Connais-tu des personnes qui ont un don lorsqu’elles racontent un récit? C’est le cas de Ariane, notre invitée d’aujourd’hui.

Ariane est une humaine passionnée, pétillante et passionnante. À l’aide d’images fortes et vibrantes, elle nous partage son histoire inspirante.

LES ASTUCES QUE ARIANE A UTILISÉES POUR JONGLER AVEC LA DOULEUR

  • Bain
  • Compresses chaudes et froides
  • Création de l’ambiance dans la chambre
  • Déclenchement naturel
  • Expérience OPALEO
  • Instinct
  • Parler à bébé
  • Péridurale
  • Points de pression
  • Siège (bébé se présente par les fesses)
  • Sons et grognements
  • Stripping (décollement des membranes)

CONTACTER ANNIE

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Sujets abordés dans cet épisode

  • Accouchement sans péridurale

  • Accouchement en milieu hospitalier (hôpital)

  • Accouchement en maison de naissance

  • Accouchement avec des sages-femmes

  • Bulle hormonale (endorphines)

  • Gestion de la douleur

  • Endorphines

  • Instinct

  • Lâcher-prise

  • Maison des naissances

  • Naissance physiologique

  • Phase de latence

  • Poussée réflexe

  • Rôle du/de la partenaire

  • Sensations de la poussée réflexe

  • Sages-femmes

  • Version

  • Vomissements pendant le travail

Interventions dont il est question dans cet épisode

  • Naissance physiologique

  • Moniteur de surveillance foetale

  • Poussée bloquée


Transcription de l'épisode

Annie, ta Doula Ostéo

Connais-tu des personnes qui ont un don lorsqu’elles racontent un récit? C’est le cas de Ariane, notre invitée d’aujourd’hui. Ariane est une humaine passionnée, pétillante et passionnante. À l’aide d’images fortes et vibrantes, elle nous partage son histoire inspirante.

Je te souhaite la bienvenue, Ariane. Merci. Merci d’avoir accepté de venir nous rencontrer pour transmettre ta merveilleuse expérience de naissance qui a eu lieu il y a très peu de temps.

Raconte-nous comment ça s’est passé pour toi. Est-ce que ce projet d’enfant-là, tu l’as porté pendant longtemps?

Ariane

J’ai été très ambivalente avec l’idée d’avoir un enfant. Je pense que je voulais une famille, je voulais un enfant, mais pendant des années, je ne souhaitais pas beaucoup en parler.

J’étais beaucoup en réaction aussi au fait d’être potentiellement automatiquement étiquetée femme donc mère. Ça allait aussi avec mes réflexions féministes, de ne pas vouloir me faire coller des rôles automatiquement.

Je me sentais pas prête et je trouvais aussi qu’il y avait beaucoup de parents autour de nous qui avaient l’air de trouver ça très très difficile. 

Donc j’étais beaucoup en réflexion par rapport au deuil de ma vie, des choses que j’aimais faire, des choses que j’aime faire avec mon chum. Ça a été quelque chose qu’on a mûri très très longtemps.

Mon chum et moi, ça va faire 12 ans qu’on est ensemble. Alors, ça nous a pris du temps à nous décider.

Annie, ta Doula Ostéo

Et est-ce qu’à un moment donné, vous vous êtes dit « OK, go go go, on y va »

Ariane

Oui, oui. On s’est dit: “on fait un dernier voyage comme on aime, inconfortable, dans la pluie, dans le froid, en camping. On est allé en Islande, il a fait froid, il a plu, t’sais, on a eu la totale. Puis après ça, on s’est dit on fait notre bébé et puis voilà, on a fait le bébé.”

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, après avoir fait le bébé, il faut le porter et il faut éventuellement le laisser aller, le laisser sortir. Comment tout ça s’est passé au niveau de la grossesse? Est-ce que tu as eu une belle grossesse?

Ariane

Je te dirais que j’ai eu une grossesse difficile pour une grossesse sans complications. C’est comme ça que j’aime l’expliquer en fait parce que c’est sûr que je peux pas me comparer à des mamans qui ont eu des grossesses avec toutes sortes de risques ou des grosses peurs par rapport aux bébés ou des problèmes de santé.

Moi j’ai juste été très très très malade pendant le premier trimestre, mais aussi après deuxième trimestre, troisième trimestre j’ai recommencé à être très malade.

J’ai tellement vomi, c’est incroyable. Ça a été difficile dans ce sens-là parce que j’avais beaucoup de maux de coeur. Malheureusement, on a aussi subi une reprise de logement pendant ma grossesse, gros facteur de stress. Et donc on a dû chercher un logement en pleine crise du logement.

On a déménagé aussi en mars, donc ça a été quand même une grossesse, pas une grossesse stressante, mais une vie stressante pendant la grossesse.

Dans mes deux dernières semaines de travail, je suis en train de faire la transition avec la personne qui va me remplacer.

J’ai attrapé le COVID. Il faut que je fasse une échographie de croissance parce qu’on s’inquiète de ma hauteur utérine.

Et à presque 38 semaines, j’apprends que bébé est en siège, que si je veux essayer une version, c’est aujourd’hui la fenêtre d’opportunité. Mon chum n’est pas là, je suis avec ma mère à l’hôpital et parmi les risques, bien de un y a un risque que ça ne fonctionne pas parce que la majorité du temps ça ne fonctionne pas. Mais un des risques énumérés, c’était un accouchement par césarienne d’urgence aujourd’hui.

