Dans cet épisode, il sera question d’inceste, de deuil périnatal, d’agression à caractère sexuel et de violence obstétricale.

Comme tu peux le constater, Marie-Claude Joannis, notre invitée d’aujourd’hui, a eu un parcours de vie particulièrement difficile.

Elle a accepté de venir nous rencontrer en toute vulnérabilité pour nous raconter comment, malgré toutes les blessures qu’elle portait, elle a réussi à donner naissance à sa fille de façon physiologique, en pleine conscience. Dans les prochaines minutes, tu entendras un récit rempli de courage, de résilience, d’amour et d’espoir.

LES ASTUCES QUE MARIE-CLAUDE A UTILISÉES POUR JONGLER AVEC LA DOULEUR

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Les sujets abordés dans cet épisode

  • Accouchement dans l’eau
  • Accouchement sans péridurale
  • Accouchement en maison de naissance
  • Accouchement avec des sages-femmes
  • Bulle hormonale (endorphines)
  • Deuil périnatal
  • Dilatation du col
  • Endorphines
  • Gestion de la douleur
  • Fertilité
  • Haptonomie
  • Inceste
  • Instinct
  • Maison de naissance
  • Naissance physiologique
  • Préparation Affective à la Naissance (haptonomie)
  • Poussée réflexe
  • Sensations de la poussée réflexe
  • Sortir de sa zone de confort
  • Sages-femmes
  • Test d’Apgar
  • Violences obstétricales

Interventions dont il est question dans cet épisode

  • 100% physio
Transcription de l'épisode

Annie, ta Doula Ostéo

Dans cet épisode, il sera question d’inceste, de deuil périnatal, d’agression à caractère sexuel et de violence obstétricale. Comme tu peux le constater, Marie-Claude Joannis, notre invitée d’aujourd’hui, a eu un parcours de vie particulièrement difficile. Elle a accepté de venir nous rencontrer en toute vulnérabilité pour nous raconter comment, malgré toutes les blessures qu’elle portait, elle a réussi à donner naissance à sa fille de façon physiologique, en pleine conscience. Dans les prochaines minutes, tu entendras un récit rempli de courage, de résilience, d’amour et d’espoir.

Marie-Claude, merci d’avoir accepté mon invitation.

Marie-Claude Joannis

Ça fait grand plaisir, Annie.

Annie, ta Doula Ostéo

Aujourd’hui, j’ai très envie que tu nous racontes ton parcours en lien avec la naissance de ta fille, et en lien aussi avec ce que tu as vécu malheureusement quand tu étais toute petite. Tu as eu une enfance qui a été, est-ce qu’on peut dire violente?

Marie-Claude Joannis

Oui, on peut dire ça certainement. Oui, moi j’ai vécu la violence familiale. J’étais dans un milieu toxique, mon père était alcoolique et très violent psychologiquement, verbalement aussi. Puis j’ai vécu aussi l’inceste de mon frère aîné. Moi j’ai trois frères donc ça aussi ça faisait partie, ça a fait partie de mon univers d’enfance.

Annie, ta Doula Ostéo

Et au fur et à mesure que les années sont passées, est-ce qu’il y a un moment donné où le désir d’enfant est venu de lui-même ou t’as plus répondu à comme une demande de la société de « on fait des enfants »

Marie-Claude Joannis

Moi j’ai toujours voulu avoir des enfants, c’était une évidence pour moi. Moi j’ai beaucoup de suite dans les idées. Je savais que l’enfance que j’avais eue ce n’était pas celle que je voulais pour mes enfants, c’était clair, net et précis.

Très jeune, je me suis mise à garder des enfants dans des familles nombreuses. Je trouvais ça fascinant. Moi, ma mère biologique, je dis ma mère biologique parce qu’elle ne m’a pas élevée, vient d’une famille de 20 enfants au Bas-Saint-Laurent.

Ma grand-mère a accouché 20 fois. Il y avait quelque chose d’attirant pour moi dans les familles nombreuses. Des enfants de tous les âges, de tous les stades de développement. Je me suis collée à des familles nombreuses, dont une amie qui avait 11 enfants. J’ai gardé beaucoup, beaucoup d’enfants. J’ai beaucoup observé comment ils réagissaient, comment ils éduquaient, où la limite, comment être autoritaire sans dénigrer, sans humilier.

Pour moi, c’était essentiel de pouvoir tester ma propre capacité à travers ma propre personnalité, mais pas à temps plein, pas avec mes enfants, mais dans un cadre sécuritaire avec des adultes en qui j’avais confiance. Donc je l’ai fait avec cette famille-là et j’ai fait avec d’autres familles aussi.

Annie, ta Doula Ostéo

Quand tu dis que rapidement tu as compris que l’enfance que tu avais eue n’était pas une enfance standard, que ce n’était pas sain, est-ce que c’était déjà avant ces expériences-là? Ou c’est justement de te coller à des familles  qui t’a permis de réaliser que tu avais vécu de la violence, que tu avais vécu des agressions?

Marie-Claude Joannis

Ça je le savais. J’ai deux frères aînés, le plus vieux a été placé assez jeune. C’était très particulier, c’était évident que ça n’avait pas de bon sens parce que mon père a eu un autre enfant avec une autre femme qui a été dans ma vie à partir de l’âge de 5 ans.

Et cet enfant-là n’avait pas du tout les mêmes traitements que nous. Il mangeait des repas différents, il y avait des boîtes de céréales qu’on ne pouvait pas manger. Il y a quelqu’un qui m’a dit « Mon Dieu, ça ressemble à l’histoire de Cendrillon ». Puis c’est vrai qu’il y a quelque chose de ça.

Nous, on était enfermés dans notre chambre la plus claire du temps. On n’avait pas la clé à la maison, on ne pouvait pas rentrer. Il y avait beaucoup de choses qui n’avaient vraiment pas de sens, qui étaient très violentes. On le savait.

Moi je dis souvent quand tu es un enfant, tu sais qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, mais c’est vraiment une question de survie, d’aimer tes parents et d’accepter tout ce qui se passe.

Tu ne sais pas que tu peux vivre une vie en dehors de ta famille. À l’adolescence, c’est quelque chose dont tu prends conscience que c’est possible d’exister sans ton père, sans ta mère, de manger, d’avoir un toit. À partir de ce moment-là, j’allais voir les intervenants de l’école, puis je demandais à être placé, mon frère aussi.

Le problème, entre guillemets, c’est que moi je n’étais pas délinquante, j’avais des super bonnes notes à l’école. Mon père c’est quelqu’un d’extrêmement élitiste, donc chez nous par exemple on ne pouvait pas écouter Passe-partout, il fallait lire des livres de littérature française.

Donc j’ai réussissais extrêmement bien à l’école. Pour lui plaire, J’étais première dans mon équipe de sport, expo science, bref j’ai fait tout ce que j’avais à mon pouvoir pour lui plaire, ce qui est un échec lamentable. Je le dis avec humour, mais ça a été dramatique pour moi. En même temps, ça a fait comme juste: “ok, il n’y a pas comme de possibilités pour moi dans cette famille-là.” C’est juste pas possible de ne pas vivre sa violence. 

Le système de la protection de la jeunesse manque énormément de ressources, mais j’ai fini par être placée quand même malgré tout à 14 ans.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, les années ont passé et tu as rencontré quelqu’un et le projet d’enfant s’est concrétisé dans ta tête.

