon test d’ovulation”.
Tu sais, c’est pas facile à entendre pour eux parce que là, tu sais, comme je disais, ça rentre pas dans leur critère. Mais tu sais, à chaque fois que je me suis imposée, ça a fonctionné. Donc pour moi, encore plus pour mon troisième, il n’était plus question que j’écoute leur protocole.

Mais encore là, je parle de ma situation personnelle, et donc sans problème de fertilité, je pense que ça aurait été tout autre si j’avais eu de la difficulté. C’est sûr qu’à un moment donné, je me serais plus ouverte à leurs suggestions. Puis, chaque cas est tellement différent que c’est ça. Pour moi, c’était évident que je faisais ça naturellement.

Annie, ta Doula Ostéo

Les grossesses se sont bien passées, mais comme maman solo, est-ce que tu as eu des défis supplémentaires? Est-ce que le regard des autres a été lourd parfois à porter? Est-ce qu’il y a encore des préjugés?

Alexia

Ça s’est quand même bien passé parce qu’on vivait à Montréal à l’époque et c’est ça, C’est sûr qu’on s’entoure des personnes qui ont potentiellement les mêmes idées que nous.

Quand moi, je me suis séparée de mon conjoint à l’époque, c’est là que ça a été le plus difficile en fait. C’est ma première grossesse où ça m’a rentré dedans beaucoup. Pas parce que j’avais nécessairement des attentes de la présence d’un conjoint, mais plus parce que mon réseau n’était pas très étoffé. Je connaissais vraiment peu de mères. C’est ça qui a été le plus difficile en fait. 
La saison a beaucoup, beaucoup influencé. Ma plus grande est née en automne, puis on dirait que c’était juste le début de la fin en fait, le début des jours qui raccourcissent, le début de l’hiver. Ça a été vraiment moralement difficile.

Puis je me souviens que j’allais à toutes les rencontres auxquelles je pouvais aller, les rencontres d’allaitement, les activités à la bibliothèque, même si mon bébé était tout petit, on allait à l’heure du conte, elle devait avoir genre quatre mois. Mais c’était important pour moi de me faire un réseau de maman et de rencontrer du monde. Il faut en parler parce que ça peut être extrêmement difficile, pas juste physiquement.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, c’est ça. On se sent vraiment isolée. Puis c’est vrai que c’est vraiment pire pour le premier bébé, je pense pour la majorité d’entre nous.

Alexia

Oui, parce qu’on ne sait pas à quoi s’attendre. Je veux dire qu’on soit solo ou pas, on ne sait pas à quel point ça peut être difficile, ça peut être demandant de ne pas comprendre ce petit être qu’on a pourtant porté pendant neuf mois, mais ça n’a pas été instinctif. On a beau être des mammifères, pour moi l’instinct n’a pas nécessairement embarqué tout de suite.

C’est très différent par contre pour mes deux autres. Probablement, oui, il y a une partie de l’expérience, il y a une partie du tempérament des enfants aussi. Je veux croire à ça, c’est pas parce qu’on élève tous nos enfants de la même façon qu’ils sont tous identiques. Ils ont tous des tempéraments très différents, puis il y a plein de choses sur lesquelles on ne peut pas avoir d’influence malgré toute notre bonne volonté, notamment au niveau du sommeil. Ça peut être plus difficile avec certains bébés.

Par contre, j’en reviens à ce que tu demandais au niveau du jugement du fait d’être solo. Moi, je ne l’ai jamais senti, tant qu’on était à Montréal. Après ça, on a déménagé en campagne et là, sans le sentir directement, je le vois qu’il n’y a pas la même ouverture. 
Ça m’a rentrée dedans. C’était vraiment un souhait de déménager en campagne, mais j’avoue que je suis arrivée avec ma petite bulle de tout le monde est ouvert, on vit à une époque où c’est facile justement, on peut aller se faire inséminer facilement, on n’a pas besoin de se justifier, mais là j’ai un peu frappé un mur à un moment donné ici, quand j’ai vu que c’est beaucoup plus traditionnel. 