Je me suis dit, mon Dieu, je n’étais pas du tout prête à ça. Mais je pense que c’était mieux que je ne l’ai pas su, que je l’ai appris par surprise. Puis heureusement, la version a fonctionné. Donc bébé s’est retourné, puis ça a beaucoup aidé pour la suite. Mais ouais, ma grossesse a un peu mouvementé, je dirais.

Annie, ta Doula Ostéo

Absolument. Pour la version, est-ce que ça s’est bien passé aussi de l’intérieur pour toi? Si t’avais à nous dire comment tu as vécu cette intervention-là.

Ariane

J’ai détesté ça. J’ai trouvé ça extrêmement douloureux. Pour moi, la version a été traumatisante et j’ai eu beaucoup plus mal qu’à l’accouchement, en toute sincérité. Puis, ça n’a rien à voir avec le personnel de l’hôpital. Elles ont été fantastiques. Elles savaient ce qu’elles faisaient. Je me suis sentie en confiance. Ce n’est vraiment pas relié aux procédures ou aux comportements, mais en soi, une version, moi, j’ai trouvé que je la subissais.

Ariane

Ça fait très mal de se faire retourner le bébé manuellement. Je trouve que c’est un peu comme essayer de sortir une voiture d’un banc de neige. On pèse jusqu’à temps que ça cède un peu, que le passage se fasse. J’ai vraiment eu très très mal au moment de l’aversion puis après, mais j’ai eu la chance que ça fonctionne donc ça en a valu la peine. Puis si c’était à refaire, je le referais.

Annie, ta Doula Ostéo

Merci pour ton honnêteté parce qu’il y a des femmes qui disent que ça s’est hyper bien passé, que ce n’était pas douloureux.

Oui, vraiment! Magnifique! Et là, tu te prépares pour vivre une naissance avec une sage-femme en maison de naissance. C’était ça votre plan initial?

Ariane

Oui, oui c’était ça le plan initial. 

On avait comme projet de que l’accouchement se passe en maison de naissance, cela dit, je m’étais pas beaucoup accrochée à un scénario en particulier. Est-ce que c’était pour me protéger? Est-ce que c’était juste pour rester flexible? Je le sais pas.

Depuis le début de ma grossesse, je disais, le plan c’est d’accoucher en maison de naissance, mais si ça finit à l’hôpital, ça finira à l’hôpital. Mon plan c’est sans péridural, mais si j’en peux plus, il y aura une péridurale. Si ça finit en césarienne, on ne sait jamais.

Les contractions se déclenchent après un cours d’entraînement physique. Mais j’étais quand même rendue à 40 semaines.

Et puis, j’embarque dans l’auto, puis je dis à une amie, « Ah, tiens, j’ai une contraction, veux-tu voir c’est quoi? » parce qu’elle aussi était enceinte, fait qu’on voulait vivre ce moment l’ensemble.

Je rentre chez nous, j’ai des contractions, j’ai très très peu dormi parce que c’était quand même intense. Je suis déjà quelqu’un qui ne dort pas très bien dans la vie. J’ai eu des contractions un peu toute la nuit, le lendemain matin aussi. Je me dis ce n’est pas grave, je vais faire ma journée.

Je pars faire des courses, mais il faut que je m’arrête souvent, prendre une contraction sur le coin de la rue, à la caisse avant de payer, je trouve ça un peu intense.

Puis ça a commencé à s’intensifier. J’étais surprise de l’intensité de la chose pour être honnête, Annie, parce que j’avais des contractions de une minute aux trois, quatre minutes.

Moi, j’avais enregistré que quand tu as des contractions au moins de cinq minutes, qui dure une minute, tu te déplaces.

Je calculais mes affaires, j’étais toute seule à la maison, je prenais mes contractions debout, en angle droit, comme appuyé sur mon comptoir, sur ma table. J’ai trouvé ça intense dès le départ.

Pour être vraiment honnête, à un moment donné, j’allais dans le bain, ça s’est calmé très temporairement.

À la limite, je n’aimais même pas ça que ça se calme parce que je ne voulais pas que ça ralentisse. Je ne voulais pas risquer de perdre un peu le momentum pour quelques jours, puis d’avoir une espèce de danse de latence interminable parce que ça fatigue aussi.

Ce soir-là, on s’entend que ça fait comme 24 heures que j’ai des contractions. On parle avec la sage-femme, elle vient à la maison, elle m’examine. Mais elle, elle sait que je ne suis pas en travail actif, que bébé n’est pas là sur le bord de la porte, parce qu’elle m’entend parler. Elle entend aussi comment je respire, comment j’agis quand je suis en contraction, tout ça.

Elle m’examine, je suis à peine à 3 cm de dilatation.

La consigne, c’est de rester à la maison pendant la nuit. Mais demain, on va aller essayer de déclencher le travail naturellement. Pas parce que c’était urgent, mais parce qu’à un moment donné, quand ça fait longtemps qu’il y a des contractions, il y a vraiment une fatigue qui s’installe, qu’on veut essayer de garder de l’énergie pour le travail actif, pour la poussée et tout ça. 

Cette nuit-là, j’ai de grosses contractions, je trouve ça intense. Puis on se rend à la maison de naissance le lendemain midi pour déclencher le travail.

À la maison de naissance, le déclenchement du travail de façon naturelle, qu’est-ce que ça veut dire?