Marie-Claude Joannis

J’ai rencontré quelqu’un, j’avais 17 ans et je restais avec le père de mes enfants parce que j’ai eu deux enfants. J’ai eu un autre enfant avant, l’enfant dont tu parlais tantôt. L’enfant est décédé dans mon ventre pendant ma grossesse.

À 17 ans, j’étais en appartement avec cette personne-là, je souhaitais de tout coeur pouvoir vivre un amour éternel, dans une famille unie, nucléaire, tout ça, toute cette espèce d’utopie là que j’espérais pouvoir construire.

Annie, ta Doula Ostéo

Et étant donné tout ce que tu avais vécu avant, j’imagine que concrètement, quand est venu le moment de dire «on veut un bébé», au niveau de concevoir le bébé, il a dû y avoir des difficultés qui sont apparues pour toi?

Marie-Claude Joannis

C’est sûr que moi, au niveau de la sexualité, il y a beaucoup d’enjeux, parce que là j’ai vécu cette inceste-là, mais j’ai vécu d’autres agressions au caractère sexuel aussi.

À cette époque-là, on a commencé à essayer d’avoir un enfant, dans le fond j’avais autour de 22 ans.

Ça faisait quand même plusieurs années qu’on était en couple, ça faisait peut-être presque 6 ans. Au niveau de la sexualité, ça ne se vit pas de la même façon pour tout le monde. Pour moi, c’est sûr que j’étais capable des fois d’avoir des orgasmes, j’étais capable des fois de m’abandonner, d’avoir de la sexualité, mais il y avait des périodes de plusieurs mois où j’étais incapable d’avoir des relations sexuelles.

Pour moi, c’était très, très inconfortable, beaucoup d’inconfort, d’angoisse, de reviviscence. La reviviscence c’est revivre des sensations physiques d’agression sexuelle, d’avoir des flashbacks. C’est très présent.

Le père de ma fille était très respectueux de ça. 

Ça a été long. Puis, on le sait, on ne le dit peut-être pas assez, je ne sais plus les statistiques, dans le temps, la moyenne québécoise, c’était autour de un an. Ça a pris trois ans.

Donc, ça se pouvait que des fois, il y avait des mois où on n’avait aucune relation sexuelle, donc pas pendant que j’ovulais, je ne pouvais pas être enceinte.

Au bout de trois ans, j’avais quand même vraiment le goût de tomber enceinte.

Qu’à un moment donné, la question de la fertilité se pose, mais pour nous, on était jeunes aussi, il n’y avait pas d’urgence, puis on n’avait pas envie de tomber dans des tests. Puis de toute façon, tout ce qui était en termes de fertilité, pour moi, ça aurait été quelque chose de très intrusif dans mon corps.

Je suis tombée enceinte au bout de trois ans. Ça a été ma première grossesse qui ne s’est pas rendue à terme. Puis ça, c’est quelque chose que, encore, je prends 10 millions de gants blancs pour parler et que je n’ose jamais dire.

J’ai menti longtemps sur le nombre de semaines que j’avais de grossesse. J’ai encore du mal à le dire. En fait, je ne le dis pas parce que c’est tellement banalisé. On dirait que le nombre de semaines de grossesse que tu avais légitimise l’attachement que tu pouvais avoir ou la peine que ça a été ou la douleur que ça a pu engendrer.

Une fausse couche, ce n’est pas grand chose. Mais là, par exemple, si c’était un bébé, s’il est mort, s’il a dû accoucher. Il y a comme toute une espèce de série de critères qui font que c’est plus ou moins légitime, que tu peux donner un nom à cet enfant-là, que tu peux le compter dans ta famille.

Ma fille s’appelait Esperanza.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est vrai ce que tu dis. Même les femmes qui n’ont jamais accueilli de bébé dans leur utérus peuvent avoir un deuil à faire en lien avec ça. Parce que l’enfant, même rêvé, c’est un enfant auquel on s’attache.

Marie-Claude Joannis

Complètement.

Puis ça faisait trois ans qu’on le rêvait puis ça faisait bien plus longtemps que ça. Puis ça été dur. Quand c’est si long tomber enceinte aussi, il y a comme une espèce de désespoir. À un moment, j’ai dit, oh Seigneur, je ne peux pas perdre cet enfant-là.”

Il y a eu Esperanza dans mon ventre qui nous a soulevé de joie, de bonheur, d’excitation. Puis en même temps pour moi ça a été un choc: “entre rêver de tomber enceinte, puis être vraiment enceinte, là j’étais comme « oh mon dieu, ok là c’est vraiment une responsabilité, là je vais vraiment être un parent, là il faut vraiment que je sois prête ».

Tu sais, il y avait comme quelque chose de vraiment inquiétant pour moi aussi là-dedans, c’était mélangé. Donc Esperanza est décédée. C’est à l’échographie qu’on l’a su. Je l’ai porté pendant deux semaines. Pour des gens c’est horrible.  Moi je n’en parlais pas pendant ce temps-là. Pour moi c’était doux, c’était beau de l’avoir à l’intérieur de moi pendant cette période-là. Ça m’a donné juste le temps de l’avoir en dedans de moi, puis de digérer ça doucement.

C’était quelque chose pour moi qui était doux. Je n’en parlais pas trop et je ne sortais pas trop parce que quand les gens savent que tu es enceinte, ils te posent des questions.

C’était comme un peu bizarre. Bref, c’est ça. J’ai vécu tout ça dans cette petite bulle-là. Puis, ça a été deux belles semaines pour moi. Aussi bizarre peut-être que ça puisse paraître pour certaines personnes. Puis, dans le fond, j’ai vécu mon premier accouchement de même, sans préavis, sans savoir que ça allait arriver. Je n’ai pas vraiment été bien préparée à ça. J’avais une accompagnante à la naissance qui était fantastique et merveilleuse, que je connaissais et qui s’appelait Annie Bhérer-Racine.

Dans cette vie, nous étions au Bas-Saint-Laurent. Je te connaissais personnellement, on s’était parlé un peu. Puis je t’ai appelé un peu. Je pense que c’est Sébastien qui t’a appelé. Parce que moi j’avais des contractions quand même vraiment intenses. Je ne comprenais absolument pas ce qui arrivait. Dans mon bain à la maison, un peu toute seule, dans cette espèce de délire, de contractions intenses que tu ne savais pas qui allait arriver. Puis un peu sur la panique.

Sébastien t’a appelé. Qu’est-ce qui se passe? Tu avais dit que c’est ça, que c’est des contractions. J’avais déjà lu, prendre une contraction à la fois, les choses de base, contraction à la fois, ne pas anticiper la douleur.

À partir du moment où j’ai su que c’était un accouchement, que tu étais là, que j’étais dans mon bain, J’ai juste essayé de me focaliser sur une contraction à la fois. C’est très drôle parce qu’à un moment donné, ça faisait mal quand même.

Ça a été des contractions, des contractions, des contractions. Puis à un moment donné, c’est sorti. C’est un peu déroutant, t’as aucune idée un peu de la grosseur, tu l’as un peu dans les livres, mais tu sais jamais un peu la grosseur que ça a, la forme que ça a. Puis là, il y avait quand même toute la poche, peut-être un peu de placenta, je ne sais pas trop. Ça a tout sorti d’un coup. Et là, je me suis mis à perdre du sang.