Annie, ta Doula Ostéo

y a sûrement des gens qui ne sont pas nécessairement dans l’ouverture par rapport à ça. Donc ce n’est pas si étonnant que tu en aies rencontré, ça existe. C’est vrai que quand on est dans notre bulle avec les gens, avec lesquels, comme tu disais tantôt, qui nous ressemblent, des fois on oublie qu’à l’extérieur de la bulle…

Alexia

Oui, exactement. Puis ça, c’est pour plein de sujets, c’est pas juste la maternité.

Annie, ta Doula Ostéo

Donc, ce que je comprends, c’est que tes grossesses ont relativement bien été, même si tu étais maman solo et que tu avais la charge finalement en plus, étant française, tu n’as pas non plus ta famille qui est à proximité, tu es une expatriée en plus.

Alexia

C’est vrai, mais à la fois, j’étais tellement indépendante, Je veux dire, si je suis venue au Québec seule, c’est parce que je me sentais assez indépendante, assez forte pour arriver à refaire ma vie ici.

Le soutien de la famille m’a manqué un petit peu à un moment donné. Mais c’est ça, mes grossesses ont quand même tellement bien été. Je veux dire, les trois là, c’est comme…

Oui, le premier trimestre, mais à part ça, c’était quand même des grossesses de rêve pas mal. J’ai eu la chance immense d’avoir un suivi sage-femmes dès ma première. En fait, je n’ai jamais rencontré de médecins pour mes grossesses, puis ça, je pense que c’est la plus belle chose qui pouvait m’arriver pour mes suivis, là, c’est de ne pas rencontrer de médecins. Parce qu’encore là, mes idées sont tellement arrêtées et tellement… Je voulais vraiment vivre ça naturellement, du début à la fin. Et j’aurais probablement trouvé ça vraiment fatigant de devoir me battre pendant tout le processus. Même si je sais qu’il existe des médecins extraordinaires et qu’éventuellement, il y a de plus en plus d’ouverture par rapport à des suivis naturels, à des accouchements non médicalisés ou peu médicalisés. Mais ça reste que le fait d’être avec une sage-femme, ça m’a beaucoup fait le style de la tâche, vraiment.

Annie, ta Doula Ostéo

Tu as choisi à trois reprises de donner naissance à la maison.

Alexia

Oui. Encore là, c’est une continuité.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, c’est une continuité. Et tu es une professionnelle de la santé. 

Alexia

Oui. Je pense que ça a teinté beaucoup, beaucoup, beaucoup mon choix de lieu de naissance, justement connaissant l’envers du décor. Pour moi, c’était pas mal la pire des choses qui pouvaient m’arriver, d’aller à l’hôpital. Mais encore là, c’était un point personnel. Oui, oui, tout à fait.

Annie, ta Doula Ostéo

On est complètement d’accord. C’était ton senti, ton intuition. Puis, on est, je pense qu’Alex et moi, on est tout à fait sur la même page par rapport à ça. Il faut suivre notre chemin. Donc, il ne faut pas suivre le sien. Il ne faut pas que tu nous écoutes en disant, je vais faire comme Alex, je vais faire comme Annie. Il faut que tu trouves ta route à toi.

Alexia

Et il faut être convaincu. Je pense qu’il faut être… Tu sais ça, il faut être convaincu, il faut sentir que c’est vraiment ça dont on a besoin. 

Puis je pense qu’en grande partie, c’est ce qui a aidé à avoir des naissances relativement faciles. Parce que je savais que j’étais à la bonne place, je savais que mon corps allait faire sa job, que mon bébé allait faire sa job, pis que si le lâcher prise arrivait à être au rendez-vous, ça se ferait bien. Pis ça a quand même, ça a très bien été.

Annie, ta Doula Ostéo

Écoute, je suis témoin. Oui. Le lâcher prise était au rendez-vous. Et là, on a déjà parlé de ça ensemble. Je t’ai déjà souvent demandé, mais Alexia, comment tu as fait pour dès ton premier bébé, je te vois encore là, à quatre pas dans ton salon, appuyée sur ton ballon, à bouger tes hanches, à faire des sons magnifiques dès le début du travail.

Alexia

Oui, mais ça, c’est dur d’avoir une explication. Je me souviens, c’est ça, pour ma première, de mettre beaucoup dit. Ah oui, c’est vrai, bouche molle, col mou. » Puis ça, je l’y ai pensé tout du long, puis je me suis dit, « Si je fais suffisamment de sons pour relâcher ma bouche, ça devrait bien se passer.

