Emmanuelle et Manuel se sont rencontrés dans un “baby shower”. Très rapidement ils se sont mariés et le désir de fonder une famille s’est manifesté.

Ils ont dû faire preuve de patience et passer par un parcours de fertilité pour avoir la chance d’accueillir leur fille.

Aujourd’hui ils nous racontent leur histoire incluant la démarche spirituelle qu’ils ont faite à travers cette expérience.

LES ASTUCES QUE EMMANUELLE A UTILISÉES POUR JONGLER AVEC LA DOULEUR

  • Acupuncture
  • Bain
  • Coussin chauffant
  • Création de l’ambiance dans la chambre
  • Dattes
  • Formation OPALEO
  • Huile d’onagre
  • Instinct
  • Lumières tamisées
  • Massage du périnée
  • Musique de Patrick Watson
  • Musique Playlist OPALEO
  • Ostéopathie pendant la grossesse
  • Parler à bébé
  • Points de pression
  • Respirations
  • Rituels d’accueil pour bébé
  • Sons
  • Tisane de framboisier
  • Méditation

  • Yoga prénatal pour préparer l’accouchement

  • Exercices fait les derniers temps tous les jours.

  • Méditation, relaxation et affirmation positive

  • Les deux lectures qui ont fait une différence. Pour la pratique de la respiration avec l’auto hypnose et la préparation affective sur la compréhension de la vie intra utérine.

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Les sujets abordés dans cet épisode

  • Accouchement dans l’eau
  • Accouchement rapide
  • Accouchement sans péridurale
  • Accouchement en maison de naissance
  • Accouchement avec des sages-femmes
  • Bienveillance en postnatal
  • Bulle hormonale (endorphines)
  • Complémentarité des rôles
  • Contractions en fin de grossesse
  • Tour de cordon ombilical
  • Délivrance, naissance du placenta
  • Dilatation du col
  • Gestion de la douleur
  • Endorphines
  • Fertilité
  • Haptonomie
  • Importance du soutien du.de la partenaire
  • Instinct
  • Maison des naissances
  • Naissance physiologique
  • Préparation Affective à la Naissance (haptonomie)
  • Poussée réflexe
  • Spiritualité
  • Rôle du/de la partenaire
  • Sensations de la poussée réflexe
  • Sortir de sa zone de confort
  • Streptocoque B
  • Respiration pendant l’accouchement
  • Sages-femmes
  • Transgénérationnel

Interventions dont il est question dans cet épisode

  • 100% physio
  • Examen vaginaux (col)
  • Stripping (décollement des membranes)
Transcription de l'épisode

Annie, ta Doula Ostéo

Emmanuel et Manuel se sont rencontrés dans un baby shower. Très rapidement, ils se sont mariés et le désir de fonder une famille s’est manifesté. Ils ont dû faire preuve de patience et passer par un parcours de fertilité pour avoir la chance d’accueillir leur fille. 

Aujourd’hui, ils nous racontent leur histoire, incluant la démarche spirituelle qu’ils ont faite à travers cette expérience.

Jean

Bienvenue dans le podcast de Annie Bhérer-Racine. Passionnée de grossesse et d’accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies.

Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l’international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir.

Voici Ta doula ostéo, Annie Bhérer

Annie, ta Doula Ostéo

Je suis très heureuse de vous rencontrer avec un tout petit bébé dans les bras. Vous êtes ici pour nous raconter votre parcours. Un parcours, on pourrait dire, un peu atypique. Deux Français qui débarquent à Montréal et qui décident de vivre une expérience qui concorde pas tout à fait avec la culture française. Est-ce qu’on peut dire ça comme ça?

Emmanuelle

On a des amis en commun, on s’est rencontrés à une baby shower. 

Genre notre deuxième date, on était allés magasiner des affaires de bébé pour aller féliciter la naissance.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que quand vous vous êtes rencontrés, vous avez tout de suite su que vous étiez fait l’un pour l’autre ou c’est quelque chose qui s’est confirmé avec les semaines qui ont passé?

Emmanuelle

Ça a quand même été assez rapide. Moi, je pense qu’un des arguments que j’ai dit à une de mes amies, c’est “je veux faire des bébés avec Manu”. Je sentais que c’était le père de mes enfants, l’homme de la famille.

Manuel

Moi, j’avais accroché tout de suite aussi. Dès la baby shower, j’avais bien aimé son rire et sa personnalité. Et c’est ça, au final, notre histoire a commencé assez vite. Emma était en tourisme ici, moi j’étais installé depuis plusieurs années.

Emmanuelle

Ouais, c’est ça. Moi, j’étais un peu la vadrouilleuse au Québec, là. Un peu des histoires folles à raconter parce que j’avais vécu plein d’aventures. Puis finalement, je suis revenue pour être avec lui.

Annie, ta Doula Ostéo

Et rapidement, quand même assez rapidement, vous avez décidé de mettre en pratique vos projets.

Emmanuelle

On s’est mariés assez rapidement. Puis, c’est ça, quand ça a été le temps, on a voulu avoir un bébé. Ça a pris un petit peu plus de temps que ce qu’on avait imaginé, avec un bon un an et demi, avec un parcours en fertilité au milieu de tout ça.

Moi, j’approchais la fin de ma trentaine, donc on n’a pas trop attendu avant de lancer. Puis finalement, il n’y avait pas grand chose qui bloquait. Donc, ça s’est assez rapidement fait avec la deuxième insémination.

Annie, ta Doula Ostéo

Aujourd’hui, avec le recul, tu trouves que ça a passé vite, mais sur le coup, j’imagine que pendant tout le parcours de fertilité que vous avez vécu, vous avez dû en vivre des choses.

Emmanuelle

Beaucoup d’émotions. On a commencé aussi à faire un travail un petit peu plus spirituel aussi à la fin, sur réfléchir à notre histoire, sur le désir d’avoir un enfant, ça veut dire quoi d’avoir un enfant personnellement dans ton histoire personnelle. Ça veut dire quoi dans ton histoire de couple. Puis qu’est-ce que tu veux faire finalement parce que c’est pas juste un « tiens je veux un bébé » puis « go on n’a qu’à faire un bébé ».

Donc ça nous a ouvert plein de belles conversations, puis plein de réflexions sur est-ce qu’il n’y a pas des peurs, finalement, un petit peu cachées.

Tu sais que tu veux un enfant, mais ça va être une petite privation de liberté. On ne va plus pouvoir vivre la vie comme avant. Et puis si jamais un jour ça ne marche plus entre nous, ça nous a ouvert plein de belles conversations.

Puis on faisait plein de petits rituels. On a commencé à lui parler avant qu’elle arrive dans mon ventre. On faisait des petits rituels de connexion à trois.

Se faire accompagner du côté de l’âme, de l’esprit. Et puis d’essayer d’abandonner un petit peu le côté corps, parce qu’on était dans la procédure de fertilité.

On se rendait bien compte qu’il n’y avait pas de problème au niveau du corps, ni pour lui, ni pour moi.

C’est ça, essayer d’aller du côté un petit peu plus de l’esprit. Ça nous a vraiment beaucoup aidé. Nous avons consulté une énergéticienne qui ressent des choses, qui travaille pour ressentir ces choses-là, puis qui glisse quelques mots.

Moi je pense que ce qui m’a ce qui m’a le plus aidée, c’est de m’entendre dire: “ton bébé, il va arriver”. Il est déjà autour de toi. Son âme est déjà autour de toi. Puis c’est ça, on a mis le doigt sur des petites choses. Est-ce que tu n’as pas un petit peu des peurs ou des craintes qui resteraient? Qu’est-ce que ça provoque en toi le fait de devenir mère?

Manuel

Et puis ça a apporté aussi des discussions avec notre famille sur la façon dont on est né nous.

Puis c’est comment notre mère est née et comment mon père est né ou comment ma grossesse s’est passée?

Quand j’étais en vente de ma maman, est-ce qu’il y a eu des événements particuliers?

Est-ce que l’accouchement s’est bien passé, mal passé?

Les premiers mois de vie est-ce que j’ai eu des maladies, des choses comme ça?

Ça a entraîné aussi des discussions avec nos proches, qui étaient des discussions qu’on n’avait jamais eues, auxquelles on n’aurait probablement jamais pensé. Et qui étaient extrêmement intéressantes.

Ça m’a beaucoup rapproché de ma maman même j’ai été demandé à ma grand-mère comment c’était passé l’accouchement de ma mère, donc tu sais ça amène des discussions qui sont presque improbables et qui permettent aussi de mieux se connaître dans un sens.

Emmanuelle

Ça, c’est une deuxième partie de notre travail. Ça a été plus rendu vers la fin de la grossesse. On a fait un travail sur la thématique du transgénérationnel et que c’est de comprendre finalement, c’est quoi ton histoire?

C’est quoi l’histoire des gens de tes ancêtres, c’est quoi que tu vas transmettre à ton enfant. On a pris conscience qu’il fallait clarifier, qu’il fallait être en accord avec des choses de ton vécu pour être capable de pas transmettre des choses qui ne t’appartiennent pas ou qui ne seraient pas bon de transmettre dans les lignées.