C’était clair pour moi que je n’avais pas le goût de vivre ça à l’hôpital. Mais surtout qu’en plus, honnêtement, je ne voyais même pas comment je pouvais me rendre à l’hôpital à cause des contractions qui ne lâchaient pas, puis à cause de mon espèce de désarroi. 

Honnêtement, je ne vois pas comment j’aurais fait. Mais là c’est sûr qu’à partir du moment où je saignais beaucoup, on est allé à l’hôpital et j’ai eu le droit à un magnifique curetage. J’avais confié ma petite Esperanza à l’hôpital pour faire des tests. Et on n’a même pas redonné cet enfant. Ça fait quand même presque 20 ans. Je ne sais pas s’ils font ça maintenant. J’aurais aimé ça qu’il me la redonne.

Annie, ta Doula Ostéo

On est super touchées toutes les deux. Tu vois, c’est intéressant parce que ton témoignage démontre à quel point même si les bébés sont tout petits dans notre ventre, même si les années passent, on continue à penser à eux. On continue à penser à nos bébés.

Marie-Claude Joannis

Oui, j’ai de la misère à dire que j’ai un enfant. Je ne le dis pas tout le temps, mais des fois j’en ai deux, et maintenant j’en ai plus avec ma famille recomposée.

Les enfants pour moi ce n’est pas une histoire de qui l’avais dans son ventre, dans son cœur. Ce sont les portes dans nos coeurs, dans nos vies, dans nos journées.

Annie, ta Doula Ostéo

Combien de temps s’est-il écoulé entre la perte de ton premier bébé et l’arrivée de ta fille dans ton ventre?

Marie-Claude Joannis

Ben là, après, je n’étais plus capable. Moi je pensais grossesse, après je pensais hémorragie. Je n’étais pas capable, non, ça ne marchait pas, je ne me sentais pas capable de revivre ça.

J’avais d’autres projets d’art. Je suis partie en Europe, il s’est passé d’autres choses. Et finalement, Sébastien était venu me rejoindre en Europe. Et là, dans le calme du voyage et des retrouvailles, Lilou a été conçue. Donc, c’est à peu près un an plus tard.

Et là, ma réaction Annie, ça a tellement déstabilisé Sébastien. Ma réaction quand j’ai appris que j’étais enceinte de Lilou, j’étais pas contente. Vraiment, j’étais complètement déstabilisée parce que je venais de commencer une nouvelle job en plus, une grosse job, j’étais en probation, j’étais « fuck, je finirais pas mon année de probation.

Puis là, je pense aussi qu’il y avait beaucoup de réactions de « je peux pas m’attacher à cet enfant-là qui est dans mon ventre parce que j’en avais perdu un. Et le timing qui marchait pas. J’avais dit ben écoute, laisse-moi du temps. Je vais finir par être contente.

Mais là… Je suis vraiment comme «non, mauvais timing». C’est ça qui est sorti à ce moment-là. Je me suis permis de vivre ça. C’est ce qui était.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, puis c’est ça la vraie vie. Souvent on est gêné. Quand tu as désiré un bébé et que ce bébé-là arrive à un moment où c’est moins un bon timing, on dirait qu’on est gêné de le dire. Parce que les gens autour font comme « ben là, tu voulais un bébé là? »

Marie-Claude Joannis

Ça a été ça au début. Évidemment, j’ai attendu plus que moi pour dire que j’étais enceinte, puis en plus de mon travail, je finissais pas mon année en tout cas. Puis j’avais un patron hyper charmant qui aimait me rappeler que j’étais en probation, c’était très aidant. Bref, c’est un peu ça la réalité de ce que je vivais à ce moment-là.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, ce qui m’intéresse énormément, c’est d’entendre ton cheminement en lien avec la grossesse, en lien avec l’accouchement. Il y a de nombreuses femmes, lorsque des antécédents d’agressions sexuelles, d’incestes, de violences sont présents, qui vont vivre ces moments-là de façon très difficile,qui vont par exemple opter pour une péridurale, aller dans un hôpital où tous ces accès-là sont là, pour pouvoir s’assurer de sentir le moins possible. Toi, tu as été dans une démarche qui a été tout autre.

Marie-Claude Joannis

Oui, complètement. J’avais vécu aussi de la violence obstétricale. On dirait que c’est honteux quand même de le dire, mais je le dirais, c’est important, parce que je ne suis vraiment pas toute seule.

J’avais attrapé des condylones. Comme mon corps, ma vulve, mon col, toute cette zone-là avait été déjà tellement saccagée par l’inceste, par plein de sensations que je n’étais pas prête à vivre.

Je suis allée voir un gynécologue. C’est stressant pour tout le monde de s’ouvrir les jambes sur des étriers, avec des inconnus, sur une table froide, avec des instruments froids, avec un médecin froid.

Donc j’avais amené Sébastien avec moi, j’avais averti le médecin, j’avais dit « j’ai vécu des agressions sexuelles, c’est très stressant pour moi, vous allez me toucher, probablement que je vais sursauter. » J’avais vraiment mis mes limites et expliqué. Malgré tout cela, le médecin m’a brûlé à l’acide sur le col de l’utérus sans m’avertir. Et ça brûle.

Donc, ça a été comme une autre forme d’agression pour moi. Je ne sais pas pourquoi je raconte ça, c’est pour dire que que l’hôpital n’était pas un lieu sécurisant.

Tu peux anesthésier mon corps mais tu ne peux pas anesthésier mon coeur, tu peux pas anesthésier mes émotions, ma sensibilité.

Donc si quand je me réveille, si je n’ai pas la certitude que pendant que je suis endormie, mon corps est traité avec bienveillance, je ne me sentirai pas plus en sécurité.

Donc pour moi, c’était comme une évidence que l’approche sage-femme, l’accompagnement à la naissance, tout ça c’était comme, pour moi, beaucoup plus sécurisant. Beaucoup plus sécurisant, pour ces raisons-là, parce que je savais que mon besoin, c’était de me sentir en sécurité corporelle, mais en sécurité affective, en sécurité relationnelle, tout ça, j’avais vraiment l’impression que je le trouverais davantage dans le milieu des maisons de naissance, ce qui s’est avéré le cas.

Puis aussi, il y avait avec toi avec l’haptonomie. Comme c’était très important d’être attaché à mon enfant et d’être une excellente mère, il y avait l’attachement avec le bébé qu’on pouvait déjà commencer, puis là j’étais comme wow, c’était fantastique.

Fait qu’on a commencé comme ça, puis à faire des jeux avec bébé dans le ventre, puis à lui parler, à lui dire: je m’excuse, je travaille bien trop, je t’envoie bien trop de cortisol, mais bon, j’étais avec toi ». Puis bon, de commencer à se connaître, puis à s’apprivoiser comme ça.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que pendant ta grossesse, tu avais des visions de ce qui s’était passé avant? Est-ce qu’il y a des moments donnés où tu étais plus réveillée par le fait de sentir ton bébé dans ton ventre, que ton corps se transformait, que tu avais moins de contrôle aussi sur ton corps à ce moment-là?