Ça veut dire un décollement des membranes, le fameux stripping et un petit programme d’exercice d’à peu près deux heures.  On fait du tire-lait mécanique, et puis on monte et descend les marches en exagérant beaucoup les mouvements.

Je dis “je”, mais mon chum a été présent tout le long, il a monté les marches avec moi, il faisait les sons avec moi. On a rugi ensemble, on a ri aussi, mais j’avais quand même super mal. Puis ça a très bien fonctionné, en fait, ce déclenchement-là du travail, si bien qu’on est resté à la maison de naissance.

Le travail a progressé et ce que je te dirais, c’est que j’ai trouvé ça hyper intense. C’est comme une espèce de douleur, de vague, qui m’avalait presque, mais dans laquelle je restais quand même « groundée », dynamique, en possession des moyens.

C”est un peu effrayant cette intensité-là. Je pense que ce qui m’effrayait, c’était d’entendre que ça allait devenir plus intense. Puis je t’avoue qu’il y a eu quelques moments où j’ai entendu la sage-femme nous dire «ça va s’intensifier. À un moment donné, ça va être plus, ça va être plus. » C’est comme des indicateurs de progression aussi. Mais j’avais du mal à me le représenter.

Puis je me souviens d’avoir dit à mon chum, je suis pas sûre que je vais être capable si ça devient plus intense.

Les choses progressent de par elles-mêmes un peu, fait qu’on s’est vraiment promenés partout. On s’est promenés dans la maison de naissance, dans la cuisine, dans le couloir. Je m’arrêtais à tout moment sur une table de conférence, sur le bord de l’évier, sur le mur, sur le frigo, prendre des contractions. J’ai fait ça pendant des heures, je n’ai pas eu beaucoup conscience du temps qui passait. C’est comme une bulle où il n’y a pas grand chose d’autre à faire que ça. Il faut penser à rien.

J’ai accueilli cette intensité-là pendant des heures sans me rendre compte qu’il y avait des heures qui passaient.

Un petit peu plus tard, il a commencé à y avoir des signes que j’avais peut-être un décollement placentaire. Il y avait aussi des petits signaux qui inquiétaient un peu la sage-femme. Donc, elle a vraiment préféré qu’on aille monitorer le tout à l’hôpital. C’était une mesure de précaution. Puis ça, pour les gens qui ne connaissent pas la pratique sage-femme, j’ai une confiance absolue dans les sage-femmes, dans l’équipe de la Maison de naissance qui m’a accompagnée, et j’ai vu à quel point elles étaient complètement alertes, formées et compétentes en matière de drapeau rouge. Ça a été le cas pendant ma grossesse, mais ça a été le cas ce jour-là.

Puis je le dis parce que j’ai hésité en début de grossesse entre un suivi sages-femmes et un suivi plus conventionnel. J’avais même envoyé les deux requêtes en me disant, c’est peut-être la vie qui va décider pour moi. Moi, je ne sais pas ce que je veux. Je n’ai aucun regret d’être allée en maison de naissance.

Premier élément qui nous demande d’être flexibles, parce que le plan d’accoucher à la maison de naissance, tout d’un coup, est compromis. 

Puis je vois que mon conjoint, lui, est déçu. Il est comme « Ah, chiat, on s’en va à l’hôpital ». Mais moi, comme je te disais, j’en avais pas tant de plan. Alors j’ai dit « ce n’est pas grave, là. On fait ce qu’il faut faire. Puis si c’est l’hôpital, c’est l’hôpital.

À un moment donné, je me disais, “à quelle heure on va partir? Quand est-ce qu’on va y aller?”

Puis j’entends juste: “l’ambulance est déjà là”.

Donc on est parti en ambulance. C’est impressionnant, mais c’était correct. 

Arrivés à l’hôpital, l’idée c’était juste de monitorer le coeur du bébé avec des moniteurs pendant une vingtaine de minutes pour vérifier que les battements de coeur étaient corrects. Et tout était beau.

Là, j’étais rendue en travail actif. Là, c’était très intense. Je raconte comme un petit voyage en ambulance, mais c’est intense. Les contractions sont vraiment, pour emprunter tes termes, généreuses, très puissantes.

Je fais mes sons à chaque contraction pour accueillir cette intensité-là et pour rester en quelque part dans ma puissance, pour être celle qui gère en quelque part ma douleur plutôt que de la subir.

On a décidé de rester à l’hôpital parce qu’il était rendu très tard le soir. J’étais en travail actif et puisqu’on était venus en ambulance, mais qu’on pouvait pas retourner en ambulance, il aurait comme fallu aller chercher la voiture à la maison de naissance en taxi. Tu sais, à un moment donné, quand la logistique devient trop compliquée, tu te dis: “on n’est pas là pour gérer de la logistique, on est là pour donner naissance.”

Et puis, il y a une entente qui fait qu’on a pu avoir une chambre de courtoisie à l’hôpital et que j’ai pu accoucher avec les sages-femmes. 

Ariane

J’ai pu finalement accoucher avec les femmes qui m’avaient accompagnée mais à l’hôpital.

Je pense aussi qu’une chose qui a peut-être été dommage de tout ce, je vais appeler ça le brouhaha, c’est que ça a été très long avant que je puisse vraiment m’installer dans ma grotte.