Donc c’était vraiment de comprendre la lignée familiale, pour le comprendre exactement. Ça nous a, comme dit Emmanuel, ça nous a fait poser des questions sur comment nos mères ont vécu les grossesses.

On a appris des trucs, comment se sont passés les accouchements. C’est là que j’ai découvert qu’elle avait passé trois semaines à l’hôpital dès ma naissance. Je le savais, mais je n’en avais pas vraiment pris conscience. Qu’est-ce que ça donne après sur moi, ma gestion dans le post-natal puis me libérer finalement de choses qui ne m’appartiennent pas et que je ne veux pas transmettre à ma fille.

Vers la fin finalement, cette préparation-là nous a fait du bien, nous a soulagé, nous a enlevé la pression. Puis c’était la projection de si ça n’arrive pas non plus, c’est pas non plus la fin du monde. Notre histoire, elle a une autre direction, si jamais ça n’arrive pas. Je pense que sûrement, ça a beaucoup participé. Je pense qu’on s’était enlevé de la pression vers la fin, parce qu’il y a eu vraiment des montagnes d’émotions pendant les un an et demi. Vers la fin, je pense qu’on était un petit peu plus détendu.

Manuel

C’est ça, le fait que ça ne “prenne” pas tout de suite, forcément, ça nous a amené à nous poser, ce que disait Emma, à nous poser des questions, à avoir des conversations, puis aussi à faire un travail sur soi, chacun de son côté.

Moi par exemple, j’ai fait une thérapie aussi, que j’avais jamais fait de ma vie, parce qu’il y avait des choses je suis pas parfait comme n’importe qui. Il y a des choses que je ne veux pas forcément retransmettre à mon enfant. Je veux mieux de “dealer” avec certaines choses qui peuvent faire partie de moi, pour mieux les gérer. Donc, ça, c’était important pour moi.

Et si ça avait pogné très, très vite, ce n’est pas dit que j’aurais fait ce travail là. Je suis vraiment heureux qu’on ait au final eu notre parcours.

Emmanuelle

Ouais au final on a vraiment adoré que ça… C’est facile de le dire après mais elle est arrivée pile au bon moment en fait. Ça nous a laissé le temps de vivre ce qu’on avait à vivre, puis d’avoir les conversations qu’on avait à avoir.

On s’est lancé beaucoup plus préparés et sereinement dans la grossesse, puis ça a amené la belle préparation qu’on a faite, puis le bel accouchement qu’on a eu.

Annie, ta Doula Ostéo

Et avant d’entamer vraiment une belle préparation à l’accouchement, de vous préparer concrètement, c’était quoi l’image que vous aviez. Est-ce que étais en sueur, en train de hurler dans un coin d’une chambre, où c’était très zen, c’était quoi votre image à tous les deux?

Emmanuelle

Je pense que je n’avais pas d’image particulière. Je pense que visualiser, toutes mes amies ont fait ça à l’hôpital en maternité. Je n’avais pas particulièrement d’image atroce, de douleur, souffrance, etc. Mais j’avais une image très médicalisée de l’accouchement, pour ma part.

Manuel

Moi, je dirais à peu près la même chose, sauf que moi, de mon bord, je me fais broyer la main, puis potentiellement insulter.

Puis elle hurle comme… Tu t’en parles souvent dans les épisodes précédents, mais c’est ça, l’image hollywoodienne, on va dire, d’un accouchement, c’était pas mal ça que j’avais en tête.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que ça te faisait peur, l’idée de vivre ce moment-là avec cette image-là?

Manuel

Ben c’est pas peur, mais en tout cas ça ne me donnait pas envie. Ça ne me donnait pas particulièrement envie. Comme tu veux que ça arrive au bout le plus vite possible parce que ça a pas l’air d’être le fun, mais au final, il y a ton enfant qui est là, donc tu as envie de rencontrer ton enfant, mais toute cette partie-là n’avait pas vraiment l’air d’être super géniale.

Annie, ta Doula Ostéo

Ça m’a l’air plus d’un passage obligé?

Manuel

Ouais c’est ça. Comme un examen, tu sais, faut que tu le fasses, mais tu n’as pas trop envie, tu as la boule au ventre, mais faut que tu le fasses.

Emmanuelle

Moi je te dirais comme mon idée de base c’était:
“on a inventé la péridurale parce que ça fait mal donc on utilise ce moyen là pour plus avoir mal.”

Quand J’ai décidé finalement d’y aller avec le suivi de maison de naissance. C’était clair tout de suite qu’il n’y avait plus ça. Donc ça a été OK et qu’il va falloir que je me prépare pour être sûre d’arriver sereine à ce moment-là, puis d’avoir plein, plein, plein d’outils et de comprendre.

Moi, dans la vie, j’ai besoin de comprendre, ça me rassure. Et que c’était hors de question d’arriver les mains dans les poches ce jour-là. À partir de ce jour-là, ça a été: ma nouvelle thématique de vie, c’est de préparer l’accouchement.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là est venu le moment où vous avez dû choisir le type de suivi pour la grossesse dont vous aviez envie. Comment ce choix-là est arrivé?

Manuel

Moi je suis assez traditionnel on va dire. On est suivi pour accoucher à l’hôpital et puis c’est comme ça que ça se passe. 

Emma a la grande qualité de me faire évoluer dans ma façon de penser. Donc, elle m’a amené à voir ce que c’était que la maison de naissance.

On a une amie qui a fait tout son suivi avec la maison de naissance aussi. Donc, on a pu recueillir son témoignage et puis se dire” “ce serait quoi qui nous conviendrait le mieux?”

Mais par rapport au côté traditionnel dont j’avais l’habitude, je me disais:

“OK, est-ce que c’est sécuritaire?

Si ça se passe mal, qu’est-ce qui se passe?

Est-ce que c’est dangereux pour mon bébé?

Est-ce que c’est dangereux pour ma conjointe?

J’avais beaucoup, beaucoup d’interrogations qu’on a levées au fur et à mesure.

Et puis, en fait, il y a eu un moment un petit peu fatidique où on avait quand même la possibilité d’avoir un suivi avec une gynécologue.

Et on s’est inscrits dans toutes les maisons de naissance sur l’île de Montréal. Et très rapidement, on n’était pas préparé à ça. On pensait que ça allait prendre beaucoup plus de temps, mais très rapidement, la maison de naissance de Côte des Neiges nous a rappelé.

Au téléphone, on leur a dit: “on n’en a pas vraiment discuté, on n’a pas pris la décision finale? Est-ce qu’on peut avoir un petit délai?”

Ils nous ont répondu: d’ici à ce soir. Donc là, on a dû vraiment choisir de manière express.

Emmanuelle

La réflexion a été la partie la plus stressante pour moi de la grossesse. Comme on a mis un an et demi avant que cette grossesse arrive, je ne m’étais pas du tout projetée dans ce que j’allais vouloir comme accompagnement.

J’attendais de tomber enceinte. Pour ne pas avoir de déception, je ne m’étais pas projetée dans la suite. Donc quand tu tombes enceinte, et puis là tout de suite, il faut que tu prennes la décision de où tu veux faire ton suivi, avec qui. Et effectivement, nous on a une culture de gynécologue, maternité, hôpital, péridurale, etc.

Et je pense que j’ai eu la chance d’avoir eu une amie qui m’a raconté ses accouchements en maison de naissance, puis qui m’a expliqué l’intérêt de faire ça sans péridurale, l’intérêt d’un accouchement physiologique. Ça a a éveillé ma curiosité.

Je pense que moi j’aime bien toujours voir les chemins alternatifs. Quand il a fallu prendre la décision, ça a été stressant. On a appelé plein de monde, On a demandé plein d’avis, de témoignages, de gens qui connaissaient ça.

Puis finalement, je pense qu’il nous a décidé, c’est qu’on avait toujours l’opportunité, avec une sage-femme, d’accoucher à l’hôpital. Et qu’on était mieux de se lancer en maison de naissance, puis potentiellement prendre une décision plus tard plutôt que d’abandonner ce choix-là sur lequel on n’aurait pas pu retourner. 

Donc je pense que c’est ça qui a fini de nous décider. On a été hyper chanceux parce qu’on a été rappelé vraiment très très tôt dans notre suivi donc il ne fallait pas passer à côté.

Mais une fois le moment où on a pris finalement la décision, ça a été bon, mais la réflexion du début, ça a vraiment été stressant. Donc, je dirais, il faut quand même y penser un petit peu avant pour éviter ce petit stress de début où la décision doit se prendre vite.

Manuel

Puis la belle préparation qu’on a eue, elle s’est faite d’abord par Emma dans sa recherche d’accouchement physiologique.

Moi j’étais un petit peu détaché de ça. J’ai toujours été impliqué dans la grossesse, mais au début, je n’étais pas tant impliqué que ça. C’est vraiment elle qui m’a amené à m’ouvrir à l’accouchement physiologique.

Et au final, c’est quand on a décidé de faire de l’haptonimie et qu’on a découvert la formation au OPALEO.