Marie-Claude Joannis

Par rapport aux agressions sexuelles, pas spécifiquement je dirais. Comme toute personne, tu sais, que son corps change. J’espère de tout mon cœur qu’il y a des femmes qui ne vivent pas ça, mais on a beaucoup de pression sociale liée à notre corps. Moi, j’ai pris beaucoup de poids. Une affaire comme 70 libres, ce qui est très simple, parce que j’étais vraiment toute petite. J’ai eu des vergetures très tôt. Il y avait ça, là, tu sais, mais j’en faisais pas une fixation. C’était quand même correct.

J’étais fière d’avoir une grosse bedaine. Non, sexuellement, ça ne me confrontait pas à ce moment-là, je ne crois pas.

Il y avait quelque chose de très clair pour moi, je ne voulais pas que personne se mette les doigts dans ma vulve pendant que j’allais accoucher. Honnêtement, c’était ça la prémisse. Genre, tu ne mets pas tes doigts là. Ça, non. Encore moins, tu vas me mettre des instruments, tu vas me mettre dans des étriers, des affaires de même.

Là, je suis freak totale. Ça a été dit très tôt à la sage-femme. Moi, je ne veux pas ça. Je me rappelle que tu m’avais dit, tu peux en parler. Fait que là j’avais dit, ah oui, je suis pas obligée moi d’avoir ça? Parce que on en entend toujours, je suis rendu à 2, là je suis rendu à 3, là je suis rendu à 4, là je suis encore rendu à 4. Combien de fois qu’ils mettent le doigt là pour savoir à tout bout de choc combien de centimètres. C’est un peu, en tout cas pour moi c’est vraiment épeurant.

Quelqu’un m’approche, mon médecin que j’adore, qui est le meilleur médecin au monde, qui est fantastique, qui s’appelle Isabelle Pelletier, pour la nommer. Isabelle, qui est d’une douceur et d’une gentillesse en qui j’ai une confiance aveugle, elle met sa main sur ma cuisse et je sursaute à chaque fois qu’elle s’approche pour aller faire des prélèvements ou autre. Je veux dire, qu’un médecin ou quelqu’un que je connais à moitié, pendant que j’ai des contractions et que je suis super vulnérable, va mettre ses doigts là. Boy! Il n’y en était pas question.

Et que j’en parle, ça me fait capoter. Je ne voyais pas comment je pourrais vivre ça. Puis là on le voit à répétition, les gens racontent, le résident qui va vérifier et qu’il n’y a pas le bon sentiment.

En tout cas, il y a quelque chose pour moi d’un film d’horreur là-dedans. Ça fait que je ne pouvais pas. Puis je vais toujours me rappeler ce que la sage-femme m’a répondu quand j’ai dit: si c’est possible, j’étais bien polie, j’aimerais ça que tu ne mettes pas tes doigts là, le moins possible. 

Elle m’avait dit, tu sais Marie-Claude, je vais le voir dans ta face à combien de sentiments tu es rendu. C’est vrai. Ça se lit dans la face. Hey, c’est-tu pas beau? Là, je me suis dit, aïe, aïe, ça devrait être enseigné partout. Mais bon, ça se lit dans la face, comme les lignes de la main, En tout cas, il y a des affaires qui se lisent dans la main.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est vrai. Dans la face et dans les sons, c’est vrai qu’il y a beaucoup d’indices qui sont donnés, mais pour ça il faut que tu sois là sans trop observer, sans être dérangeant.

Marie-Claude Joannis

Il n’y a pas des néons partout, il n’y a pas 18 personnes qui rentrent. Il n’y a pas bi bi bi bi bi.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est sûr que si tu es en travail, la personne qui est là pour t’évaluer, parce que c’est un peu ça, c’est vraiment une évaluation de est-ce que tu performes assez via nos attentes, c’est un peu ça. Donc c’est sûr que c’est les centimètres qui priorisent, puis c’est beaucoup dans, j’entre dans la chambre, je fais mon examen, je ressors. Fait que j’ai pas beaucoup la chance de regarder ton beau visage et tes beaux sons.

Alors, ça a été une bonne écoute, puis c’est très important là, pour celles qui nous écoutent, si vous avez vécu des choses particulières dans votre vie, c’est important de le dire. Ça veut pas dire tout le temps que ça va être pris en compte mais…

Mais au moins de s’affirmer, de le dire, vous pouvez même l’indiquer dans le plan de naissance qu’étant donné que vous avez vécu ceci cela, c’est très important pour vous ceci et cela. De façon, moi c’est même déjà arrivé dans des plans de naissance qu’on indiquait une situation particulière en disant étant donné ça nous aimerions être jumelés avec une infirmière qui est à l’aise avec cette situation là. Donc on demande à avoir un jumelage qui est le plus optimal possible.

Marie-Claude Joannis

Je pense que les sages-femmes sont beaucoup plus formées je crois à cette sensibilité-là, puis peut-être à tous ces signes-là, puis au vécu des femmes.. Puis tu sais, ce qu’il faut dire aussi, c’est que la sage-femme, tu la vois beaucoup, tu jases beaucoup de toutes sortes de choses, pas juste l’accouchement, de la famille que tu veux construire, de ton couple, de ta sexualité, en fait de ce que tu veux, tu n’es jamais obligé. Mais tu crées un lien aussi intime de confiance, de vulnérabilité, partagée. Il y a tout ça qui se crée aussi. Puis ça pour moi c’était très important. Aussi parce que, on va se le dire, le fait d’avoir été placé, la confiance dans ce temps-là un peu difficile.

J’ai été barouettée pas mal. Faire confiance, c’est pas juste comme genre je te dis que je suis bon puis que tu peux me faire confiance. Il faut que je puisse m’assurer vraiment que ce que tu dis c’est ce que tu fais.

Il y a ça aussi qui est vraiment une énorme différence, c’est que la sage-femme et l’accompagnante, parce que moi j’avais le duo total. Je me suis entourée d’amour, de bienveillance, all over the kit. Donc c’est ça, t’sais, d’avoir déjà ce lien-là qui est créé, puis qui est dans lequel j’ai confiance.

Annie, ta Doula Ostéo

Et est-ce que tu as envie de nous raconter cette expérience extraordinaire d’accouchement que tu as vécu finalement?

Marie-Claude Joannis

Lilou, je peux dire aussi, je n’anticipais pas tant moi, c’est donc tu parles de ça, l’anticipation que ça allait avoir beaucoup de pression dans ma vulve. Je sais pas, peut-être que je le réalisais pas. Ça m’a pas vraiment… Non, J’ai pas pensé, mon Dieu, ça va me faire capoter ça.

Annie, ta Doula Ostéo

Tu n’avais pas peur d’avoir des flashbacks, par exemple, d’agression pendant l’accouchement?

Marie-Claude Joannis

Non, non,

j’ai pas pensé à ça. Probablement parce que j’avais cet espace-là sécure, que je savais que je n’aurais pas de doigt dans le vulve, que je savais, avec les sage-femmes, que je pouvais prendre la position que je voulais, que je pouvais être où je voulais, que je pouvais même accoucher dans l’eau.

Moi, j’adore l’eau, mais ce n’était pas un prérequis. Mais je savais que je pouvais aller dans le bain et probablement que ça allait me rassurer parce que quand je ne me sens pas bien, je vais dans le bain.

Je ne me rappelle pas d’avoir anticipé ça, mais je m’étais beaucoup préparée. Avec toi, je faisais des visualisations dans mon bain. 