Il se passait un petit peu trop d’affaires, il y avait beaucoup d’actions. Puis c’est ne serait-ce que d’arriver à l’hôpital, de rencontrer comme tout plein d’autres professionnels, d’entendre les ambulancières jaser. C’est beaucoup de choses qui me ramenaient à ici maintenant, qu’est-ce qui se passe, où est-ce que je suis. Il a fallu aussi s’installer dans la chambre.

La sage-femme devait placer ses repères aussi au niveau du matériel, ses tables, ses affaires, fait qu’il n’y a pas eu cet espèce de calme peut-être que j’aurais souhaité, puis que je souhaiterais en fait à quiconque pour installer la fameuse grotte.

J’ai beaucoup fait de son. J’ai beaucoup essayé de garder en tête que c’était important que tout ça s’exprime. Est-ce que j’ai crié? Certainement, mais j’aime presque plus dire que des fois j’ai rugi.

Il y avait quelque chose d’instinctif, de libérateur aussi dans le fait de laisser ça sortir, je te dirais. Ça me permettait de manquer, ça me permettait de donner mon rythme en quelque part à la chose. Et puis c’est vraiment à 9 cm de dilatation, je te dirais que les hormones, la décharge d’hormones est arrivée.

Avant ça, j’étais vraiment comme toute là. C’est à la toute fin qu’il y a eu un switch. Puis je suis tombée dans un état assez drôle, en fait. Moi, j’ai trouvé ça très, très drôle. Je m’en rappelle très bien. Mais c’est un état de lenteur, on dirait, mentale, où je comprends ce qui se passe mais mon corps est comme un peu endormi. Je pense que c’est pour aider à accueillir la douleur. Mais ça, ça a été vraiment, vraiment comique en fait parce que je me suis mise à parler hyper lentement et à faire plein de demandes.

Je sais pas si tu as envie que je te donne un peu des exemples. Oui absolument, intéressée. Parce que je me souvenais aussi d’une chose que tu avais dite dans les cours OPALEO, les cours de préparation à la naissance, que le jour de notre accouchement, c’est une journée dans notre vie où les personnes qui ont de la difficulté à s’affirmer, à demander des choses, où l’on doit vraiment laisser tomber toutes ces barrières là. Où est-ce qu’il faut être absolument capable de dire oui je veux ça, non je veux pas ça, j’aimerais telle chose, j’ai besoin de…

J’avais gardé ça en tête parce que j’anticipais un peu ce défi là, quoique j’avais super confiance au sage-femme, mais c’est dur de se représenter qu’est-ce qu’on va vouloir ou pas, tout ça.

J’avais gardé ça en tête, pis on dirait que quand ma décharge d’hormones est embarquée, là ça s’est aussi passé, pis j’ai commencé à faire des demandes avec ma petite voix de personne pleine d’hormones. “J’ai chaud” “J’ai soif”.

C’était tellement comique. À un moment donné, mon chum, il met une petite débarbouillette sur le front parce que j’avais tellement chaud que j’ai dit «en dessous de mes cheveux, la débarbouillette».

Je ne voulais pas qu’il la mette sur mon toupette, il fallait que ça soit en dessous. 

Annie, ta Doula Ostéo

Là tu étais rendue à l’hôpital, tu aurais pu dire je veux un transfert et une péridurale. Est-ce qu’à un moment donné où ça s’est présenté à l’intérieur de toi?

Ariane

Zéro. Non. Je pense que je ne me suis même pas faite la réflexion « je suis à l’hôpital », pour moi c’était comme « je suis avec les sages-femmes.

La péridurale n’a jamais fait partie de mon répertoire des possibilités. Ce n’est pas de l’ordre de la croyance, ce n’est pas que je suis contre ça ou rien de ça, c’était juste, j’ai comme jamais pensé à ça, que moi j’aurais ça.

Pendant la grossesse, je me suis dit: si jamais, c’est épouvantable, je peux pas croire que les sages-femmes vont me dire” « ben non, il n’y en a pas de péridurale, j’aurais pu demander un transfert à l’hôpital ».

Je savais que ça c’était possible parce que quand on va en maison de naissance, c’est pour accoucher sans péridurale, il n’y en a pas d’anesthésiste là-bas. Mais non, ça ne m’est juste jamais venu de la demander.

Je me souviens même qu’après l’accouchement, j’ai demandé à la sage-femme, « À quel moment est-ce qu’on reçoit ça? À quel moment est-ce que j’aurais pu la demander? » Puis j’ai appris que c’était comme assez tôt en fait, ça peut être même au début du travail actif, tu sais, ça dépend vraiment de chaque personne, mais il n’y a pas eu un moment où non, où j’ai pensé à ça, pour être vraiment honnête.

Annie, ta Doula Ostéo

Même si ça a été quand même très intense, puis d’ailleurs, la première fois qu’on s’est vue après la naissance d’Aurélie, je m’en souviens de toute ma vie, t’es rentrée dans mon bureau pis tu m’as dit « Hiche, Annie, c’était intense! »

Ariane

C’est hyper intense! T’sais, c’est comme… Je sais pas si c’est intense ou si c’est extrême, pour moi c’est les deux.

Comme plein d’épreuves olympiques en même temps. Le lendemain là, j’étais tellement courbaturée, pis j’avais jamais pensé qu’on était courbaturée. Après avoir accouché, moi ça m’était jamais venu à l’esprit, mais my god que j’étais raquée, t’sais, parce que c’est un effort physique comme suprême. Oui j’ai trouvé ça super super intense.

J’ai envie de partager un petit peu ce qui m’a aidé à gérer cette intensité là.