Et en fait, je pense que Emma était quand même très bien informée. Tout ça, elle avait lu beaucoup de livres et tout ça. Moi, pas tant.

Et la formation au OPALEO m’a beaucoup aidé, moi, à comprendre c’était quoi l’accouchement et c’était quoi le rôle clé que je pouvais avoir là dedans.

Parce que tu vois, quand je disais que l’accouchement, la visualisation que j’avais, c’était quelque chose où j’étais comme une plante verte qui était là à côté de mon épouse.

Ben non, je me suis rendu compte que j’avais vraiment un rôle à jouer, qui était hyper important. Et ce qui est le fun, c’est que ça s’est passé comme ça.

Et j’ai eu des clés grâce à la formation. Et donc, on est arrivé au final en fin de grossesse. On était extrêmement préparé. Il y avait zéro stress parce que ça pouvait arriver à n’importe quel moment. 

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que c’était la même chose pour toi? Aucun doute sur ta capacité à donner naissance?

Emmanuelle

Si, absolument, absolument. Tu as beau être ultra préparée, c’est de l’inconnu. Parce que forcément, tu ne l’as jamais vécu, donc t’as beau faire une projection hyper positive sur la manière dont tu as envie de le vivre, tu ne sais pas ce que tu vas ressentir. Puis à chaque fois tu entends les discours. On a fait un petit voyage en France au milieu de la grossesse où même si j’avais vraiment essayé de me protéger avec tout ça, tu as quand même un petit peu de discussion sur les expériences des autres.

Forcément, cette douleur des contractions, tu te dis bon, même si moi j’ai l’impression que je suis ultra préparée, que j’ai tout plein d’outils, comment je vais le gérer et comment ça va se passer le jour J

Donc oui, la peur de… Tu sais pas comment ça se passe, puis en même temps il y a tellement d’aléas dans l’accouchement, même si finalement ça se passe comme tu l’imaginais. À tout moment, il peut se passer des choses différentes. Donc, ouais, si, si, des doutes.

Puis le dernier mois, c’était une latence en pièces détachées. En pièces détachées. Et ça, ça a été difficile. On s’est vu quelques jours avant l’accouchement, je pleurais dans tes bras. Et oui, ça, ça a été difficile parce que tous les jours, on avait l’impression que ça allait arriver, puis finalement ça n’arrivait pas. Et la pression de l’hôpital se rapprochait. Donc, ça, c’était vraiment hors de question, considérant que tout allait très bien. Voilà, je ne voulais pas finalement, après avoir fait tout ça, terminer à accoucher à l’hôpital. Ça allait vraiment à l’encontre de tout ce que j’avais, j’avais pu recueillir comme informations. Ça n’allait pas dans le sens de ce que je voulais vivre comme expérience.

Donc oui, oui, oui, forcément des doutes. Je pense que tous les jours, les derniers jours, j’écoutais des affirmations positives: “je me sens prête, tout va bien se passer.”

Donc je pense que je les écoutais tous les jours pour me remettre au calme et sereine avec tout ça. Puis finalement, quand ça s’est lancé, j’ai plus aucun doute, j’ai plus une seconde de doute, mais jusqu’au dernier jour, ouais, ouais, ouais, ça venait, ça allait.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, il y a quelques minutes, vous nous avez dit « ok, nous, ce qu’on prévoyait, c’était un accouchement à l’hôpital avec sage-femme.

Emmanuelle

Ah non, ça, ça a été ce qui nous a fait prendre la décision d’aller à la maison de naissance.

Emmanuelle

Mais très rapidement, très rapidement, c’était non, non, on fait ça à la maison de naissance. Puis la maison de naissance de Côte-des-Neiges, elle est quand même extraordinaire. C’est un vieux presbytère. La maison est très, très belle. Donc oui, c’était sûr qu’après avoir fait un tour à l’hôpital, puis à la maison de naissance, en une seconde, ça a été terminé. 

Annie, ta Doula Ostéo

Ce changement-là, il y a eu lieu très rapidement pendant la grossesse?

Emmanuelle

Oui, au premier rendez-vous à la maison de naissance à 10 semaines.

Et puis finalement, j’ai rapidement compris qu’être à l’hôpital, c’est comme tu as la petite carotte. Tu sais que tu as la péridurale au bout du doigt. Donc non, très rapidement, on a décidé qu’on faisait ça à la maison de naissance avec les sages-femmes.

Annie, ta Doula Ostéo

Et toi, Manu, comment ça s’est passé pour toi? J’imagine que tu devais courir derrière Emmanuel, parce que son évolution en lien avec le choix du lieu de naissance est vraiment faite à très très grande vitesse.

Manuel

Mon rôle c’était de l’accompagner là-dedans. Comme moi je suis une aide à l’accouchement mais techniquement c’est pas moi qui accouche.

Donc oui j’ai mon mot à dire, mais pas tant non plus. Et c’était surtout très cohérent, tout le cheminement qu’a fait Emma, c’était vraiment extrêmement beau de l’avoir tout au long de la grossesse, aller vers cet accouchement physiologique, et surtout prendre conscience de ce que son corps était capable et de prendre confiance en elle là-dessus.

Et moi en fait j’avais juste à la pousser là-dedans, à l’accompagner, surtout pas bloquer ça au contraire, parce que ça me parlait aussi, donc j’allais pas la bloquer.

Et après, ben là on est au passage où, comme on veut accoucher à la maison de naissance, mais ça, ça a encore évolué après au fur et à mesure de la grossesse où Emma souhaiter accoucher à la maison.

Et là, moi, j’avais encore, tu vois, d’autres blocages. J’étais comme OK, mais maison de naissance, c’est pas l’hôpital. Fait qu’il y a des blocages. Et là, tu me dis à la maison, mais c’est encore pire. On est vraiment loin là. Et en fait, c’est un reportage… Le truc qui m’a débloqué un petit peu, c’est un reportage que je conseille à tous qui est sur le site de Radio-Canada, qui s’appelle Sages et Rebelles. C’est un très beau reportage sur les sages-femmes du Québec. En fait, il y a une phrase qu’une des personnes dit dedans, c’est que si t’es à l’hôpital et qu’il y a quelque chose qui se passe mal, ils mettent 30 minutes à préparer le bloc. Et si toi tu es à moins de 30 minutes de l’hôpital, si tu es chez toi, dans tous les cas ils mettront 30 minutes à préparer le blog. Il n’y a pas de problème à accoucher à la maison.

Ça m’a débloqué la dernière crainte que j’avais. On était au quatrième ou cinquième mois. Assez vite, j’ai eu zéro crainte. Je la voyais aller, c’était très beau, elle était super sereine, elle se renseignait tellement qu’elle pouvait pas ne pas être préparée. C’est là aussi où moi ça m’a donné envie de me préparer.

Emmanuelle

En cours de grossesse déjà, on avait pris la décision d’accoucher à la maison. Donc ça finalement, la sage-femme l’avait validée, elle était venue nous visiter. Moi, mon plan, on m’a suggéré en milieu de grossesse: “est-ce que tu veux accoucher dans l’eau?” Ça m’a semblé une évidence.

Finalement, je me suis mise là-dessus. Je me souviens, j’ai regardé toutes tes vidéos sur les accouchements dans l’eau. Puis dès que je pouvais, je regardais des vidéos d’accouchement dans l’eau. Et j’étais là: “mon Dieu, ça a l’air tellement extraordinaire”. C’est vraiment comme ça que je veux le vivre. Puis à la maison de naissance, il n’y a qu’une seule chambre qui offre la possibilité de faire ça dans l’eau, dans la baignoire.

On a loué une piscine de naissance pour être sûr de pouvoir faire ça dans l’eau. Puis finalement, l’argument aussi, c’était, j’aurais pas à me déplacer, j’aurais pas à gérer des contractions dans l’auto. On est déjà sur place, on ne quittera jamais notre bulle, on est dans nos affaires. Ça avait vraiment pris du sens de faire ça à la maison.

Annie, ta Doula Ostéo

Donc là, on arrive en fin de grossesse. Vous avez un test à passer aux alentours de 41 semaines. 

Emmanuelle

Effectivement, on arrive à la fameuse 41 semaines. Donc, on a dépassé d’une semaine le terme au Québec. Donc, on doit aller faire une surveillance à l’hôpital. Déjà, on avait fait toutes les stratégies pour faire maturer le col. On avait bien étudié ta vidéo. 

Manuel

Je peux te dire que je pesais scrupuleusement les 70 grammes de dattes tous les soirs.

Emmanuelle

J’avais mon bol de dattes qui arrivait avec ma tisane de framboisier.

Manuel

C’était un peu notre petit rituel.

Emmanuelle

Ouais absolument. Puis c’est ça, la sage-femme m’avait déjà donné les capsules d’huile d’onagre. Ça faisait une dizaine de jours que je le faisais. Elle avait commencé à me proposer de faire des strippings pour commencer à avancer tout ça.