Au pire l’accouchement va durer 36-48 heures mais je vais être mère toute ma vie. Puis ça, ça me faisait drôlement plus peur Annie que le reste. Ça avait drôlement plus d’impact parce que la violence j’en ai vécu beaucoup et je sais que je suis capable de passer à travers. Mais devenir un parent et ne pas manquer ma shot, ça je ne le savais pas si j’étais capable. Donc il y avait ça aussi qui était là, et qui était comme, ok, il y a l’accouchement, ce n’était pas vraiment ma plus grande préoccupation, ce qui fait que j’ai retardé. Ce qui fait que j’étais effacée parce que quand même, j’avais quand même accepté que ma sage-femme mettait ses doigts une fois, c’est vrai, puis je suis bien d’accord. J’étais effacée, dilatée, je pense quasiment à 100% puis j’étais à 3 cm.

Bon, j’allais dire un premier, ce n’était pas un premier, c’était un deuxième accouchement. Tu sais, le fruit était mûr, comme on peut dire. Ça a commencé dans la nuit, comme c’est souvent le cas. Je suis allée prendre mon bain parce que tu m’avais dit, « le bain, ça n’arrête pas, c’est mon signe, tout ça. Ça n’arrêtait pas.

On est partis en auto, c’était beau, je ne sais pas si tu t’en rappelles. J’ai arrêté de faire pipi, j’étais en jaquette, puis j’ai arrêté de faire pipi sur le bord du chemin. Tu t’en rappelles ça, sur le bord de l’autoroute? Il y a quelque chose de magique de partir la nuit comme ça. Les étoiles, c’était beau. Je me rappelle, j’ai regardé les étoiles, je faisais pipi sur le bord du chemin. En tout cas, moi je trouvais ça beau. J’avais toi, puis j’avais la sage-femme, moi je voulais, et le père de mon enfant.

J’avais mon armée avec moi, qui allait s’occuper de tout, puis que j’allais pouvoir être en sécurité. Après ça, qu’est-ce qu’on a fait?

Tu nous avais montré plein d’affaires, pour être avec bébé, rester connecté, parce qu’on allait faire une super équipe, et tout ça.

Je me rappelle aussi, tu fais des affaires comme magiques avec tes doigts. Là, maintenant, je comprends plus. Dans ce temps-là, je ne comprenais pas. Je me rappelle avoir eu une manière de contraction.

J’étais comme « Ah, quand même! » J’ai un moment donné, j’étais comme « Aïe aïe! » Puis là, tu avais juste mis ta main, tu sais, c’est en force du prolongement. On avait testé ça. Mais tu sais, t’avais mis ta main, puis là, ça m’avait fait quasiment peur. Je me suis dit, Mon Dieu, ça vient de s’arrêter. Merde, ma contraction est finie. J’ai plus de contraction, ça fait plus mal. Mon travail vient d’arrêter, mais non. C’était tes mains magiques.

Ta bienveillance, ta présence, tu supportais la douleur avec moi. Ça fait que c’était magique. À un moment donné, tes mains magiques. Il y avait une limite. Oui, c’est ça. Mais c’est ça, dans cette petite bulle-là de douceur et de calme.

C’était doux, c’était calme. Dans le fond, on sait que quand c’est doux et c’est calme, ton corps crée des endorphines. Il y a tes mains magiques, puis il y a les endorphines qui gèlent aussi, pas mal.

Mais tu sais, tu t’en rends pas trop compte parce que tu as un petit peu plus d’endorphines, un petit peu plus de paroles d’Annie qui dit “je laisse venir le bébé”. 

 

Annie, ta Doula Ostéo

Et tu étais tout à fait là-dedans. Tu étais complètement, tu étais molle. Tu étais dans le lâcher-prise. Tu étais dans l’accueil.

Marie-Claude Joannis

Parce que j’avais cet espace-là où je me sentais en sécurité. Je suis convaincue à 100% que c’est ça. Parce que sinon j’aurais été dans l’adrénaline.

Puis on le sait, quand tu tombes sur l’adrénaline, tu contactes moins bien, ça fait plus mal, tu tombes dans un eau qui n’a pas du bon bord. Fait que c’est ça, j’avais ça, j’avais ça qui était là, qui était complètement là. Puis je m’étais préparée, j’avais tout ça, mais à un moment donné, je suis allée dans le bain. C’est comme ma place, Je suis bien dans le bain.

C’était juste à côté, c’est ce qui est le fun. Je suis allée dans le bain. Je ne sais pas combien de temps ça a duré. C’est ça qui est beau. Ils ne calculent pas le temps. Ils ne calculent pas tes centimètres. Ils regardent juste ta face. Puis ils sont là.

Tu étais là tout le temps. Hey, tu n’avais même pas le temps d’aller uriner. Comment t’as fait pour pisser Annie? Raconte ça à tes auditeurs.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, Parce qu’il faut dire que toutes les femmes n’aiment pas nécessairement qu’on leur parle pendant les contractions. Il y a beaucoup de femmes qui préfèrent le silence et où on va très peu parler. Toi dans ton cas… Parle-moi Annie! C’était quelque chose qui t’aidait. C’était clairement quelque chose qui t’aidait. Donc à chacune des contractions, quand la vague partait, je te donnais dans le fond des images, puis tu roulais sur cette vague-là.

Marie-Claude Joannis

“Je laissé la contraction faire son travail”

“Je laisse la contraction faire ton travail”

“Viens t’en contraction, on a besoin de toi pour faire naître le bébé”

Annie, ta Doula Ostéo

Exactement. Et ça te faisait beaucoup de bien, je le voyais, je le sentais. Et là, effectivement, il y a eu un moment donné dans le temps où tu étais dans le bain, où ma vessie commençait à me dire « Coucou Annie, coucou Annie ».

Tu contractais sans arrêt là.

Moi je me disais, ok, je peux pas aller faire pipi clairement.

Marie-Claude Joannis

Mais la toilette était dans la même salle que le bain.

Annie, ta Doula Ostéo

Ben écoute, à ce moment-là, il y avait déjà deux sage-femmes qui étaient avec nous.

Je vais te dire un secret, ça m’est déjà arrivé d’aller faire pipi sur une toilette à côté d’un bain dans lequel ma cliente est, parce qu’à un moment donné, je leur demande toujours « es-tu à l’aise? »

Marie-Claude Joannis

Écoute, rendu là, je pense que je ne m’en serais pas rendu compte.

Annie, ta Doula Ostéo

Mais là, je me suis gardé une petite gêne. Il y avait pas mal de monde. Il y avait pas mal de monde dans la pièce, ça fait que je me sentais pas à l’aise. J’ai fait tout ça pour dire que je me lève à un moment donné et je m’en vais dans une toilette qui est dans le corridor. Et là pendant ce temps-là, mais moi j’étais pas là.

Marie-Claude Joannis

Me l’avais-tu dit que tu partais? Je m’en souviens plus. J’ai dû capoter, vas-y, continue.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là quand la contraction est arrivée, ce qu’on m’a raconté, ce que les sages-femmes m’ont dit, c’est que t’as commencé ta contraction, puis à un moment donné, ton visage s’est mis dans une posture de voyons,

Marie-Claude Joannis

qu’est-ce qui se passe? 