Puis on dirait que ça a comme embarqué, tu sais, les sons. Ma première, je me souviens pas de mon accouchement. Je me souviens de à peu près rien, sauf quand elle est sortie après. Mais tout l’accouchement, j’ai vraiment pas de souvenirs.

Je pense que j’ai vraiment eu… Les hormones qui ont embarqué tellement fort. Puis j’en étais triste. J’étais triste parce que j’avais pas… Oui, tu étais là pour me raconter après, mais j’avais pas tant de photos, pas de souvenirs. Puis là, je me retrouvais avec ce bébé que je connaissais pas.

Oui, c’est un accouchement magnifique, mais le fait de ne pas avoir de souvenirs, ça ne m’a pas du tout aidée pour le postpartum. Et je pense que ma grande-née en un peu plus de 5 heures peut-être. Puis je me souviens de m’être dit, me semble que c’est rapide. C’est rapide un peu pour que je me souvienne. Puis j’ai adoré ça. J’ai adoré accoucher. J’ai adoré, adoré. Puis je me suis dit, ça m’en prend d’autres. Oui. Vraiment.

Annie, ta Doula Ostéo

Qu’est-ce que t’as adoré là-dedans?

Alexia

Le fait de me sentir tellement puissante et capable. Et je pense que c’est le moment de ma vie où je me suis sentie la plus forte. C’est vraiment ce sentiment de force dont on est capable à ce moment-là. Puis tu sais, je pense honnêtement, il n’y a pas personne d’autre qui peut nous aider dans ce temps-là. Oui, on peut avoir du soutien, c’est sûr que c’est aidant, mais je pense que personne d’autre peut se mettre à notre place, personne d’autre peut faire les choses à notre place dans ce temps-là.

Puis les accouchements suivants, j’avais hâte de revivre ça. Fait que là, c’était plus, on était dans l’excitation. Ça s’en venait, puis même… Oui, ça fait mal accoucher, là. je veux dire. Oui, c’est vrai que ça fait mal. Vraiment mal. Mais malgré tout, c’est comme le plus beau moment de ma vie parce que c’est comme… Tu sais ça, c’est… C’est un moment unique, puis je me suis jamais sentie de même dans d’autres situations.

Et puis la troisième, la troisième, ça a été… Il y avait un peu plus de rebondissement parce que là, on  était rendu en campagne. Et l’accouchement à domicile était pas officiellement possible… On était trop loin en fait, on n’était pas dans le périmètre des sages-femmes.
Je ne me voyais pas me déplacer en début de travail. Avec toute la logistique qu’il y avait de devoir faire garder mes enfants, bon ça j’avais des solutions éventuellement, mais c’était plus une fois que le travail commence, j’avais peur que ça interrompe mon travail. 
Je ne voyais pas comment est-ce que je pourrais prendre une douleur aussi intense que des contractions dans une voiture. En plus, c’était en hiver. Ce n’était pas possible. Dès le début, j’ai dit à ma sache-femme, « Mais tu sais, j’accoucherais chez nous ». Voilà. Je sais pas qu’est-ce qui va se passer, comment tout ça va s’enligner, mais une chose est sûre, c’est que j’accouche chez nous.

Ça a été une autre aventure parce que c’est tout un cheminement. Oui, ok, j’accouche à la maison, mais comment ça se passe? De quelle manière? Est-ce qu’il y a des conséquences? Oui, évidemment, il peut y avoir des conséquences. Puis pas juste physiques. Comment est-ce que je vois ça?

Puis plus je cheminais, plus j’étais comme, ben oui, en fait, je vais accoucher seule. Puis ça va être correct. Ça va bien aller. Je dirais pas que c’est de la pensée magique. Je dirais que c’est juste que c’est comme se mettre dans un état d’esprit où ça va fonctionner. 
Ça a été ça. Puis à la fin, à la toute fin, à 36 semaines, ma bébé n’était pas né, alors que mes premiers étaient nés un petit peu d’avance, mais elle avait décidé de prendre son temps. Puis à 36 semaines, ma sage-femme m’appelle pour me dire « écoute, j’ai réussi à faire passer un projet pilote. On va prendre cinq femmes par année dans un périmètre élargi, puis tu vas être la première. Est-ce que c’est correct pour toi?