Donc on arrive à 41 semaines, on est obligé d’aller à l’hôpital. Chaque journée, j’espérais accoucher pour ne pas me rendre là. Donc ça a été un grand travail de lâcher prise sur les derniers jours de la dernière semaine, je dirais. Puis là, je pense que les hormones en plus commençaient à rentrer, donc je pleurais peut-être un jour sur deux. Et finalement, je me suis dit, va à l’hôpital. En plus, on allait avoir une échographie, donc on allait pouvoir s’assurer que tout allait bien.

J’ai finalement pris ce rendez-vous là comme un… Finalement, on va aller s’assurer que tout va bien. En plus, si tout va bien, ils te laissent quelques jours de plus. Donc on avait fini par le prendre avec beaucoup plus de légèreté que ce que c’était au début. On a passé les tests, puis on a même eu de la chance, ils nous ont donné cinq jours de plus, je crois, quand on a fait le rendez-vous à l’hôpital. Ça avait enlevé une pression. Puis il l’avait estimée à un poids beaucoup plus élevé que ce qu’elle a été au final.

Donc non, on est sortis de l’hôpital sereins, finalement, parce que le cœur allait bien, tout s’était bien passé à l’échographie. Donc on repartait avec ces cinq jours de plus. La sage-femme nous avait dit venez à la maison de naissance tout de suite en sortant. Puis on savait que si jamais ils avaient voulu induire tout de suite, elle avait dit vous n’êtes pas obligés. Là vous pouvez leur dire non c’est bon on retourne à la maison de naissance on a des stratégies à mettre en place avec la sage-femme donc on savait qu’on n’était pas obligé de rester. Là on retourne à la maison de naissance on fait un deuxième stripping et j’étais dilatée à trois. Wow.

Annie, ta Doula Ostéo

Merci Manu et ton plateau de dattes.

Manuel

Et à ma tisane de framboisier.

Emmanuelle

Et le mois de contraction en pièces détachées.

Annie, ta Doula Ostéo

Tout le monde est tellement désespéré. Les femmes qui ont des contractions, une latence en pièces détachées et pourtant c’est extraordinaire, c’est de l’or en barre.

Emmanuelle

Vraiment et en plus, on a re-regardé la vidéo sur la latence pour être sûre de comprendre est-ce qu’on est vraiment là-dedans. Puis là tu sais, tu disais genre c’est le meilleur scénario. Fait qu’on était là, ok c’est bon, c’est le meilleur scénario. Il faut juste être patient. Fait que c’est ça, on est rendu là le vendredi.

Manuel

À la 41 piles.

Emmanuelle

C’est ça. Donc deuxième stripping, dilaté à 3. Je vais plus dire de bêtises, mais je pense effacé à 60%.

Manuel

Ouais, c’est à peu près ça.

Emmanuelle

Ouais. C’était beau, là, tu sais, on est ressortis de là en mode, ok, c’est vraiment beau, il y a un beau travail de fait, c’est ça, serein. La sage-femme nous avait dit, bon on s’arrête pas là, si le lendemain, le samedi, si le travail n’a toujours pas commencé, si vous voulez, venez à la maison de naissance et on va faire du tire-lait pour libérer l’ocytocine naturellement.

Elle nous dit prenez quand même vos affaires parce qu’on n’oublie pas que normalement le projet c’était d’accoucher à la maison. 

Donc elle nous dit prenez quand même vos affaires si jamais c’est ça, Le travail part un petit peu plus vite, peut-être que vous n’allez pas vouloir rentrer à la maison.

Finalement, dans la nuit, je sens que les petites contractions redémarrent, mais un petit peu comme d’habitude. Deux ou trois heures de contraction quasiment pas douloureuse, puis ça s’arrêtait et pendant plusieurs jours, il n’y avait plus rien.

Le samedi matin, grosse marche, on va marcher une heure et demie. On a eu la sage-femme au téléphone qui nous avait dit «bon, allez marcher, puis venez quand même tout à l’heure.» Puis pas plus d’évolution.

Grosse marche, on mange quand même, on prend le temps de manger. Puis finalement… 

Manuel

Tu prends le temps de faire une sieste.

Emmanuelle

On savait que cinq jours après, il fallait retourner à l’hôpital. On n’avait qu’une semaine de marge qui nous restait. On va à la maison de naissance. On prend nos sacs quand même, on prend nos petites affaires et on s’en va.

Manuel

On prend nos sacs en se disant j’y avais pas pensé, mais peut-être éventuellement, ça servira.

Emmanuelle

Oui, nous, on part avec les sacs. Je pense que Manu est quand même pas dans mon corps. Moi je me rendais compte quand même que les contractions étaient un petit peu plus.

Manuel

Moi je n’ai rien compris.

Emmanuelle

C’était un petit peu plus que d’habitude. En partant, je me suis dit que c’est probable que ça démarre. Je me suis dit que c’est pas grave, on y va quand même. On s’en va, on s’en va avec nos sacs. 

On arrive à la maison de naissance à 14h40, quelque chose comme ça. Finalement, notre sage-femme était partie en vacances la veille, en plein milieu de l’été forcément. On tombe sur une sage-femme qu’on avait rencontrée genre quelques heures juste la veille il me semble parce que la remplaçante était finalement partie en vacances, donc c’était la remplaçante de la remplaçante. Elle était adorable. Donc forcément, sage-femme, maison de naissance, on prend quand même le temps de discuter, on lui raconte notre histoire, Elle nous raconte la sienne. On était tout seul à la maison de naissance parce qu’on était un samedi. Aucun rendez-vous, personne d’autre qui accouchait. Les travaux sur le boulevard étaient arrêtés parce que c’était samedi. Donc on était super au calme. On commence notre petite session de tire-lait. Elle m’explique comment ça fonctionne. 5 minutes d’un côté, 5 minutes de l’autre. Puis en 5 minutes, je descends les escaliers, je les monte. Et ça a été efficace.

Manuel

Ça tu l’as fait, t’as fait trois tours comme ça, donc 45 minutes à peu près. Et on vient au quatrième tour, puis là elle fait un sein. Puis là ça a commencé, elle a fait, je ne le ferai pas.

Emmanuelle

En plus, je te dirais, entre chaque entre chaque sein, les contractions augmentaient. On sentait que l’intensité commençait à monter. Je pense que j’avais plus trop de doutes sur le fait que le travail s’était lancé.

Au bout des 45 minutes, la sage-femme nous dit bon, qu’est-ce que vous décidez Si vous voulez rentrer à la maison, c’est maintenant. 

Là, hors de question. Surtout que je dis à Manu, si j’ai décidé d’accoucher à la maison, c’est pour ne pas avoir à gérer des contractions dans l’auto. On n’habite pas à côté de la maison de naissance, fait que là, hors de question de repartir en sens inverse. Et que non, très rapidement, de toute façon, on a toutes nos affaires.

La sage-femme disponible, la chambre avec la baignoire est disponible. C’était quand même ça, moi, genre que je gardais en tête. C’était hyper calme. Il n’y avait pas de travaux. Il n’y a pas besoin de réfléchir plus. On reste là. On remplissait tous les critères. Une chance que j’ai pris cette décision-là.

Manuel

Et puis, c’était drôle parce que quand je disais que moi, je n’étais pas certain qu’il fallait ramener les sacs au début, je me rappelle que j’ai regardé Emma et j’ai dit:”c’est maintenant? Mais j’avais pas prévu d’être papa aujourd’hui!”

Comme dans ma tête c’était encore dans quelques jours que ça allait arriver. C’était très drôle. C’était comme OK, go, on est prêt de toute façon. C’était très drôle parce que ça m’a comme frappé. Ah OK, c’est là. Cool.

Emmanuelle

La sage-femme nous installe dans la chambre océan. Et ça a démarré direct. Elle m’a proposé d’aller regarder, voir ce qu’on était rendu en termes de dilatation.

Pour la timeline, il est genre 4h30. Je suis dilatée à 4. Donc on a une progression depuis la veille. Je suis partie tellement intensément dans les contractions. Au début on a essayé le ballon, on s’était pratiqués dans plein plein plein de positions différentes. J’essaye le banc de naissance et en fait j’avais la nausée. C’était tellement intense que garder mon corps debout, c’était plus gérable.

Très rapidement, je vais m’allonger sur le lit, sur le côté, je m’enfonce les écouteurs dans les oreilles, je démarre. J’avais tout un tas de playlists différentes en fonction de l’envie que j’allais avoir. Puis j’ai lancé quelque chose de super méditatif et je suis rentrée dans ma bulle. J’ai fermé les yeux à ce moment-là, je les ai rouverts quand elle est née.

Annie, ta Doula Ostéo

Tu es restée couchée sur le côté exactement dans la même position tout ce temps-là?

Emmanuelle

Deux heures je pense, les deux premières heures j’ai été couchée sur le côté. On met la musique dans les oreilles, ils ont très rapidement fait tout le setup. Ils ont baissé les rideaux, donc on a été tout de suite rapidement dans la pénombre. J’étais branchée à rien du tout, parce que c’est ça, c’est pas la pratique.

J’étais négative au streptocoque B, donc pas besoin d’avoir de soluté. À part le premier toucher qu’elle est venue faire au tout début pour voir où j’en étais, on me tendait à boire, on me proposait à manger et c’est ça.