À un moment, je vois un ostéopathe depuis des années, je l’ai vu quand j’étais enceinte aussi, on parlait d’accouchement, tout ça. Il me disait, Ariane, tu vas peut-être entendre que l’accouchement, pour certaines personnes, ça relève un peu de l’expression de l’ultime du féminin sacré.

Il me disait peut-être que tu vas entendre ça, mais n’oublie pas que ça prend du masculin pour accoucher. Ça prend du yang, ça prend aussi de la puissance. Va puiser là-dedans si tu peux. Puis ça m’a tellement parlé parce que je fonctionne beaucoup avec des images dans la vie, quand j’essaie de me concentrer, de me représenter les choses, puis ça m’a amenée à créer une image mentale de moi qui donne naissance.

C’est un peu flyé, mais à genoux, à quatre pattes, comme dans la terre, au sol, quelque chose de vraiment brut ou effectivement c’est un acte qui demeure quand même animal en quelque part. Puis là je me voyais dans ma puissance, vraiment comme les mains, les genoux dans la terre en train d’accoucher, puis effectivement que c’était pas comme des petits papillons, puis des petits arcs-en-ciel, c’est comme on accouche, j’accouche ». Ça m’a beaucoup aidée de me rappeler ça.

Puis je pense que dans les autres choses qui m’ont aidée à accueillir l’intensité, Il y a une chose que toi tu avais dite aussi dans le programme prénatal, c’était qu’accoucher en silence, souvent c’est un signe de souffrance. On peut avoir de la douleur, mais on ne veut pas souffrir. Je me suis vraiment autorisée à faire tous les sons que j’avais besoin de faire pour accueillir cette douleur-là et la transformer finalement en quelque chose que je faisais, que je projetais.

Tu avais aussi dit une autre chose vraiment, vraiment utile pour moi. Oui, on veut une grotte. Oui, on veut une bulle. On veut être dans un cocon, mais on ne veut pas être en état de fermeture.

On veut être en ouverture dans la bulle. Puis, ça m’a amenée, je te jure que ces paroles-là, je les ai entendues, puis ça m’a amenée instinctivement à me mettre en position d’ouverture quand les contractions étaient vraiment intenses.

Je n’ai pas réussi à chaque fois, on s’entend, sur des centaines de contractions, je l’ai fait quelques fois. Mais je me rappelle que des fois je me disais, allez Ariane, go, t’es capable.

Puis là, je ressortais de la vague, je levais ma tête, j’ouvrais mes mains, presque comme pour donner ou recevoir quelque chose, puis je me disais, reste comme ça en ouverture, ça va mieux passer. Puis comme de fait, le simple fait aussi d’être comme consciente ou active dans ce processus-là.

Je ne fais pas juste comme me faire ramasser par la vague, mais je suis dedans et je fais un petit quelque chose pour m’ancrer ou pour me rappeler que je suis là, consciente. Ça, ça m’a beaucoup, beaucoup aidée. Je trouve ça magnifique, en fait.

Même à ce moment-là, je trouvais ça beau d’être capable d’aller dans l’ouverture pour essayer de justement garder ma tête hors de l’eau.

Annie, ta Doula Ostéo

Parce que cette image-là de vague t’a beaucoup accompagnée dans le processus.

Ariane

Au moment de l’accouchement, je ne le sais pas, mais c’est vraiment ce qui m’est venu après pour essayer de l’expliquer à d’autres personnes, puis même d’en faire du sens pour moi-même, de comprendre un peu qu’est-ce que je pouvais retenir de ça.

Mais pour moi, c’était comme d’être en plein milieu de l’océan, sans repère sincèrement, où il y a des grosses vagues. Puis je ne peux pas arrêter les vagues.

Les vagues arrivent, il faut que je les prenne. J’avale des tasses. Les vagues, c’est les contractions. J’avale des tasses. Des fois, je me ramasse la tête en dessous de l’eau, mais je dois me laisser flotter.

Je dois me laisser flotter, parce que si je me débat, je panique, puis on s’en va nulle part. Et je sais que même s’il y a des gens peut-être dans le bateau, la sage-femme, mon chum, ils ne peuvent pas venir me chercher. C’est mort. C’est mon moment dans l’océan.

Puis je sais aussi que si j’essaie d’atteindre le rivage trop vite, je vais me faire prendre dans le ressac. Je vais me faire bardasser. Je ne peux pas atteindre le rivage avant que ce soit le temps. C’est quand le temps, c’est quand le bébé arrive.

Tant que le bébé n’est pas là, il n’y en aura pas de rivage. Ça ne donne rien de m’épuiser à nager contre les vagues. Mais on s’entend qu’on est vulnérable, c’est complètement bouleversant aussi.

Il n’y a personne qui peut nous sauver. Il faut être là, puis de notre mieux, dans l’ouverture d’essayer d’être un peu relax. Je dis « il faut » mais je ne veux d’aucune manière essayer de dire aux autres qu’il faut que, c’est pas ça là. Je devrais le dire au je. C’est comment je me souhaiterais de le revivre si j’ai un autre accouchement.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, de façon à faciliter dans le fond le plus possible ton vécu à travers ça. C’est ça ton objectif.