Puis là, on dirait que c’est comme, ben j’en ai discuté avec toi. Moi, j’étais vraiment dans un état d’esprit où non, non, c’est correct, j’allais faire ça toute seule. Puis, tu sais, je m’étais beaucoup projetée là-dedans. Fait qu’on dirait que c’est venu me déstabiliser, surtout à 36 semaines. Je me disais, OK, là, OK, fait que là, elle va venir. OK, fait que je ne l’accouche plus toute seule finalement, tu sais.

C’est très drôle parce que je me voyais, je me projetais d’accoucher pendant la nuit, pendant que mes enfants dormaient.

C’est venu beaucoup me déstabiliser. Mais finalement, je me suis dit que c’était quand même probablement mieux, mais j’ai prévenu ma sage-femme que je ne voulais pas qu’elle s’approche.

Je voulais être autonome parce que moi je m’étais projetée comme être autonome. Fait que pour moi, c’était ça l’accouchement pour ma dernière. Je l’avais avisé. J’ai dit là, toi tu es là en cas d’urgence, parce que je vais faire ça tout seul, puis ça va être correct.

Annie, ta Doula Ostéo

Puis comment ça s’est passé, finalement?

Alexia

Bien, j’ai fait ça tout seul, puis ça a été correct.

Annie, ta Doula Ostéo

Tu étais où dans la maison? Raconte.

Alexia

En fait, C’est arrivé tard. Ça a commencé à 36 semaines. J’avais beaucoup eu de braxtons hicks pendant la grossesse. C’était mon troisième, donc pour moi, c’était sûr. 38 semaines, c’était fait.

« ben là, il faudrait peut-être accoucher parce que le déclenchement, qu’est-ce que t’en penses? » Puis là, j’étais comme ben non, tu sais, le déclenchement, c’est non, pas pour l’instant. » Et donc, c’est arrivé qu’en fait, à 41 semaines pile, j’ai eu des contractions à 4 heures du matin. Mes enfants dormaient évidemment. Je suis descendu au sous-sol, j’ai pris le tire-lait, puis j’ai commencé à pomper. Je me suis dit: “ OK, là les contractions, faut qu’elles embarquent, parce que tes frères et soeurs vont se réveiller dans trois heures. Il faut que tu sois née dans trois heures, parce qu’après ça, ma journée embarque.”

Le quotidien, aller rembarquer, C’est sûr que oui, j’avais une amie qui venait pour s’en occuper, il n’y a pas de problème, mais si ça pouvait être fait rapidement, ça aurait été merveilleux.

Là, je suis descendue au sous-sol parce que j’avais tout aménagé au sous-sol. Ce n’est pas un sous-sol de proche à foin. Il y avait un lit, puis c’était propre que tout. Là, j’ai les enfants dormaient, j’ai appelé la sage-femme pour lui dire « Écoute, je pense que ça commence, puis tu sais quoi, je pense que ça va aller vite. » Je fais tout pour que ça aille vite, puis ça va aller vite éventuellement.

Et comme de fait, je pense qu’elle est arrivée, puis je commençais à pousser. Puis en fait, Billy est née en une heure à peu près, du début des contractions à la naissance de mon bébé. Donc ça allait bien dans l’horaire.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est là que vous voyez à quel point Alex est organisé. Moi j’hallucine complètement de la voir allé dans ton quotidien avec trois enfants comme maman solo, c’est fou.

Alexia

Oui, mais tu sais l’organisation c’est une façon, c’est le contrôle. Autant je suis capable de lâcher prise pendant mes accouchements et je ne comprends pas comment c’est possible, autant dans ma vie je suis dans le contrôle et c’est difficile de ne pas l’être. C’est très déstabilisant pour moi de ne pas l’être. Fait que là, pour moi, l’accouchement, c’était pareil.

Tu sais, je parlais à mon bébé, c’est comme… Faudrait qu’on avance, puis que tu sortes. Puis je me souviens que ça s’est comme intensifié tellement rapidement.
Puis j’ai accouché à côté, j’avais une chaise en bas, puis j’étais à côté sur la chaise, puis mon bébé est né, est né comme ça, vraiment vite.