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, t’as ouvert les yeux. Et là, tu t’es rendu compte que j’étais plus là.

Marie-Claude Joannis

Ah non, ah non, ah non, tu m’as pas fait ça.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là t’as crié à la sage-femme, parle!

Marie-Claude Joannis

Ok, ben c’est ça, à parler, ça me rend à parler. Ça va vraiment faire rire, mais bon je suis revenue, ça a été rapide. Oui, t’as dû pisser vite, t’avais d’affaires. 

Annie, ta Doula Ostéo

C’est ça que pendant les accouchements, écoute, je te racontais à chaque fois où on a la vessie si pleine, où on est assise dans un coin avec aucune circulation dans les jambes, mais là tu n’oses pas trop bouger parce que… Oui, puis quand la mère est à 8-9 cm. 

Marie-Claude Joannis

Ce qui est arrivé, c’est ça aussi, c’est que là, à un moment donné, je commençais à manquer de force. Les contractions, ça dure longtemps. Il faut que je me laisse écartelée, il faut que je me laisse… Parce que c’est un peu ça qui se passe quand même, tu as une tête qui veut passer entre deux os bien serrés.

Puis toi, tu es passive. En tout cas, c’est un passif actif, mais c’est un passif. C’est un passif volontaire.

Oui, tu sais, ça prend beaucoup d’abandon. Ça dure longtemps, puis ça intensifie, ça intensifie, ça intensifie. Puis je me rappelle du moment, puis là dans les chiffres magiques, c’est le moment où tu es sur le bord du 10, mais moi j’en ai aucune idée de ça parce que fantastique et merveilleux, on n’a jamais regardé mes centimètres. Mais à un moment donné, je me rappelle que là, ça a pogné une coche de plus que là j’ai fait « oh là, si c’est plus fort que ça, là je serais pas capable ». Puis c’est le moment où j’ai paniqué.

Tu pourrais le dire mieux que moi. Par ailleurs, j’ai ouvert les yeux aussi à ce moment-là, puis que j’ai fait comme wow. Wow, qu’est-ce qui se passe là? Là, c’est plus que ce que je suis capable. Et là tu m’as vu dans mes yeux, je suis convaincue, tu m’as dit “Viens contraction, on a besoin de toi.

Puis là j’ai fait fuck off, fuck off, « Go, go, go, déchire-moi, déchire-moi » dans le sens de « ok, tu as vraiment l’impression que, je ne sais pas, il y a une scie dans tes os, il y a quelque chose, il y a quelque chose, il y a quelque chose. Bon, j’ai fait « ok, go

Heureusement, ça ne dure pas longtemps. Je crois que j’ai eu une nouvelle shot d’endorphine, je ne sais pas. Puis là, magie, magie, tout d’un coup, ça pousse. Puis là, c’est wow. Entre pour moi, je me suis dit wow, wow, c’est comme une autre énergie, vraiment là c’est comme si on avait changé la toune.

On me laissait complètement juste apprivoiser cette espèce de sensation-là. Puis là j’étais dans l’eau. Fait que j’étais comme, je sais pas, c’était comme plus pareil. 

Puis là j’avais comme plus le goût de m’asseoir. Ça donnait le goût de se lever, de se mettre en petit bonhomme. C’est comme pas la même énergie, c’est pas la même affaire.

Fait qu’on m’a juste laissé comme apprivoiser ça, complètement. On m’a pas dit quoi faire, on m’a pas dit comment me mettre, on m’a pas dit… En tout cas, je pense pas, ça me dit rien de tout ça.

Moi je dirais ça de même. Pis là c’est fun parce que là ça vient avec d’autres hormones, pis t’es comme « Rah ».

Moi je me sens comme une lionne, des fois il y en a qui le disent.

Là tu pognes une espèce de guerrière.

Parce que ça n’a pas été une affaire de trop pousser. Et là, C’est ça, on m’a laissé longtemps, longtemps, longtemps apprivoiser ça, longtemps, longtemps, longtemps. Il n’y avait pas d’horloge, il n’y avait pas de calendrier, il n’y avait pas de rendez-vous à ne pas manquer. En tout cas, je n’ai jamais senti ça. Pourtant, il y avait deux sages-femmes et une accompagnante qui étaient là.

Dans les notes Annie, ça a duré trois heures. Oui. Ce n’est pas trois heures, là, me péter des veines dans le front, là. Zéro, là. Zéro, zéro, zéro. C’est trois heures où j’ai juste comme…

Annie, ta Doula Ostéo

Tu as continué sur ton flot.

Marie-Claude Joannis

Ouais, tu sais. Ok, ça pousse un peu. Ah, j’ai le goût de me mettre en petit bonhomme. On m’a jamais dit de pousser, jamais jamais jamais.

Annie, ta Doula Ostéo

Ce qui est extraordinaire et ce qui est très rare.

Marie-Claude Joannis

Bon, ben merci la vie. On m’a jamais jamais jamais dit de pousser. Probablement que… Là j’ai des frissons parce que oui, probablement que ça aurait été violent pour moi. Fait que j’ai juste pu vraiment super lentement comme apprivoiser ça. Parce qu’en plus, c’est ça, c’est la tête qui s’en vient, c’est une pression, puis j’étais dans l’eau aussi, fait que c’était doux, c’était comme, je pense que mes tissus étaient comme plus, aussi détendus, Tout ça, tout ça. Mais là, tranquillement, parce qu’à un moment donné quand tu as une tête entre deux os, c’est comme difficile de bouger. Il y a ça qui se passe.

C’est serré, serré, serré. Je me rappelle ça, cette sensation-là, je ne peux comme plus bouger. Je suis comme pognée, c’est comme un bloc. Mon bassin est comme un bloc. C’était ça la sensation. Parce que je bougeais un peu, mais à un moment donné, c’était comme « wow, là je suis comme pris, j’ai comme plus de mobilité ». Fait que là, Sébastien est embarqué dans le bain en boxer, pis là c’est tellement beau parce que moi j’avais la plus jeune sage-femme qui est standard de Montigny, pis J’avais la plus vieille, en tout cas une des plus vieilles, qui était Gertrude, qui pratiquait dans le temps que c’était illégal.

Puis qui avait un chandail splash, je ne sais pas si tu te rappelles, c’est tellement hot. Écoute, on aurait voulu l’inventer, on ne l’aurait pas fait. Puis là, elle était là, puis après, les petites notes sont full relax, les autres, il n’y en a pas de problème. Puis là, moi, j’étais pognée là. Fait que là, Sébastien est embarqué, s’est mis en arrière de moi.

Mais encore là, on m’a donné le temps d’apprivoiser tout ça. Puis là, à un moment donné, toi tu as pensé, qu’il y avait un trapèze, elles sont bien organisées.

Fait que son petit cœur, c’était pas l’enfer, là. On était pas sur le gros stress, mais tu sais, elle montrait des petits signes de fatigue. C’est juste à ce moment-là que Sandra dit « Bon Marie, on pousse un peu.»

Ah ben oui, c’est ça qu’il faut que je fasse. » « Bon ok, oui, allons-y».

Puis là j’ai poussé fort, fort, fort. Mais c’est ça le moment. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais dans l’eau, tu sais l’espèce de sensation de brûlure qu’on décrit, je me rappelle pas tant de ça.