Ariane

Oui, puis toute cette image de l’océan, des vagues et tout, ce n’est pas quelque chose que j’avais construit avant. C’est pas une visualisation que j’avais programmée, que j’ai voulu, qui m’accompagne. C’est plus après, je me suis dit si j’essaie de me créer comme une image, de me représenter ce que ça a été pour moi, c’est ça que ça a été.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, tu étais dans toute la liste des choses qui t’avaient beaucoup aidé, est-ce qu’il y avait d’autres choses dont tu voulais nous parler parce que c’est très précieux là ce que tu nous partages comme astuce.

Ariane

C’est sûr que le soutien de mon chum ça a été extrêmement précieux. Il comprenait, il comprenait quoi faire, puis surtout, surtout il a fait de son mieux. Je pense que c’est ça qui était le plus important, parce qu’il était aussi, je ne veux pas dire dépassé, mais je veux dire, c’était aussi nouveau.

Nous, on est des nouveaux parents, c’est notre premier enfant. On ne sait pas trop ce qui se passe. Nous, on pensait d’accoucher à la maison de naissance, on était rendu à l’hôpital. Il y avait des choses qu’on n’avait pas à porter.

Par exemple, on n’avait pas à porter de bol. Tu nous suggères d’apporter un bol d’eau pour les compresses froides. Nous, on n’en avait pas parce qu’à la maison de naissance, il y en a.

On en avait un pour les chaudes. C’était les sages-femmes qui l’utilisaient pour les compresses chaudes pour mon périnée. Mais mon pauvre chum, il n’arrêtait pas d’aller courir au lavabo, mouiller les compresses.

Quand je disais, mais tu ne peux pas alterner avec ma petite voix pleine d’hormones. J’ai chaud. Je le voyais bien qu’il se démenait. Il n’a pas arrêté une seconde. Ça, c’est sûr que ça fait vraiment qu’on a été en équipe du début à la fin. Il les a fait avec moi.

Il est grand, il fait 6 pieds je ne sais pas quoi, mettons 6 pieds deux ou trois, je ne le sais jamais. Lui pencher pour m’accompagner tout le long, presque à chaque contraction, il a travaillé vraiment fort.

Ça fait que c’est sûr que ça a été hyper, hyper précieux. Puis même, ce qui est vraiment drôle, parce que rendu plus loin, à partir de 9 cm, quand je suis vraiment dans ma grotte, dans mes hormones, j’ai beaucoup les yeux fermés, je ne vois plus rien, je n’ai plus trop conscience de ce qui se passe. C’est bien correct.

En fait, j’ai conscience de ce qui se passe, mais je ne m’accroche pas à des repères visuels, je suis comme vraiment dans ma bulle. Après l’accouchement, j’ai vraiment eu besoin de beaucoup recoller les morceaux, comme si j’avais plein de morceaux de casse-tête, puis que je voulais reconstituer l’image.

Pendant des jours, j’ai posé des questions à mon chum: « mais qu’est-ce qui s’est passé à ce moment-là? Mais là, t’as la fin de la… » J’avais vraiment besoin de pouvoir me raconter une histoire qui était cohérente.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que tu trouves que ça l’a enrichi, votre relation, d’avoir vécu ce moment-là ensemble?

Ariane

Oui, on était prêts à ça, ça va avoir l’air cucu, mais on est déjà une bonne équipe. Je me suis embarquée dans cette aventure-là en pleine confiance.

Et comme je le disais, j’ai eu une grossesse quand même assez difficile pour une grossesse sans complications puis mon chum a tellement été à la hauteur à tous les niveaux que c’était comme la suite logique.

Juste cette présence rassurante, c’est sûr que ça a énormément aidé. Puis je te dirais qu’une autre des choses qui a beaucoup aidé, je crois, en tout cas c’est ce que je me raconte, c’est que je me souvenais aussi que tu nous as parlé que si on pouvait à la toute fin de la poussée d’essayer d’y aller doucement, pour ne pas déchirer notamment.

Annie, ta Doula Ostéo

Et avant d’arriver à ce moment-là, est-ce que tu as eu la chance d’expérimenter la poussée réflexe?

Ariane

À un moment donné, les hormones sont embarquées, les contractions sont devenues hyper intenses.

Les sages-femmes m’ont dit « pourquoi tu n’irais pas sur le lit. Ça fait comme deux jours que tu es debout avec tes contractions. On va aller sur le lit. Elle voyait que ça venait vraiment très très intense.

Je me suis mise à quatre pattes sur un ballon. Puis la poussée a commencé d’elle-même. Je pense que je n’étais peut-être pas complètement dilatée,alors on m’a demandé de ne pas pousser, pour attendre un petit peu, je pense que les conditions soient vraiment favorables.

Ça, c’était hyper difficile. Puis même, j’ai relu les notes de l’accouchement. La sage-femme m’a donné les notes de l’accouchement puis elle a noté que je disais « ça pousse, ça pousse » parce que ça poussait.

Et à moment donné, les sages-femmes sont devenues très directives parce que le cœur du bébé a commencé à décélérer. À un moment donné, on moniteure le cœur du bébé très régulièrement. Je pense que c’est comme à chaque contraction. Le cœur a commencé à décélérer.

Je pense que ce n’est pas anormal, mais ça a été une surprise que là, tout d’un coup, elles deviennent très directives. Puis encore une fois, tant mieux, encore une fois pour moi, ça ne parle que de leur compétence, du fait qu’elles savent exactement où elles s’en vont, comment les choses doivent se passer, puis quand est-ce que c’est là c’est elles qui doivent embarquer pour guider le processus.