Annie, ta Doula Ostéo

Wow, c’est magnifique. C’est très intéressant ce que tu dis parce que souvent les femmes qui ont plus tendance justement à être dans le contrôle dans leur quotidien ont peur de ne pas être capable de lâcher, d’aller justement dans le lâcher-prise pendant les contractions. Et je leur dis toujours, on peut être les deux.

Alexia

Ouais, pis en fait, si j’avais pas eu cette première expérience où le lâcher prise était à l’extrême, j’aurais probablement pas eu cette confiance. Parce que là, je savais que c’était la clé. Je savais que si je voulais que ça se passe bien pour les deux autres, il fallait que je le lâche-prise embarque. Que c’était les rares moments dans ma vie où il fallait que je lâche prise puis que le contrôle ne soit pas là. 

Je pense que c’est là que la première qui a teinté beaucoup, beaucoup, ma confiance pour les deux autres. Et ma confiance a été le point que je me disais que j’allais faire ça seule puis que mes enfants allaient se réveiller, mon bébé serait né puis la vie allait continuer. Ça s’est à peu près passé comme ça.

Annie, ta Doula Ostéo

Dans le temps, dans mon temps à moi, quand j’ai donné naissance, il y avait tout un réseau de sages-femmes parallèles qui était un réseau de sages-femmes qui ne faisaient pas partie de l’ordre.

Là je te parle de ça mais c’est un peu tabou dans le milieu. C’est quelque chose dont on ne peut pas vraiment parler, même sur les groupe Facebook, quand il y a certaines personnes qui osent se rappeler cette époque-là, vite souvent on se fait clore le bec, comme si c’était quelque chose dont on ne pouvait pas parler.
Et le fait que ce type de sage-femme-là n’existe plus, c’est une grande perte pour nous les femmes. Parce que toi, à partir du moment où ta sage-femme te dit « on ne peut pas t’aider », le choix que tu avais c’était soit d’accepter de te plier au fait qu’il fallait que tu ailles en maison de naissance, ou de donner naissance toute seule, mais il n’y avait pas de possibilité intermédiaire.

Est-ce que ça c’est quelque chose que tu as cherché ou c’est quelque chose au départ qui t’a intéressé ou c’était clair pour toi que s’il n’y a pas de sage-femme officielle, je vais directement aller donner naissance toute seule.

Alexia

Mais j’ai navigué un peu. En fait, ce que j’ai oublié de nommer, c’est que quand je me suis inscrite à la maison de naissance, l’agente administrative m’a dit, oui, oui, vous êtes dans le périmètre, pas de problème. J’étais contente au début, c’était parfait.

Puis après ça, quand j’ai rencontré ma sage-femme, puis qu’elle m’a dit non, non, non, non. J’ai vécu une première déception. Puis là, à ce moment-là, je me suis dit, OK, il faut que je trouve quelqu’un parce que je ne me suis pas tout de suite projetée dans je veux accoucher seule merveilleux.

Je savais que j’accoucherais chez moi, mais je n’avais pas l’objectif d’accoucher seule nécessairement.
Donc oui, j’ai cherché à trouver une sage-femme, une alternative qui n’existe plus ou en tout cas sont très bien cachées. Assez rapidement, il y avait des accompagnantes qui étaient connues dans mon coin justement pour des accouchements non assistés. Mais ça ne marchait pas avec ma vibe. Puis plus avancé, je me disais ben non, je préférais être toute seule qu’être mal accompagnée, d’avoir quelqu’un que ça me tente moins bien.

Annie, ta Doula Ostéo

Je comprends. Moi je me souviens de plein d’accouchements extraordinaires à domicile où les femmes avaient cette demande-là de dire aux sages-femmes, restez dans la cuisine, je vais vous appeler quand ce sera le bon moment. Et que finalement, elles appelaient au moment où elles étaient vraiment rendues, au moment où là, elles avaient besoin d’aide. Je ne devrais pas dire ça comme ça. Qu’elles avaient besoin que la sage-femme soit là.