Je me rappelle un peu, non c’est pas vrai, je me rappelle un peu. Mais tu sais, en tout cas. Je poussais, mais encore là on m’a pas dit comment respirer, comment tu joues, là, là, là, j’étais comme go, go, go.

Puis là, j’étais dans l’eau. Je me rappelle, c’est pas vrai, je me rappelle quand c’est arrivé cette affaire-là, parce que la tête là, vraiment qui gonfle le plancher pelvien puis qui arrive où les grandes lèvres.

Parce que là ça donne un choc cette affaire là, tu le sens. Fait que je me suis levée, je me suis levée, j’ai fait « riaou » je me suis levée de bout. 

On  a poussé en appelant Lulu avec tout notre amour, plein de monde disait c’était le party, viens-t’en ma chérie, on va te faire des câlins, pis là on a hâte de te voir. Il y avait comme une espèce d’air de fête, pis là, ben pousse, pousse, pousse, pousse, pousse. Pis là ben je me rappelle aussi du moment où là t’as la tête sortie.

J’ai une photo de ça, c’est complètement fou d’être entre deux mondes comme ça, j’imagine pour le bébé c’est complètement capoté.

Marie-Claude Joannis

Bref, elle est sortie, mon petit coeur d’amour au chocolat, c’est tellement beau. Tout de suite, elle est sur moi. Tout de suite, je vais la prendre sur moi. C’est ça, c’est wow. Elle est sortie avec sa petite main sur la tête, elle sortait comme superwoman, pis elle était grosse, grosse, grosse. 

Moi j’avais pris des médicaments, enceintes, des antidépresseurs. Ça pouvait être pénible, ça pouvait être terrible pour le test d’Apgar.

Et elle a eu le test d’Apgar à 10 sur 10! Peut-être parce qu’il y avait eu tout cet amour-là, je sais pas. Elle était rose, elle était belle, elle était grosse, elle était immense. Avec ses cheveux, elle avait l’air d’un bébé de deux mois. 

Je me suis pas sentie en insécurité, je ne me suis pas sentie agressée, je n’ai pas eu de flashback. J’ai eu de l’amour, j’ai eu du soutien, j’ai eu une confiance en mon corps total, j’ai eu une reprise de pouvoir, j’ai pu être maître de mon corps complètement, j’ai pu habiter ce corps-là sans honte, sans peur, sans me faire dire quoi faire, sans me faire ausculter, me faire écarter, me faire toucher quand j’ai pas envie qu’on me touche.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que tu penses qu’à quelque part, cette expérience-là a guéri des petits bouts de tes expériences difficiles?

Marie-Claude Joannis

Certainement. Moi, je me sentais la reine du monde. Je sais que je ne suis pas la seule à vivre ça, et c’est un sentiment fabuleux. Moi, je me sentais la reine du monde parce que j’avais fait ça, puis parce que je savais déjà que j’étais la reine du monde parce que j’étais capable de traverser des grandes épreuves, mais ça donne une force, c’est comme animal, c’est comme à un autre niveau, c’est au niveau corporel. Puis moi, ça me donnait de la force pour être mère aussi, parce que c’était ça qui était important. Puis c’est ça. Puis pour la protéger aussi, parce que j’ai aimé au monde deux filles.

Marie-Claude Joannis

J’espère de tout mon cœur que ma fille ne va déjouer les statistiques qui sont effarantes encore aujourd’hui. Une femme sur trois victime d’agression à caractère sexuel, une femme sur sept victimes d’agressions sexuelles dans son compagnie.

Donc c’est ça, de vivre ce moment-là entre femmes, dans notre prise de pouvoir avec le père aussi qui était là, et qui était tout à fait adéquat, et présent, et en accord avec tout ça.

Et de commencer la vie comme ça, en disant, bien, voici ma fille, comment on rentre dans la vie. Voici comment on se crée ensemble, une barrière contre l’âme, contre la violence, en se tenant ensemble serré entre femmes, entre hommes bienveillants.

Annie, ta Doula Ostéo

Qu’est-ce que tu dirais aux femmes qui nous écoutent, qui ont vécu des agressions de l’inceste, qui portent présentement un bébé ou qui ont une impression?

Tu vois, moi j’ai fait beaucoup de travail par rapport à ça. Je n’ai aucun souvenir de quelque chose de précis qui s’est passé quand j’étais petite, mais je sais, j’ai plein d’indices qui me permettent de savoir que oui, il s’est passé quelque chose avec qui, quand, comment, j’en sais rien. 

Mais à toutes ces femmes-là qui ont soit la certitude, soit l’impression de porter ça et qui ont un bébé à l’intérieur de leur présentement, qu’est-ce que tu leur dirais?

Marie-Claude Joannis

Ben moi je vais te dire, tout est correct. Tu n’as pas besoin de vivre un accouchement comme moi, c’est vraiment pas le but du podcast.

Je pense que c’est juste vraiment important de s’écouter, de s’entourer de personnes de confiance, bienveillantes, professionnelles des gens. 

Parce que les amis, c’est super fin, ça veut bien faire, mais la plupart des gens n’ont pas cette expérience-là ou n’ont juste pas pu aussi eux-mêmes, elles-mêmes avoir la possibilité de pouvoir transcender ces trucs-là. Puis, ce n’est pas une obligation, OK?

Il n’y a pas de concours ici. On vit ce qu’on peut, comme on peut, au moment où on est rendu. Puis c’est important d’écouter tout ça. Ça fait que si ça passe par d’autres voies, ça passera par d’autres voies.

J’espère de tout cœur que ces voies-là vont quand même être entendues, respectées et cajolées, même j’ai le goût de dire, embrassée. Embrasser, que toutes ces limites-là soient embrassées. Puis c’est ça, parce que notre corps nous appartient. C’est tout. Point. Il y a juste un point. Il y a un point.

Les médecins, ils n’ont pas… Les médecins, n’importe qui, personne. Personne. Notre conjoint, même nos enfants, tu sais, je veux dire… Ils n’ont pas le droit sur nos corps.

La seule personne qui a le droit sur nos corps, c’est nous-mêmes. Alors, si on peut s’enlever cette pression-là, souvent c’est difficile. Puis, quand on accouche, on est vraiment dans un état de grande vulnérabilité, de grande force, mais de grande vulnérabilité parce qu’il y a une grande partie du temps où est-ce qu’on est à moitié pas conscient comme je disais tantôt avec humour, avec les endorphines et tout ça, donc ça prend là des gens autour qui veillent au grain, puis qui sont capables de le faire.

Puis c’est correct si le conjoint ou la conjointe ne sont pas capables de le faire. C’est parfait. C’est correct aussi s’ils ne sont pas capables d’assister. Il y a quelqu’un qui est capable de le faire, des gens que c’est leur métier, mais il y a des gens aussi peut-être dans ton entourage qui sont capables de le faire. Si tu as une pitbull ou un pitbull dans ton entourage qui a le goût de le faire, “go for it”. Pas obligé d’être dans la salle d’accouchement non plus, mais tu peux être le gardien de ce que tu veux et de ce que tu veux pas.

Et toi-même, mais en même temps, tu as bien des affaires à gérer, ça se peut que tu sois pas capable toi-même de le dire. Pis c’est bien correct, tu peux le dire à quelqu’un que tu confiances.