Je me suis embarquée dans mes très intenses contractions. Moi, je n’ai pas du tout calculé, mais j’avais vraiment l’impression que j’avais peu de répit entre les contractions. Donc, je pense que le travail s’est fait vraiment très intensément sur ces deux heures-là. 

J’ai passé toutes mes contractions avec Manu. Je pense que lui, lui, il va pouvoir dire qu’elles étaient très rapprochées, parce que je crois qu’il a eu très, très, très peu de répit dans tout ça.

Manuel 

En fait, moi, je voulais les chronométrés au départ. Et puis, en fait, je me suis rendu compte que ça ne servait pas à grand chose. Il y avait trop de trucs qui se passaient. Ce qui était cool, moi j’avais mon petit playbook avec toutes les affaires, les points de pression. 

J’avais ramené la glacière, il y avait de l’eau, il y avait du jus, il y avait plein d’affaires éventuellement, si elle voulait manger aussi. 

Moi j’ai fait mon “setup”, j’étais comme, ok, entre les contractions, je vais pouvoir lui proposer les trucs. Après, elle veut, elle veut pas.

Et ça, on s’était mis un peu d’accord dès le début, qu’elle soit très directe, justement, qu’elle reste dans sa bulle. Comme, je veux, je veux pas, même elle me fait un geste de la main, peu importe. 

Moi je suis juste là, je suis assistant, je suis porteur d’eau.

Emmanuelle

On s’était mis d’accord, genre on essaye de donner des mots, des mots clés pour pas avoir à faire de phrases. On s’était dit: il faut qu’on fasse attention à notre communication pour qu’on se comprenne.

On s’était pratiqué avant. Comment j’allais faire en sorte que la transmission du message soit clair et comment lui, il allait bien le réceptionner.

Manuel

J’avais pas lui dire est ce que tu veux de l’eau, est ce que tu veux du jus? C’est comme du jus?

Oui, non, si elle le prend, tant mieux. Si elle le prend pas, je vais chercher l’eau si j’ai le temps.

Emmanuelle

Mais c’est ça, je pense que même on avait dit prendre des initiatives. Au pire, si c’est pas ça que je veux, je te dirais plus que je le veux pas, plutôt que de me donner des choix.

Manuel

On était quand même bien préparés là-dessus. Ce qui a beaucoup aidé aussi, c’était le coussin chauffant, le coussin électrique. Ça, ça t’a beaucoup aidé dans le bas du dos.

En pratiquant les différents points de pression, les différents massages. À un moment, elle était allongée sur le côté, puis la jambe qui n’est pas sur le lit, elle avait besoin pendant les contractions de la relever fort. J’étais son assistant pour ça.

On faisait toujours des sons graves tout le temps, tout le temps. Donc j’essayais de me synchroniser avec elle pour que ça se chevauche, que je l’accompagne là-dessus. On s’était beaucoup entraîné là-dessus, puis on n’était vraiment pas gêné de le faire devant n’importe qui. Donc dès que je sentais que ça montait, son grave, j’essayais de me décaler par rapport à son souffle à elle pour que ça continue. Et puis, on accompagne comme on peut dans ce cas-là. C’était intense.

Emmanuelle

Mais c’est ça, le coup de la jambe, on se l’est dit après, je ne sais pas d’où ça sort, j’avais vraiment besoin que cette jambe là soit en l’air, puis qu’il me la maintienne, que je n’ai plus besoin de la tenir. 

Puis il me faisait des super méga points de pression dans le dos. Mes contractions étaient assez douloureuses, bas du ventre et bas du dos. C’était quand même pas mal les deux.

Et je passais aucune contraction sans lui. C’est sûr que j’en aurais passé aucune sans cette jambe qui était maintenue en l’air, puis les pressions qui étaient dans le dos.

C’est drôle parce que dans toutes mes projections, parce que j’avais fait de la méditation, j’avais fait plein, plein de pratiques dans ma préparation. Je m’étais imaginé que j’allais pouvoir me projeter dans mon lieu paisible. Et en fait, jamais, j’ai jamais réussi à faire ça parce que ça me demandait trop de réflexion intellectuelle. 

Finalement ce qui m’a le plus aidée dans toute cette période là, ça a été la respiration. Je m’étais pratiquée sur des respirations pour gérer les contractions. Et finalement j’ai visualisé quasiment tout le long un ballon qui se gonflait, qui se dégonflait. Puis de respirer pendant la contraction, je pense que c’était vraiment ça qui m’aidait à passer au travers, de ne pas bloquer. J’ai été vraiment concentrée là-dessus, avec la musique à fond dans les oreilles. Ça, ça m’a vraiment aidée à me mettre dans ma bulle. Vraiment, vraiment, vraiment.

Puis c’est drôle parce que quand on a débriefé avec la sage-femme après, sur l’accouchement, elle me demandait comment moi je m’étais sentie pendant cette période-là. Je lui ai dit qu’il y a eu un moment où la douleur était trop intense.

Comme on disait l’autre jour, si j’avais eu un bouton pour appuyer dessus et arrêter, je l’aurais fait. J’avais envie, je me souviens à un moment donné m’être dit ok j’ai juste envie que ça s’arrête, j’ai envie de sortir de mon corps et de m’en aller. Dix secondes après tu rassembles ce qu’il te reste de réflexion. Et puis ben non, tu es là, tu vas avoir un bébé au bout et tu continues.

Mais par contre, la péridurale, jamais. Jamais, jamais. Ne serait-ce que parce que c’était hors de question de gérer quelqu’un qui allait m’enfoncer une aiguille dans le dos sans bouger. Non, non, non, non.

Annie, ta Doula Ostéo

Mais puis il aurait fallu que tu te transfères aussi. Il aurait fallu que tu embarques dans l’auto, partir à l’hôpital.

Emmanuelle

Mais même si ça avait été derrière moi, je ne l’aurais jamais pris.

Ça n’a jamais été une option. Jamais, jamais, jamais. Après, on ne l’a pas encore dit, mais ça s’est fait tellement rapidement que ça n’a aucun sens de prendre la péridurale.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que Manu, tu t’en es rendu compte, les fois où elle a un peu perdu pied, puis il y a eu des moments où ça a été plus difficile pour elle, qu’elle aurait voulu peser sur le stop, je veux que ça s’arrête. Est-ce que tu l’as vu ça?

Manuel

Non, vraiment pas. Emma c’est une personne extrêmement forte dans sa volonté, là. Puis je savais que sa volonté, c’était pas de se rendre là. Elle s’était préparée pour ça, puis elle était capable, puis moi je lui faisais 300% de confiance.

Moi je l’ai pas vu, j’ai pas senti ça. Je sentais qu’il y avait du travail qui était actif là. Mais je la sentais en pleine possession de ses moyens.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que toi, dans les moments les plus intenses, est-ce qu’il y a des moments donnés où t’avais par exemple envie de pleurer ou que tu t’es senti en difficulté de la voir traverser ce moment-là?

Manuel

Non, pas vraiment. C’était dur, c’est sûr. C’est pas facile de voir la personne qu’on aime, tu sais, souffrir dans un sens. Mais on savait pourquoi est-ce qu’il y avait ça qui se passait.

Forcément le corps travaille pour pouvoir laisser la possibilité à l’enfant de sortir. Donc c’était pas évident, mais ça ne m’a pas donné envie de pleurer particulièrement. C’était comme une sorte de nécessaire pour que l’accouchement se passe. J’avais confiance en elle.

Emmanuelle

En fait, c’est là que la sage-femme et Manu, je ne sais pas à quel moment ils se sont dit ça, mais ils se sont dit: “tiens, si on la mettait dans la baignoire”. Fait que timing parfait. Je pense que moi, ça a commencé à me faire… Bon, je pense que j’aurais le goût de changer de position sans que tu réalises vraiment que c’est ça que tu as envie. Mais au moment où on m’a dit, viens, on va aller dans la baignoire, timing parfait.

C’était à peu près au bout de deux heures, ils m’ont mis dans la baignoire et là ça a été genre extraordinaire d’aller plonger le corps dans l’eau chaude puis allonger dans la baignoire et je laissais un petit peu mon corps porté dans l’eau. Ça, ça m’a fait vraiment du bien de ne plus avoir à gérer mon corps, il n’y a plus d’histoire de jambes, de quoi que ce soit, le corps flotter à moitié dans l’eau. Et ça, ça m’a fait vraiment du bien.

Et en fait, là, très rapidement arrivée dans l’eau, j’ai commencé à sentir le réflexe de pousser. Et moi, je n’ai aucune idée de l’heure, mais quand même, à un moment donné, ça m’a fait un petit… J’ai l’impression que ça ne fait pas si longtemps que ça, qu’on a démarré. Puis j’entends ma sage-femme qui se rapproche de moi et qui me dit, t’as envie de pousser là, non Si tu veux, on va refaire un petit examen pour voir où on est rendu. Je pense qu’elle ne me dit pas, mais elle nous l’a dit après, j’étais dilatée à 9. Donc là, en deux heures, j’étais passée de 4 à 9.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est très rapide pour un premier bébé.