Alexia

Finalement, comme ma sage-femme était là, et que j’ai un historique de déchiré, sans rentrer dans les détails, pour tous mes accouchements. Cet accouchement, il n’a pas échappé en fait, je pense que comme j’accouche très vite puis à verticale, en tout cas bref. Donc c’est ça, finalement une chance, une chance, probablement une chance qu’elle était là pour la fin de l’accouchement.

Annie, ta Doula Ostéo

D’ailleurs, pendant la grossesse, je me souviens qu’on s’en était parlé, comme de quoi ce serait l’avantage le plus important finalement.

Alexia

Oui, oui, oui. Elle était là pour me prodiguer les soins post-accouchement, mais je me souviens qu’après, assez vite, j’ai eu envie que tout le monde parte. Elle me laisse tranquille avec mon bébé.

Annie, ta Doula Ostéo

Après la naissance d’un bébé, puis d’un troisième encore plus, on a besoin de se reposer, on a besoin de passer du temps à l’horizontale, de protéger nos ligaments. Une maman solo qui donne naissance à son troisième enfant, ça se passe comment, le post-natal immédiat?

Alexia

Pour ma troisième, il faut savoir que ma grande était partie chez son papa, donc j’en avais juste un. Mon deuxième est quand même relativement calme. Et comme je disais, au sous-sol, on a un lit. Et il se trouve que moi, je ne vais jamais jouer au sous-sol avec les enfants. Donc, aller au sous-sol est une activité en soi vraiment intéressante pour mon deuxième enfant.

Donc ce que j’avais mis en place, c’est que je m’étais fixée une semaine. Je savais que je ne t’offrais pas plus qu’une semaine à être allongée. Donc on faisait des matinées au sous-sol, puis moi je pouvais être allongée avec mon bébé et mon autre enfant pouvait jouer autour. Ça, ça avait beaucoup aidé, puis je me souviens de tes conseils, qu’il fallait rester allongé le plus possible. Puis ça, je pense qu’effectivement, c’est pas mal le meilleur conseil.

On pense qu’on est assez forte pour être debout et qu’il n’y en a pas de problème, mais je… Oui, on l’est probablement les premiers jours, mais je pense que les conséquences pour la suite, pour la récupération du corps, pour avoir le moins de séquelles possible, c’est vraiment de respecter ça. Et c’est sûr que je me suis forcée, parce que oui j’en aurais fait. Moi, je me serais levée, passer à balayeuse et faire à manger. Mais je me suis forcée la première semaine, et je pense que ça a beaucoup aidé. C’est comme un petit prix à payer pour la suite, c’est comme un investissement. 

C’est sûr que j’avais cuisiné énormément, j’avais eu le temps de cuisiner énormément avant l’accouchement. Mon congélateur était plein. Donc, cuisiner, c’était pas un enjeu. Puis ça, je pense qu’on sous-estime la lourdeur de préparer des repas dans le quotidien. C’est une tâche énorme. Et le fait que ça se soit fait, que ce soit quelque chose en moins, ça me permettait de prendre plus de temps à allonger avec mon bébé. Donc, je pense que c’était un ensemble de choses qui ont fait que ça s’est bien passé. Le calme de mon deuxième, ma troisième qui était juste super contente que je sois allongée avec elle. Tu sais, pour la mise en place de l’allaitement, on dirait que tout était plus facile parce que j’étais couché, puis parce que aussi, c’était ça, c’était un troisième bébé.

Annie, ta Doula Ostéo

Quand je te regarde aller avec tes trois petits loups, tu fais beaucoup d’activités, tu es quelqu’un de très dynamique. Tu fais en une journée ce que je fais en une semaine, grosso modo, pour vous donner une idée. Je ne sais pas s’il y a un petit peu d’hyperactivité qui se cache derrière ça.

Alexia

Je ne me sens pas hyperactive, mais tu sais quand je regarde avec le recul, peut-être. Mais moi je ne le sens pas au quotidien. 

Annie, ta Doula Ostéo

Alors juste pour vous donner une idée, pour illustrer mon propos, il y a à peu près trois semaines, Alex a, en une fin de semaine, rénové entièrement sa salle de bain. Une semaine, bon, mettons sept jours. Entièrement sa salle de bain, finition incluse avec la peinture, tu as changé la fane. Et tout ça en étant maman solo de trois enfants.