Parce que là, à un moment donné, on ne se sent pas capable de révolutionner le système de santé, puis la fatigue des médecins et des infirmières. C’est ça, parce qu’il y a tellement d’enjeux là-dedans, mais en même temps, ce n’est pas une raison pour laquelle on va se laisser meurtrir une fois de plus. Ou revivre des choses qui vont faire qu’on va se blesser encore. Ça non, ça non, pas nécessaire.

Ce n’est pas une obligation, c’est possible que ça soit autrement. Moi c’est une expérience, il y en a plein. Mais moi c’est juste ce que je souhaite, que ces personnes-là soient respectées dans toute leur expérience complète de grossesse. T’es pas obligé de te faire toucher à la bedaine, c’est ta bedaine. C’est ta peau, tu n’es pas obligé.

Tu n’es pas obligé de te faire toucher à la bedaine. C’est ta bedaine. C’est ta peau.

Tu n’es pas obligé de te faire prendre en photo.

Tu n’es pas obligé d’avoir tel test et tel test.

Tu peux le faire toi-même ton test.

Tu n’es pas obligé que quelqu’un d’autre le fasse à ta place.

Tu n’es pas obligé d’accepter que le résident t’examine.

Et ce n’est pas que tu n’es pas fine, c’est pas que tu es désagréable, c’est que toi, c’est ça ton besoin. Puis c’est tout, ça finit là.

Fait que c’est dans un million de petites choses. Je pensais ça, je pensais juste ça le secret, de pouvoir construire cette bulle-là de mon corps est roi et maître ici aujourd’hui, et celui de l’enfant naître. Et c’est la seule vérité ici aujourd’hui.

Et il n’y a pas de mère qui veut que son enfant meurt. Pis C’est aussi cet animal, on va être prêts à se faire découper toi et moi pour pas que ce bébé meure. C’est officiel, sûr et certain. Ça ne sera même pas un enjeu. Donc, à partir de là, s’il y a des choses qu’on n’a pas le goût d’avoir, c’est absolument pas pour la sécurité de notre enfant. Ok?

Puis on n’a pas besoin de nous faire peur avec ça non plus. Parce que ça c’est plus fort que tout.

Annie, ta Doula Ostéo

Absolument. Oui parce que écoute, moi j’ai jamais vu une mère ou des parents prendre des décisions à l’encontre de la santé de leur bébé. Ça se voit pas.

Marie-Claude Joannis

Quand il va passer après, c’est tellement fort l’instinct. Moi je me rappelle d’avoir déboulé les marches d’escalier quand Lilou était petite. 

Tu sais on a des réflexes, c’est des réflexes, mettre tes mains quand tu tombes. Mon réflexe ça a été de coller l’ilou, de l’enrober dans mes bras pour manger tous les coups dans le dos. C’est capoté là.

Ça veut dire que ton instinct de sauvegarde, puis l’autre parent aussi, c’est pas une affaire de qui a porté le bébé, cette affaire-là. Ton instinct de préservation de la vie dont tu es responsable est plus forte que la préservation de ta propre vie.

Marie-Claude Joannis

Parce que j’aurais pu me péter la colonne vertébrale. C’est fort. Donc, écoutons ce corps qui sait, qui sait très bien ce qu’il doit être et de quelle façon ça doit être. Tellement d’accord.

Annie, ta Doula Ostéo

Tantôt tu nous as partagé que pour toi devenir mère, tu avais des inquiétudes face à qui tu allais être comme maman?

Marie-Claude Joannis

Oh mon dieu Annie, ma fille a 18 ans, puis Je l’ai dit à ses 18 ans, d’avoir réussi à la rendre à 18 ans, dans un milieu sans violence, c’est la plus grande réussite de ma vie. Ça n’a pas été facile, Non.

J’ai été monoparentale à partir de l’âge de deux ans. Son père n’a pas été beaucoup présent.

J’ai capoté ma vie, j’ai eu tellement peur de ne pas réussir. C’est pour ça que je n’ai pas eu d’autres enfants, mais on a réussi. On l’a fait. On l’a fait.

Puis on n’est pas parfaite, mais on s’aime. Puis elle a tous mes défauts, puis elle reste bien correcte de même. Elle a aussi un énorme cœur, puis c’est ça.

Annie, ta Doula Ostéo

Merci Marie-Claude. Merci d’avoir accepté de nous partager ces bouts d’intimité.

Marie-Claude Joannis

Maintenant j’en parle facilement parce que je me dis on souffre tellement tout seul avec des choses qui sont uniques mais tellement universelles en même temps.

Quand tu te demandes d’en parler, il y a tellement de monde qui sont pris tout seul à vivre ça, puis à voir honte, puis à penser qu’ils sont seuls au monde.

Tu sais, dans le fond, non, on est des milliards, des milliers, tu sais on le vivait avec les mouvements, hashtag MeToo, puis tout ça, mais il y a encore tellement de sujets comme ça qu’on ne parle pas.

Il y a des espaces pour en parler, puis être accueillis là-dedans, puis c’est essentiel. Puis vous êtes crispement pas tout seul.

Puis je suis pas toute seule, je suis plus toute seule moi non plus là-dedans.

Annie, ta Doula Ostéo

Merci Marie-Claude. Wow, Quel partage rempli de courage, rempli de résilience. Probablement que tu as entendu qu’à plusieurs reprises, Marie-Claude et moi étions très émotives à travers notre échange. Il y a plusieurs moments où on essuyait nos larmes, ce que tu n’as pas vu évidemment, puisqu’il n’y a pas de visuel. C’était une rencontre très riche. Marie-Claude a été très très généreuse dans son partage. Évidemment, on a abordé plusieurs sujets tabous, plusieurs sujets dont on n’a pas l’habitude de parler, même avec les gens avec qui on est très près finalement. J’espère que tu as aimé ce partage et cet épisode.

J’espère qu’à toi aussi, il te fait du bien. Si tu désires partager en lien avec ton vécu à travers cet épisode tout particulier, tu peux évidemment m’écrire, tu peux le faire via Instagram, tu peux également le faire directement par courriel. Tu trouveras mon courriel dans la description du podcast.

Je t’invite également à aller sur Apple Podcasts pour donner un beau 5 étoiles au podcast pour qu’il soit vu le plus possible par le plus grand nombre de familles possible.

Évidemment, je t’invite encore cette semaine à écouter la formation, la préparation à l’accouchement, les 11 clés pour une naissance facilitée, dans laquelle je te donne vraiment toutes les astuces à utiliser pour pouvoir te rapprocher le plus possible d’une naissance physiologique et d’une naissance qui va être le plus facile possible pour toi et aussi évidemment pour ton bébé.

Et si tu es au troisième trimestre de ta grossesse ou que même ton bébé est dans tes bras, je t’invite à nous rejoindre dans une rencontre postnatale gratuite pour découvrir les principales clés pour accompagner les super-pouvoirs de ton bébé. On va parler ensemble de sécurité affective, de sommeil, de motricité libre, de la fameuse tête plate, des réflexes archaïques et compagnie. Si ça t’intéresse, je t’invite simplement à aller dans la description et de cliquer sur le lien correspondant.

Je t’embrasse très fort, je te souhaite une magnifique semaine avec plein de bonheur, des petits, des moyens et des grands, et je te retrouve la semaine prochaine.