Annie, ta Doula Ostéo

Quand tu as commencé à sentir Aurélie qui descendait vraiment, puis qui arrivait au niveau de ta vulve, comment ça s’est passé?

Ariane

Ça s’est bien passé sincèrement. Moi on m’avait beaucoup parlé de l’anneau de feu ou le petit couronnement, le grand couronnement, ces affaires-là. Mais ça n’a pas été si pire que ça. Puis même, je te disais que c’était pas mal comique, tout mon état second. Puis à un moment donné, il y a une des sages-femmes qui me dit «Ah, ça brûle, ça doit vraiment brûler en ce moment.» Je lui réponds «Non, ça ne brûle pas».

Je pense que ma surprise ou je pense que ce que j’avais oublié c’est que c’était comme normal que la tête du bébé sorte et re-rentre. Fait qu’à un moment donné quand j’ai entendu « Ah! Elle est rentrée! » là j’ai été découragée.

Alors Aurélie a fini par sortir. C’est son père qui l’a accueilli avec les sages-femmes. Tu vois, c’était une autre chose où moi dans mon plan de naissance, je n’avais pas mentionné que je voulais accueillir le bébé. Je m’étais dit: “je vais sûrement être vraiment trop occupée”. Si j’accouche, mettons à quatre pattes, on dirait que de façon très pragmatique, je me dirais mes mains ne seront pas libres, je ne pourrais pas.

J’avais envie que ce soit son père qui l’accueille. Ils ont fait ça en équipe avec les sages-femmes. Puis là, on a attendu le cri. Et il n’y en a pas eu. Il n’y a pas eu de cri. Aurélie était super calme. Elle avait les yeux ouverts. Moi, je la décrirais comme calme. Son père l’a décrite comme amorphe.

Oui, c’est ça, un peu comme pas sans vie, mais il ne se passait pas grand-chose là-dedans. Fait qu’on a eu déjà là un peu une différence de perspective. Et le cri n’est comme jamais venu en fait puis on a appris par après que c’est normal qu’il y a plein de bébés qui crient pas, que c’est pas grave mais Aurélie est née toute calme et puis elle est demeurée calme. C’est un enfant calme.

Je trouve quand même que son entrée dans le monde est à l’image

Puis là, il y a eu quand même des petites techniques pour essayer de s’assurer qu’elle respire bien. Les sages-femmes l’ont beaucoup frotté, emballé dans des couvertes. Elles lui ont donné de l’air, pas de l’oxygène, mais juste comme des petits pwish-pwish d’air pour essayer de débloquer, essayer de voir respiratoire, tout ça. Et éventuellement, ça a été correct.

Puis après elle a été déposée sur moi. Puis c’était juste magnifique. C’était comme, ah enfin, elle a un petit paquet tout chaud, tout mou, tout doux.

Puis là, on est arrivé. Le rivage. Oui, le rivage. Le rivage. Tu sais. Oui. Ça fait que ça a été ça, mon moment, à moi. C’était juste bon.

Tout de suite, je l’ai approché. Je ne sais pas si c’est un regret, je l’ai pas laissé ramper jusqu’au sein. Parce que moi, vraiment j’étais super naïve,

Je pensais que ça se passait vite ça. Comme si un bébé savait ramper avec ses mains et ses pieds. J’ai compris qu’un petit bébé qui rentre, c’est comme

il se donne des petits coups pour monter. Fait que là, j’ai bien vu que ça serait pas comme le sprint et qu’elle serait pas montée en 20 secondes. Ça prend du temps et on dirait que j’ai… Je sais pas pourquoi, j’ai comme voulu lui épargner cet effort-là. Je me suis dit, « Ouf, t’as beaucoup travaillé, j’ai beaucoup travaillé, viens, on va se coller. » Là, j’ai pris, j’ai donné plein de petits becs, on était ensemble. Je l’aimais immensément. Ce qui est particulier, c’est que mon chum à ce moment-là, lui, il n’a pas vécu ça.

Lui, il est comme resté stressé, en fait. Ça n’a rien à voir avec l’amour pour notre fille, mais ça c’est que lui, je pense qu’il a trouvé ça stressant de voir que les sages-femmes devaient être directives avec moi, de voir que je poussais vraiment beaucoup, qu’il fallait que ça progresse, qu’Aurélie ne crie pas, qu’il la trouve amorphe.

Mon conjoint est comme resté sur un stress. Je crois, je vais pas parler à sa place, mais d’être comme pas certain que ça allait, que c’était pas l’atterrissage peut-être en douceur que moi j’étais en train de vivre. Ça on s’en est parlé après, puis je le voyais aussi, je pense que lui, c’était pas comme… Il était pas dans la ouate à ce moment-là. 

Je peux finir avec un petit détail qui est logistique, parce que ça fait partie de notre histoire.

Après nous sommes retournés en maison de naissance.

C’était vraiment tellement extraordinaire à la maison de naissance, ils ont accepté qu’on aille se reposer là-bas avant de rentrer à la maison. 

Comme si j’avais accouché là finalement, donc on a pu aller se poser dans une chambre, dans un lit, avoir un bon déjeuner, se reposer, puis atterrir, pas juste rentrer chez nous. On aurait pu rentrer chez nous, mais on a décidé de se poser à la maison de naissance.

C’est une autre chose que sur laquelle tu mets beaucoup d’accent dans le programme OPALEO c’est que le conjoint ou la conjointe c’est comme la personne chargée de projet pis ça mon chum il a vraiment assuré à ce niveau là.

Alors si je partage quelques petites réflexions finales, Il y a une chose qui m’avait marquée quand j’ai commencé le suivi en maison de naissance, c’est la sage-femme qui m’a dit, tu sais, un accouchement naturel, sans péridurale, ça se prépare.

J’ai dit, ok, ça se prépare.  On fait ça depuis toujours, depuis la nuit des temps, mais ça se prépare. J’ai pris ça au sérieux.

On est tombé sur le programme OPALEO, le programme OPALEO. On a décidé aussi de suivre ces cours-là, puis ça a été comme une super décision.

Ça a été extrêmement aidant pour moi de me faire dire de me préparer, puis de le faire, d’avoir le matériel en fait pour me préparer. Puis j’ai beaucoup aimé avoir toute une panoplie d’outils que je pouvais utiliser et que mon chum pouvait utiliser. Fait que j’ai beaucoup aimé avoir tous ces outils-là. C’était parfait d’avoir toutes les autres options. Ça c’est quelque chose que j’ai énormément apprécié, cette préparation-là, ce programme-là.

Puis le fait qu’on soit responsabilisé aussi, ça n’arrive pas, je veux dire, on est capable, mais ça n’arrive pas comme par magie. En tout cas, moi, ça, ça m’a parlé à tout le moins. Puis c’est quelque chose que j’ai énormément apprécié du suivi en maison de naissance du suivi avec les sages-femmes, c’est le fait que c’est une approche qui est axée sur la compréhension, sur l’éducation, sur le consentement, sur les choix, sur l’empowerment. Je trouve que ça nous a préparés à l’accouchement, mais ça nous a préparés comme parentes à prendre des décisions à propos de ma grossesse, à propos de mon suivi de grossesse, à propos de plein de choses, à propos de l’accouchement. Puis là, à un moment donné, quand ça fait neuf mois qu’on te demande un peu ton avis, qu’on te propose des options, que tu as à choisir, que tu réfléchis, que tu dis bon est-ce que je veux plus ci ou ça, qu’est-ce qui est important pour moi, bien nous on s’est senti plus prêts à être parent. Puis je trouve que c’est ça aussi, l’empowerment, c’est de rendre les gens qui sont suivis autonomes.

Ça fait que ça, ça a été vraiment un immense cadeau qu’on a reçu d’avoir été accompagnée par des sages-femmes. Et puis, depuis qu’Aurélie est née, on suit le programme postnatal de la communauté OPALEO et j’adore ça. J’en mange, je capote.

Je parle d’Annie à plein de monde, si bien que j’ai arrêté de dire «ouais, vous savez, la doula ostéopathe, je t’appelle Annie» puis comme les gens le savent. Mais j’adore ça.

C’est un programme qui est extrêmement complet, qui moi me stimule beaucoup intellectuellement, puis c’était une de mes craintes un petit peu, en congé de maternité, de trouver ça long, de trouver ça plate, que mon cerveau soit peut-être pas assez stimulé. Bon, ça, ça se passe pas, mais c’est très nourrissant. C’est comme tout un domaine de connaissances, d’accompagner les enfants dans leur développement socio-affectif, dans leur développement psychomoteur.

Je trouve ça passionnant. Puis en plus, toi, tu nous transmets ta passion d’une façon magnifique, inspirante. Mais c’est vraiment pour moi de la nourriture qui me fait sentir aussi bien outillée pour observer notre bébé puis l’accompagner de notre mieux. Encore en confiance avec des outils, puis il y a comme tout plein de choses, tout plein de notions, de stratégies dans ce programme-là, dont j’avais absolument pas conscience même qu’elles existaient. Fait que je me sens, non seulement outillée, mais en fait, je me sens riche de ces connaissances-là puis c’est trippant. Fait que je te remercie, Puis aux parents qui hésitent, le programme de postnatal, c’est vraiment un must. Je ne me fais pas payer pour dire ça, mais vraiment, j’adore ça.

Annie, ta Doula Ostéo

Je suis très, très contente. Merci tellement d’être venu nous raconter. 

Ariane

Merci Annie.

Annie, ta Doula Ostéo

C’était délicieux comme épisode et si tu avais pu, toi aussi, avoir le visuel en plus, c’était wow! Parce que Ariane est passionnante dans ses mots mais elle est aussi très colorée dans sa gestuelle, dans ses mimiques, elle est très très expressive. C’était absolument délicieux et je pense que tu vas pouvoir profiter de nombreux trucs dont elle nous a parlé qui sont des trucs pratico-pratiques vraiment intéressants en lien avec la préparation à l’accouchement.

Donc j’espère que tu as aimé, si tu as envie de nous écrire en lien avec cet épisode ou un autre épisode que tu as écouté, tu peux le faire via Instagram et aussi via mon adresse courriel que tu trouveras dans la description de l’épisode.

Si tu as envie de t’inscrire au 11 clés pour une naissance facilitée, tu peux le faire en allant dans la page de l’épisode.

Même chose pour l’atelier Les Super Pouvoirs de ton bébé, auquel je te convie si tu es en fin de grossesse, disons à peu près, disons troisième trimestre ou encore directement en post-natal. C’est un atelier dans lequel je te parle d’astuces vraiment importantes pour pouvoir accompagner ton bébé au mieux.

Je te souhaite une magnifique semaine avec plein de petits, de moyens, de grand bonheur, de grand plaisir et je te dis à la semaine prochaine.