Alexia

Encore là, ma grande n’était pas là. À chaque fois, il y a ça. C’est le genre de projet, les gros projets de même. Je l’ai fait quand j’ai au moins un enfant en moins.

J’avais juste mes deux petits… Donc c’était plus facile. Puis c’est ça, honnêtement, c’est un projet que j’ai depuis deux ans, en fait. Donc je procrastinais beaucoup. Mais je me suis levée un matin en me disant, écoute, je pense que c’est là que ça se passe. Il faut que ça soit fait. Il reste ça à faire. Il faut que je démarre. Puis, je pense que j’ai impliqué mon deuxième un peu. J’ai profité des siestes, du coucher aussi. Quand tes cocos dorment tu peux en faire aussi des affaires. Fait que c’est ça. Pis le bien-être que ça m’apporte, je suis beaucoup beaucoup à la maison, en fait, comme je disais ça, je suis maman à la maison. Le bonheur que ça m’a apporté au final, c’était un bel investissement, de temps à mettre à ce moment-là. 

Annie, ta Doula Ostéo

Tu vois que maman est en train de se préparer, puis elle fait comme « yeah ». Avec le recul, avec toute l’expérience que tu as maintenant pour toutes les femmes, les mamans solo, les femmes qui vont aller en insémination, dans une démarche de fertilité, ou les femmes qui sont en couple mais qui ont envie de vivre, tu as vécu une des grandes expériences d’empowerment, à travers tes recesses, tes accouchements, c’est quand même assez impressionnant. Tu as été solide, tu savais où tu t’en allais, puis il ne fallait pas trop te mettre des bâtons dans les roues parce que t’acceptais pas ça.

Alexia

Mais encore là, c’est toujours une histoire de contrôle.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, de contrôle, mais tu vois que des fois, il y a des bons côtés. Qu’est-ce que tu dirais aux femmes qui nous écoutent et qui auraient envie de se rapprocher de cette expérience-là, de pouvoir choisir pour elles ce qui est le mieux, même si ce n’est pas ce qu’on leur demande à l’extérieur d’elles.

Alexia

Je pense que c’est croire qu’on est capable. Ça fait des millions d’années qu’on accouche, que les mammifères accouchent.
On sait faire, C’est ancré en nous. Nous, on sait faire, nos bébés savent quoi faire.
C’est sûr qu’il y a des situations où ça se passe pas comme on voudrait, puis c’est physiologique, puis on n’y peut rien. Puis je pense que, tu sais, c’est dur à vivre, probablement, mais…

Garder confiance en nous puis se dire qu’on est faite pour ça. Tu sais, accoucher là c’est ancré pour moi en tout cas. Je savais que mon corps y arriverait.

Annie, ta Doula Ostéo

Billie, elle dit « moi aussi dans 30 ans, quand je vais donner naissance, moi aussi je vais savoir exactement comment faire. 

Alexia

C’est drôle parce que c’est ma plus grande, qui a maintenant bientôt 8 ans, je ne l’encourage pas, évidemment, à avoir des enfants toute seule. Mais spontanément, elle me dit, « Ouais, mais je pense que moi aussi, je suis capable d’en avoir des enfants toute seule. On verra, on verra si j’en veux toujours, si j’en veux seule. Mais tu sais, je me dis que c’est comme… Plus on est nombreuses à montrer que finalement c’est possible puis c’est génial en fait d’être enceinte, d’accoucher. Puis en tout cas, moi, c’est vraiment les meilleurs moments de ma vie. Puis c’est d’ailleurs un gros deuil. C’est un autre sujet, même. C’est un gros deuil de me dire que trois, c’est raisonnable, c’est la limite du raisonnable.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que le deuil, il est au niveau de plus être enceinte et de plus avoir un bébé en post-natal ou il est de plus accoucher?

Alexia

Ben, c’est un mélange des trois. Tu sais, c’est un mélange des trois parce que j’aime vraiment ça. En fait, je pense que ce que je préfère, c’est avoir un petit bébé naissant. Avec le recul, là. J’aime ça. Le l’allaitement, la fusion. J’adore ça.

L’accouchement, j’adore ça évidemment. Je recommencerai demain et je me souviens que à chacune de mes grossesses, je me suis dit « ah ben écoute, il me semble que je recommencerai ».

Alexia

Puis les grossesses, non, la première grossesse était vraiment très épanouissante. Je me sentais vraiment bien dans mon corps, tu sais, ça s’est passé sans embûches. La deuxième aussi, puis la troisième, je pense que je commence à être plus vieille. Je pense que la fatigue commence à embarquer un peu, c’était moins facile.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, oui, puis c’est parce que enceinte du troisième, il faut que tu cours après les deux premiers en simultané, c’est sûr que c’est plus la même game.
C’est intéressant parce que souvent on entend des mamans solo qui vont être mamans solo un peu par dépit, C’est-à-dire qu’elles n’ont pas rencontré quelqu’un, elles attendaient de rencontrer quelqu’un avant de décider d’avoir des enfants. Dans ton discours, ce que j’entends, c’était aussi un choix. Ce n’était pas par dépit, c’était vraiment un choix. 

Alexia

C’était définitivement un choix. Puis, tu sais, je le vois avec le recul maintenant. Je pense que je suis mieux seule avec mes enfants qu’en couple.

Je pense que j’ai un tempérament qui fait que je suis pleinement épanouie comme ça. Et non, ça n’a jamais été un choix par dépit, au contraire, c’était vraiment un vrai choix, très éclairé, très raisonné.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est super intéressant parce que je suis certaine que même encore de nos jours, les femmes pensent à ça en termes de choix. C’est pour ça aussi probablement que ça fait réagir un peu les gens qui ont une autre façon de voir les choses parce que c’est quand même l’autonomie de faire comme écoute moi là.

Alexia

Je suis capable tout seule. Exact. Je pense que ça peut être confrontant pour certaines personnes. Définitivement. Puis tu sais, comme je dis, ça correspond pas à tout le monde. Je pense qu’effectivement, je comprends tout à fait qu’il y a des femmes qui se puissent être rendues à se dire « bien malheureusement, j’ai trouvé personne, mais mon désir d’enfant est plus fort, alors je vais avoir un enfant solo puis finalement après rencontre quelqu’un.” Puis je comprends tout à fait ça en fait. Ce n’est pas pour tout le monde d’être solo, solo. Je comprends.

Annie, ta Doula Ostéo

Merci beaucoup Alexia. J’aurais aimé ça que tu puisses nous donner exactement les ingrédients qui ont fait que tu étais si libre, si mammifère, si puissante pendant tes accouchements. Ce serait le fun, si on savait exactement..

Alexia

La clé, je le donnerais à toutes mes amies.

Annie, ta Doula Ostéo

Écoute, si on pouvait te modéliser par rapport à ça, ce serait extraordinaire. 

Alexia

Hum hum, c’est pas possible.

Alexia

Non, on commence à relaxer là maintenant. La deuxième moitié d’été, j’ai comme une pression où je me dis ok, là maintenant non, on arrête de niaiser, on profite de l’été. Je suis dans cette deuxième moitié, l’été commence pour moi, début mi-août.

Annie, ta Doula Ostéo

Alors ça me fait très rire parce que les gens qui nous écoutent font comme ok, relaxée, maman solo de trois enfants, de trois jeunes enfants.

Alexia

J’ai le bonheur de les avoir à la maison. Ça me procure beaucoup de joie, mais j’ai besoin de pouvoir faire mes choses.

Annie, ta Doula Ostéo

Merci Alex.

Alexia

Ça fait plaisir.

Annie, ta Doula Ostéo

Tout comme moi, tu aimes nos rendez-vous hebdomadaires et tu aimerais m’aider à faire rayonner le podcast “Enfanter librement sans se faire accoucher”, je t’invite à aller sur Apple Podcasts ou sur Spotify pour mettre un beau 5 étoiles.

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Je te souhaite une magnifique semaine. Je te rappelle que tu peux m’écrire directement si tu as envie que je t’accompagne. Tu peux le faire par courriel. L’adresse est elle aussi dans la description. Tu peux aussi m’écrire via Instagram. Je te souhaite donc une magnifique semaine, beaucoup de bonheur des petits, des moyens, des grands et on se retrouve pour le prochain épisode.