Emmanuelle

Oui, vraiment. Donc c’est là qu’on comprend pourquoi les deux ans ont été aussi intenses. Et je pense que finalement, même si on essaye de couper son cerveau intelligent, il y a quand même des choses qui reviennent. Mais j’ai repensé, quand j’ai commencé à sentir cette poussée, là, réflexe, J’ai repensé à la vidéo que tu nous avais fait regarder où on voit cette femme qui a la poussée réflexe dans son auto là.

Je me souviens quand j’avais vu la vidéo, j’étais là, c’était la première fois, je pense, avec cette vidéo-là que je voyais quelque chose qui ressemblait vraiment à ce que j’ai vécu. Toutes les vidéos de femmes que je voyais accoucher dans l’eau, c’était vraiment hyper doux, hyper contrôlé. Puis j’avais jamais vraiment vu de poussée réflexe. Et je me souviens que quand j’avais vu cette vidéo là, j’étais là « ça a quand même l’air d’être intense Et là, j’ai tout de suite ressenti cette intensité-là. Fait que là, je me suis dit « ok, on est rendu à la poussée réflexe

Et puis là, c’est extraordinaire parce que finalement, c’est plus la même douleur. Je sais même pas si on pourrait vraiment même appeler ça de la douleur. C’est vraiment plus une espèce d’extrême contraction que tu laisses aller, que j’accompagnais souvent.

Je sentais mon ventre qui avait envie de pousser, qui avait envie de pousser vers l’extérieur. Puis je me suis juste laissée porter là-dedans parce qu’encore une fois, les lumières étaient toujours éteintes. Elles avaient braqué une lumière juste pile sur la baignoire. Donc on était toujours dans la pénombre. J’avais toujours les yeux fermés. Manu n’avait plus accès à mon dos, mais…

Manuel

C’est là où le “playbook vient en jeu dans le feu de l’action. Tu te dis, j’ai peut-être oublié quelque chose. Puis là, je suis allé à ma page des points de pression. Et je me suis rappelé qu’il y a un point de pression sur le pied aussi, j’avais oublié, je faisais que celui sur la main.

Là j’en faisais un sur la main, un sur le pied, je faisais les sons graves, je faisais tout ce que je pouvais finalement, entre deux contractions, j’allais chercher l’eau, j’allais boire du jus, peu importe. 

Moi je l’accompagnais comme je pouvais encore une fois là. Et dans tous les cas, j’étais là tout le temps, tout le temps. Puis je sentais que ça lui faisait du bien. Dans ses poussées réflexes, forcément ses sons augmentaient en volume, moi aussi j’augmentais les miens. Histoire qu’elle ne se sente pas toute seule là-dedans.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que toi t’entendais la poussée réflexe?

Emmanuelle

Ah non mais je hurlais!

Manuel

Parce qu’à ce moment-là, il y a la deuxième sage-femme qui est arrivée. Puis je vais passer mon téléphone pour qu’elle puisse prendre des photos. Et là, Emma a pu se rendre compte après l’accouchement. Mais peut-être qu’on voit tous ces muscles sur son ventre qui sont extrêmement contractés, comme si elle avait fait des abdos trois ans de suite. Puis ça se voyait et puis ça s’entendait. Le son n’était pas le même. Ce n’était pas la même chose.

Emmanuelle

On était dans quelque chose de beaucoup plus animal. Je m’entendais, je m’entendais vraiment. Genre c’était des rugissements.

Puis je me suis vraiment laissée complètement emportée là-dedans. J’essayais en même temps d’observer les sensations que ça me faisait, j’ai rapidement senti passer dans le bassin.

Puis je me souviens que la sage-femme m’a dit… Elle a dû me réexaminer à un moment donné, c’est plus très clair. Puis elle me dit, « Va sentir, on commence à sentir la tête. »

Puis Je me souviens, j’ai rentré une phalange, puis je commençais à sentir la tête qui était là. Avec là, t’es là, wow, ok, c’est incroyable, on en est déjà rendu là.

Ça te regonfle, t’es reparti avec une grosse, grosse dose de motivation. Puis c’était à ce moment là, j’aurais pu braver n’importe quoi. T’es reparti avec une énorme, une énorme dose. Tu vas avoir un bébé bientôt. Ça arrive, ça arrive.

Manuel

Moi, je me rappelle, quelques jours avant, on avait regardé à nouveau les vidéos des différentes étapes. C’est quoi qui va se passer comme sensation? C’est quoi les signes? Parce qu’elle, elle connaît son corps, elle sent son corps.

Moi, je ne le sens pas. Il faut que je sois à l’affût des autres signes. Il y avait une des choses qui était vraiment facilement remarquable, c’est le moment où elle va avoir envie de faire caca. Et là, tu te dis, visuellement, j’étais comme, ok, la tête est à cet endroit-là. Ça me permet aussi de juger à quel moment on est. Puis ça, tu l’as eu aussi assez vite. Moi, ça m’a permis, parce que dès le début que ça a commencé à travailler, moi, j’ai enlevé ma montre, j’ai enlevé mon cellulaire. Je voulais pas non plus savoir le temps, l’heure. Je voulais absolument rien savoir non plus. Je savais pas au bout de combien de temps on en était, et puis où ça en était le travail. Donc là, ça donnait un bon indicateur.

Emmanuelle

Mais c’est ça, quand moi, j’ai senti cette étape là, j’étais là, OK, on est déjà rendu là. Ça veut dire que la tête est arrivée en bas. Fait que là, maintenant, elle va pouvoir faire sa rotation.

Je te l’ai dit, j’ai tellement pensé à toi quand j’accompagnais mes poussées, quand j’ai senti qu’on était rendu à ce moment-là, je me suis dit là ok, maintenant j’accompagne ma poussée vers le haut parce que là maintenant il faut plus pousser vers le bas mais il faut la faire sortir vers le haut la tête. Puis vraiment je visualisais ce mouvement-là quand j’accompagnais mes poussées. Vraiment, vraiment, je visualisais le bébé. Je lui parlais à l’intérieur pour l’accompagner. Je pense que ça, je me souviens l’avoir fait vraiment tout au long de ces trois heures. Deux heures cinquante. Je me souviens, c’est ça, intérieurement, lui avoir parlé. Je ne sais pas si je l’ai fait extérieurement, mais en tout cas de l’avoir accompagné en lui disant que c’était bien, qu’elle faisait un beau travail et que c’était le bon chemin. Vraiment, ouais ouais. Puis c’est ça, je me souviens d’avoir visualisé ce mouvement de courbe-là pour la faire sortir.

Annie, ta Doula Ostéo

Tantôt, tu as mentionné que tu étais à 9 cm et là on est rendu dans la descente. Dans la majorité des accouchements, quand la mère est à 9 cm et qu’elle a envie de pousser, toute l’équipe la décourage de le faire. « Pousse pas, pousse pas, pousse pas! » Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu ça. Est-ce qu’il y a eu ce genre de directive-là de la part de ta sage-femme?

Emmanuelle

Absolument pas. Absolument pas. Dans notre suivi, nous l’avait dit. Elle nous avait dit « vous allez voir, probablement que, en fait, je vais juste vous regarder. Fait que Si vous aviez à me payer, vous trouveriez que finalement, c’était de l’argent mal dépensé parce que je ne vais pas faire grand chose. Et ça a vraiment été ça.

Elle a juste pris les bonnes décisions au moment où il a fallu. Puis il n’y a jamais, jamais, jamais, jamais eu aucune directive sur rien du tout. Ça a juste été de la constatation.

Puis elle, elle s’est préparée. Elle est allée appeler parce qu’il lui faut une deuxième sage-femme au moment où on est rentré dans la poussée. Donc elle est vite allée appeler la deuxième sage-femme et l’aide natale. Elle a préparé tout son matériel pour accueillir le bébé. Et puis ils ont sûrement discuté avec Manu de choses que finalement, jamais, jamais, On n’a jamais venu me dire quoi que ce soit. Non mais je pense que si on m’avait demandé de ne pas pousser, ça aurait été impossible de toute façon. Mais puis c’est ça, je pense qu’il faut pas essayer de ne pas pousser. Il faut dire non.

Annie, ta Doula Ostéo

Et à ce moment-là, quand justement tu as touché, est-ce que t’as un souvenir de sensation à l’intérieur de ton vagin à ce moment-là?

Emmanuelle

Ouais, ouais, ouais, là je sentais que j’avais quelque chose à l’intérieur, que ça faisait sa place pour sortir. Je pourrais plus te redire si c’est vraiment à ce moment-là ou pas, mais vraiment, encore une fois, vraiment pas douloureux du tout, mais j’avais vraiment la sensation que le bébé passait au travers et que cela progressait.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, est-ce que vous voyez sa petite tête qui émerge dans le bain ou c’est pas clair avec l’eau?

Emmanuelle

Si si, mais en fait, Manu avait lancé la playlist des sons graves que tu as faites. Puis moi, j’avais ajouté une ou deux chansons à l’intérieur, notamment sa chanson à elle. Parce que tout le long de la grossesse, j’écoutais une chanson. Généralement, c’est notre petit rituel du matin au déjeuner. On écoutait une chanson de Patrick Watson. Puis je l’avais inclue là dedans. Et en fait, je pense que je vais laisser Manu raconter la suite. C’est son moment.

Manuel

Moi, je ne le savais pas qu’il y avait ça dans cette playlist. Et donc, quand on est passé dans le bain, en fait, j’ai lancé la playlist. Et au moment où on voit ses cheveux, il y a sa chanson qui part. Et là, je commence à vraiment avoir de l’émotion.

On voyait sa tête. Ça faisait le couronnement à ce moment-là. Donc je disais reprends-toi, parce que Emma a encore besoin de toi, il y a encore des contractions qui s’en viennent, elle a besoin que tu sois présent.

Là, ça a commencé à monter pour moi, je disais oh mon Dieu, je ne savais pas. Je disais voyons donc, c’est comme si tu es le ciel qui nous apporte un signe sur cette playlist là il y a sa chanson qu’est ce qu’est ce qui se passe pourquoi c’est pas censé faire ça spotify est pas c’est pas censé rajouter dans une playlist une chanson que tu as écouté plein de fois certes mais Spotify est pas censé rajouter ça dans ta playlist.

Fait que là, j’étais tout émotionné, puis je me dis, faut qu’elle naisse là-dessus, comme c’est un signe. Faut que sa chanson soit la chanson qui va l’accueillir, la musique qui va l’accueillir finalement. 

J’ai attendu la fin de la contraction. J’ai couru vers le téléphone d’Emma pour mettre du repeat. Et puis, comme ça, elle est née sur sa chanson. La chanson a peut-être tourné deux, trois fois. Et puis, elle est née sur sa chanson finalement.

Annie, ta Doula Ostéo

Mais là, t’avais vraiment mis cette chanson-là dans la playlist, là où c’est de la magie.

Manuel

Emma l’avait mise, mais je ne le savais pas. Ça m’a surpris, parce que genre, je savais qu’il y avait une playlist de sons graves. Tu sais, je l’avais vue, je savais qu’elle existait, mais je ne savais pas qu’elle l’avait trafiquée.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que tu as un souvenir du cercle de feu?

Emmanuelle

Oui absolument! C’est pas le moment le plus impressionnant je dirais, effectivement, genre c’est vif, mais le fait de le contrôler, comme j’arrivais quand même à accompagner les poussées, surtout quand j’arrivais vers la fin de la contraction. Quand la sensation était trop vive, trop intense, j’arrêtais. J’avais le pouvoir d’arrêter justement la poussée. Et je sentais la tête qui rentrait légèrement. Et donc ça permettait d’arrêter effectivement la douleur qui était trop vive.

La poussée d’après la tête est passée. Elle nous a dit la tête est sortie, fait que là, genre dans le bain tu vas toucher, puis tu sens qu’effectivement la tête est passée, puis la contraction d’après, le corps est sorti.

Je sais que la sage-femme nous a dit qu’elle avait, à priori, ça a l’air d’être normal, mais elle avait le cordon autour du cou. Quand la tête est sortie, elle a défait le cordon, puis elle a accompagné le mouvement du corps dans la contraction d’après pour que ça sorte. Puis ça a tellement été rapide que là elle nous a dit elle est née, ça y est, allez la chercher.

Annie, ta Doula Ostéo

Et qui est allé la chercher?

Emmanuelle

La sage femme je pense. C’est flou je pense qu’elle me l’a donnée.

Manuel

Et puis c’était très très doux du fait que c’est un accouchement dans l’eau. Il n’y a pas eu de bruit de la part d’Elisabeth, comme elle était là, mais même quand on l’a sorti de l’eau, quand on l’a mis contre Emma, il n’y a pas eu de gros pleurs, de gros cris. C’était très doux avec sa musique et pas mal du piano aussi. C’était juste super beau.

Emmanuelle

Moi, c’est ça, je pense, c’est la sage-femme finalement, qui l’a récupéré dans le fond de la baignoire, qui me l’a donné dans les bras. Et on a eu un mini cri juste histoire de nous dire c’est bon j’ai ouvert mes poumons.

Elle nous a regardé avec ses grands yeux. Elle était fixée sur nous. Je me souviens juste de ça. C’est le moment où moi j’ai ré ouvert mes yeux après mes trois heures de bulles, puis j’avais ce petit être avec ses grands yeux qui nous regardait. On s’était préparé des petits rituels de bienvenue où Manu devait me présenter Elisabeth, moi je présentais Elisabeth à Manu. 

Manuel

T’es comme, ben voici ta maman. Puis elle nous disait, voici ton papa. Puis après est venu le moment de couper le cordon: “tu es sortie. Il a cessé de battre. Tu n’en as plus besoin. On va le couper”.

Donc, tu sais, c’était ça. C’était vraiment la façon dont elle est née, la façon dont on l’a accompagnée aussi dans ses premières minutes. C’était… On voulait que ce soit doux aussi, ça l’était, parce qu’on a aussi travaillé pour ça.

Emmanuelle

C’est ça, on a laissé la sage-femme couper le cordon, ça ne nous intéressait pas, Mais par contre, ça a permis à Manu de dire son petit rituel de bienvenue.

Dans mes lectures, j’avais pris conscience du fait de vraiment l’importance de cette naissance, de l’empreinte que ça laisse sur l’enfant. Puis d’expliquer tout le long de la grossesse, on lui parlait beaucoup, on lui expliquait quand on se déplaçait, quand on allait à un rendez-vous, quand on allait voir quelqu’un d’autre. Quand il y allait y avoir une intervention éventuellement aussi.

On avait, on avait noté des petits rituels d’accueil pour faire en sorte qu’elle parte avec. Et puis

Manuel

C’est là où on regarde notre montre finalement. On se dit quelle heure il est? Puis au final, il n’était que 19h22. Pour rappel, on était rentré, on avait mis le pied dans la maison de naissance à 14h40. Donc, c’était effectivement très, très, très rapide.

Emmanuelle

C’est ça, c’est ça. Puis le placenta, tu sais j’avais entendu des histoires de placenta qui mettent des heures à sortir, qui est hyper douloureux. Puis au final Il est sorti tout de suite. C’est ça, la sage-femme m’a vraiment accompagnée là-dedans. Ça a été encore une étape qui est passée en quelques secondes.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que tu étais encore dans la baignoire à ce moment-là?

Emmanuelle

Ouais, j’étais toujours dans la baignoire. J’avais Elisabeth sur moi. C’est ça, vraiment concentré là-dessus. Puis vaguement la sage-femme qui me disait, OK, on va aller doucement pour le placenta, ça s’est fait vraiment aussi en douceur.

Manuel

Tu vois, avec le recul, on voulait à la base accoucher à la maison et en fait on est extrêmement heureux que ça se soit passé à la maison de naissance. De par la rapidité, on n’aurait pas eu le temps de préparer tout le setup à la maison, mais aussi de l’accompagnement pendant puis après l’accouchement, les premières 24 heures.

On est vraiment très heureux de la façon dont ça s’est passé. Et c’est une bonne leçon aussi sur la vie, sur le lâcher prise. Des fois, tu peux prévoir des choses, mais c’est pas forcément comme ça que ça va se passer. Et puis c’est correct.

Emmanuelle

Il n’aurait jamais eu le temps de gonfler la piscine, remplir, gérer l’eau chaude.

Puis une de mes petites fiertés, j’ai pas déchiré. Quand ça a été tout terminé, on m’a sortie de la baignoire, on est retournée s’allonger dans le lit, c’était ok, c’est quoi finalement le résultat Parce que tu sais que tu peux encore partir à l’hôpital en fonction de ce que ça va donner. Et puis en fait, rien. Une fois que tout a été terminé, allongé dans le lit, Elisabeth sur les bras, c’était… Waouh C’était… D’un coup, t’oublies. Je pense que, rendu à ce moment-là, tu as déjà commencé à oublier les douleurs de deux heures auparavant, quand t’avais envie de sortir de ton corps.

Tellement fière de ce qu’on a accompli, d’avoir fait ça vraiment tous les deux. J’aurais jamais fait ça sans Manu. Il a été vraiment très, très, très, très utile. Vraiment, il m’a aidé à passer chacune de ces contractions-là. Puis ça, je m’en souviens, à chaque fois que je sentais qu’il y en avait une qui arrivait, c’était là, ça recommence, ça recommence, ça recommence.

Dès que je sentais qu’il y a une contraction qui revenait, c’était ok, il y a intérêt à ce que Manu soit là à côté parce que je ne vais pas passer au travers.

Annie, ta Doula Ostéo

Si je vous demandais quel est votre super pouvoir que vous avez découvert pendant la grossesse, pendant l’accouchement, post-natal, ce serait quoi?

Emmanuelle

Moi je pense que c’est mon parcours de grossesse et d’accouchement. C’est vraiment la constance et la détermination. C’est d’être restée là-dessus, d’être restée sur mes idées, mes convictions, même s’il y a eu des doutes, des petites inquiétudes, des questionnements, c’est d’être restée finalement sur… C’était un peu comme un rêve, que j’ai vraiment le rêve de le vivre comme ça. Ça s’est pas exactement passé comme je l’avais imaginé, mais ça s’est merveilleusement passé. Et que c’est vraiment… Je suis super fière en fait d’être restée sur cette détermination et d’avoir poursuivi dans cette voie là. Je pense que le postnatal j’attends encore les super pouvoirs.

Annie, ta Doula Ostéo

Parce que tu trouves ça difficile?

Emmanuelle

Finalement si je devais comparer, diviser les périodes en trois, Je pense que le post natal c’est le plus exigeant pour moi. 

Absolument. Mais parce qu’en fait je m’étais tellement concentrée sur l’accouchement, que encore une fois, c’est comme la fois où j’attendais d’être enceinte, j’avais rien prévu pour le après. Là c’était pareil, Ça me demandait trop de réflexion et de préparation sur le après. Donc je m’étais vraiment super concentrée sur l’accouchement. Fait que tout le après c’était pareil. Tu repars à nouveau dans tout un tas d’inconnus. C’est ça qu’on se disait, c’est que tu dois maintenir un enfant en vie en même temps que tu apprends à le faire.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est vrai. Si c’était à refaire, comment tu ferais pour être plus prête pour le postnatal?

Emmanuelle

Je ne suis pas sûre qu’il y aurait vraiment beaucoup plus de préparation tant que tu ne le vis pas. Parce que l’allaitement, même si on s’y était quand même bien préparé, finalement, tant que tu ne l’expérimentes pas, tu ne sais pas vraiment.

Finalement, quand on regarde, ça se passe hyper bien. Mais quand tu es dedans, J’aurais jamais imaginé ce que moi, ça allait me faire vivre aussi. C’est ça, genre, tu passes une demi-heure à essayer de l’endormir et puis finalement elle se réveille, puis il faut que tu recommences tout ton cycle. Je pense que c’est tout un tas de choses qu’il faut vivre. Je pense qu’il n’y aurait pas eu beaucoup plus de préparation à avoir. Et puis encore une fois, on gère ça en équipe. C’est clair que ce un mois et demi qu’on a derrière nous, je ne l’aurais pas passé sans Manu. Il a un rôle extraordinaire aussi. On se complète, on se complète hyper bien.

Manuel

Pour ma part, pour le super pouvoir, pendant la grossesse, c’est sûr que c’est ma capacité à sortir de ma zone de confort grâce à Emma. Je suis vraiment content de comment est-ce qu’elle m’a amené aussi à évoluer sur ma façon d’approcher cette naissance en fait. Donc ça c’était vraiment très très satisfaisant. Et sur le postnatal personnel ce serait justement ma capacité à être extrêmement détaché par rapport aux pleurs. Je suis extrêmement satisfait de ça. Tu sais justement en début de podcast je parlais du fait que j’avais fait une thérapie dans la préparation, ça m’aide aujourd’hui énormément à ne pas que ça monte du tout quand il y a des pleurs, que ce soit que moi je pleure ou que ça m’énerve ou peu importe l’émotion, je me laisse absolument pas submergé par ça, parce que c’est un petit être qui ne sait pas communiquer encore avec des mots, et puis c’est correct. Donc ça, je suis vraiment extrêmement satisfait de mon calme par rapport à ça. 

Parce que là encore, on regarde des films, on regarde des séries, puis ça pleure, ça hurle, ça fait mal aux oreilles. Limite, tu es obligé de mettre des bouchons d’oreilles, des casques de chantier pour pouvoir supporter des cris de bébé. Alors qu’en fait, ce n’est pas vraiment ça. Ou en tout cas très rarement, sauf s’il y a vraiment quelque chose qui ne va pas quoi. Donc ça c’est vraiment le fun. 

Puis plus sur notre super pouvoir, j’en rajouterais un en tant que coupe pour nous, c’est vraiment justement ce dont Emma parlait, le fait qu’on fasse une équipe, qu’il y ait une communication, qu’il n’y ait pas de jugement, qu’il y ait aussi de la bienveillance. Des fois, dans le rush, on peut éventuellement avoir un mot qui ne sait pas que c’est déplacé, mais qui peut paraître un peu sec, alors que ça ne se veut pas sec. Tout de suite, on revient là-dessus et ça nous est encore arrivé ce matin. C’est correct justement d’avoir de la bienveillance l’un envers l’autre parce qu’on est tous les deux un petit peu fatigués et on est tous les deux un petit peu heureux quand même. On a un petit bébé, donc il ne faut quand même pas oublier que la bienveillance et l’amour règnent dans la maison.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est magnifique. Est-ce qu’il y a quelque chose que vous aimeriez ajouter pour clôturer?

Emmanuelle

Moi je recommencerai demain. C’était incroyable, c’était incroyable. Moi j’en garde un souvenir vraiment extraordinaire. 

Le suivi en maison de naissance, je pense que c’est mon gros wow. Ça aurait été… C’est ça, que de l’amour, de la bienveillance, que des personnes extraordinaires. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il y ait des personnes extraordinaires dans plein de milieux. Mais pour nous, en tout cas, ça aurait été un gros plus. Tellement, tellement ravie de s’être écoutée, de s’être laissée porter là-dedans puis accoucher dans l’eau. Je pense que ça, ça a été le truc le plus extraordinaire. Je pense que j’ai la chance que ça a été rapide. J’ai bien conscience que quand ça dure de longues heures, à bout d’un moment, on doit être tanné d’être dans l’eau. Je pense que ça a été le bon timing. Je suis arrivé au bon moment.

Manuel

Peut-être aussi réapprendre à faire confiance à son corps, qui a des hormones puissantes pour accoucher sans que ce soit médicalisé. La médicalisation a des bienfaits dans certains cas, Mais si tout va bien, peut-être qu’il y a d’autres voies à explorer. C’est tout un cheminement intérieur qui est extrêmement intéressant.

D’accoucher sans péridurale, ou avec des manières qui aujourd’hui sont considérées alternatives, mais il y a 150 ans, on était juste les normes. Et aussi aux accompagnants et aux accompagnantes, vous avez vraiment un rôle à jouer. C’est fou le pouvoir que vous avez finalement à ce moment là, tout le soutien que vous pouvez apporter. Ça fait une différence. C’est pas si compliqué finalement, il y a quelques points de pression à apprendre et puis connaître la personne que vous avez en face, bien communiquer et puis vous allez vraiment faire une différence sur ce beau moment à vivre Et vous allez sentir que c’est votre moment aussi. C’est notre accouchement. Moi souvent je dis que c’est notre accouchement. Parce que j’y ai participé aussi. J’ai été vraiment actif là-dedans.

Annie, ta Doula Ostéo

Toutes mes félicitations. Merci. Très, très, très inspirant. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir nous raconter.

Emmanuelle

Merci à toi de nous avoir laissé l’opportunité de le faire.

Manuel

Merci pour ton invitation.

Annie, ta Doula Ostéo

Quelques heures seulement après l’enregistrement de l’épisode, Emmanuel m’a contactée en me disant qu’elle était triste de ne pas avoir pensé de te donner un certain nombre de références, de choses qui l’avaient beaucoup aidé dans sa préparation à l’accouchement. Donc on s’est entendus pour que je mette ces références-là dans la page dédiée au podcast. Donc, si ça t’intéresse de connaître, par exemple, les affirmations qu’Emmanuel a utilisées pendant sa grossesse pour pouvoir se préparer, je t’invite simplement à aller dans la page dédiée à cet épisode.

D’ailleurs, au passage, chacun des épisodes a une page dédiée, donc si tu cherches des informations, tu peux simplement aller à cet endroit-là, tout y est.

Donc j’espère que tu as aimé cet épisode. Si c’est le cas, je te rappelle que ça m’aiderait énormément que tu ailles soit sur Spotify, soit sur Apple Podcasts pour mettre un beau 5 étoiles.

Si tu es enceinte et que tu as envie que je t’accompagne, je te rappelle que la préparation à l’accouchement, les 11 clés pour une naissance facilitée, est toujours disponible présentement en mode gratuit.

Tu peux également joindre la préparation virtuelle à la naissance, tu peux également te joindre au groupe de préparation à l’accouchement. Tous les liens sont disponibles dans la description de l’épisode.

Si tu vas bientôt avoir ton bébé dans les bras ou si c’est déjà le cas, je te rappelle qu’il y a maintenant des ateliers gratuits en lien avec le 0 1 an. On parle vraiment de tous les sujets qui préoccupent les parents. Le sommeil du bébé, la motricité libre, les réflexes archaïques, la fameuse tête plate et évidemment l’accompagnement affectif. Peut-être que tu le sais déjà, le 0-1 an, c’est un moment qui est crucial dans la vie de ton bébé, et j’ai vraiment envie de t’aider, de t’accompagner pour que tu puisses l’accompagner au mieux.

Donc, pour tout ce que je viens de te nommer, c’est facile, tu vas simplement dans la page dédiée à l’épisode, tu vas avoir tous les liens ou tu peux aller simplement aussi dans la description de l’épisode. Je te souhaite une magnifique semaine et on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode.