Florine et Camille sont infirmiers dans le Grand-Nord Québécois.

Au début de la grossesse, ils avaient tous les deux une vision médicalisée de l’accouchement. Pour Florine, l’utilisation de la péridurale allait de soi:

“Moi j’étais la fille qui je veux la péridurale, je ne veux pas avoir mal, tu sais le côté un peu infirmière, et en fait, en suivant les vidéos et les zooms, on a complètement changé d’idée.”

Au fur et à mesure que les semaines ont passé, leur vision de l’accouchement a complètement changé.

Peu à peu le désir de vivre une naissance physiologique est né. Ils se sont préparés en équipe pour vivre cette expérience. Florine a découvert toutes les ressources auxquelles elle avait accès et Camille a expérimenté l’importance du soutien du.de la partenaire.

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On s’est beaucoup posé de questions, si on devait accepter ou pas de se faire provoquer. Dans notre empowerment, on ne voulait pas juste se laisser guider et se laisser aller dans les ordres médicaux. On voulait vraiment prendre nos propres décisions.

Florine

Astuces que Florine et Camille ont utilisées pendant le travail et l’accouchement

  • Bain
  • Ballon peanut
  • Chaleur avec un sac magique +++
  • Création de l’ambiance dans la chambre
  • Lumières tamisées
  • Massages +++
  • Mouvements du bassin
  • Musique du pianiste Ludovico Einaudi
  • Musique Playlist OPALEO
  • Positions et stations
  • Pression dans le bas du dos +++
  • Promenade dans la forêt près de l’hôpital
  • Sons et grognements 
  • Suspensions

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Les sujets abordés dans cet épisode

  • Accouchement sans péridurale
  • Accouchement en milieu hospitalier (hôpital)
  • Astuces utilisées pour que les contractions commencent
  • Bulle hormonale (endorphines)
  • Erreur de captation des moniteurs pour le coeur du bébé
  • Grossesse vécue dans le Grand-Nord québécois
  • Importance du soutien du.de la partenaire
  • Induction prévue à 38 semaines de grossesse
  • Rupture spontanée des membranes
  • Collaboration avec l’équipe médicale
  • Plan de naissance ou souhaits de naissance
  • Poussée réflexe
  • Surveillance de la hauteur utérine pendant la grossesse

Interventions dont il est question dans cet épisode

  • Monitoring ambulatoire
  • Ocytocine de synthèse
  • Fentanyl
  • Bloc honteux
Transcription de l'épisode

Annie, ta Doula Ostéo

Florine et Camille sont tous les deux infirmiers. Pendant leur grossesse, ils ont grandement transformé leur façon de percevoir la naissance, qui peu à peu s’approchait. Dans cet épisode, je t’invite à découvrir leur histoire.

Jean Houle

Bienvenue dans le podcast de Annie Bhérer. Passionnée de grossesse et d’accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l’international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici ta Doula Ostéo, Annie Bhérer-Racine.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est avec grand plaisir qu’aujourd’hui je reçois Camille et Florine qui vont venir nous raconter leur histoire de grossesse parce que vous allez voir qu’ils ont quand même un vécu particulier. Et ce qui nous intéresse en particulier, c’est bien entendu l’accouchement. Merci à tous les deux de prendre le temps de venir nous raconter votre histoire. C’est quand même des événements qui sont intimes, de venir accepter de nous partager ce que vous avez vécu autour de ça. Premièrement, la grossesse, Florine et Camille, vous avez vécu quand même un certain nombre de rebondissements et de stress à travers les dernières semaines de grossesse.

Florine

Oui, alors la grossesse en général s’est très bien passée. J’ai eu une belle grossesse, je n’ai eu aucune complication. Le bébé allait très bien dans les percentiles voulues. Juste la hauteur utérine qui surveillait un peu plus étroitement, puis qui les stressait un peu plus. Mais en fait, nous on a un contexte particulier, on travaille dans le Nord, donc il a fallu faire un peu nos suivis de grossesse à distance au téléphone. Et puis on est infirmiers, donc Camille prenait ma hauteur utérine, il fallait un petit peu double vérifier avec les médecins.

Camille

Pour l’anecdote, je suis vraiment pas un pro de l’obstétrique.  Je travaille dans le Grand Nord et la hauteur utérine que j’ai sortie une première fois n’était vraiment pas bonne. Ça a valu un appel du médecin: “vous êtes sûr de la hauteur utérine”?

Florine

Puis dans le fond, c’est ça nous ce qu’on a trouvé un peu plus dommage. Puis on s’en était parlé à Annie par message. Sur la fin, un peu plus stressant, ça a été qu’à partir de 38 semaines, il m’avait déjà planifié pour ma date de me faire provoquer. Puis, évidemment, comme je n’avais jamais eu d’enfant, j’étais nullipare. C’est sûr qu’il y a plus de chance que mon accouchement tarde, que le déclenchement tarde, que ça que ça arrive plus tard que prévu. Donc ça, ça m’avait beaucoup stressé à la fin.

On s’est beaucoup posé de questions, si on devait accepter ou pas de se faire provoquer. Dans notre empowerment, on ne voulait pas juste se laisser guider et se laisser aller dans les ordres médicaux. On voulait vraiment prendre nos propres décisions. J’ai essayé toutes les solutions pour essayer d’accoucher avant 40 semaines, même à 41 semaines. Mais finalement, on a été chanceux parce que j’ai percé les eaux le jour où je devais me faire provoquer. Donc, ça a bien fini, mais c’est vrai qu’on a trouvé ça un peu stressant dans le système de santé pour ça.

Annie, ta Doula Ostéo

Absolument, parce que ça met des doutes. Puis comme tu dis, on ne sait pas trop sur quel pied danser, est-ce qu’on accepte, est-ce qu’on refuse? Et là, avant de passer à l’accouchement proprement dit, il y a quelque chose qui m’intrigue, parce vous avez nommé que vous étiez tous les deux infirmiers, que même si vous n’êtes pas spécialisé en obstétrique, vous avez quand même beaucoup de connaissances médicales et vous avez quand même décidé de vous préparer et de vous renseigner de façon quand même assez importante pendant la grossesse en prévision de l’accouchement. Et ça, ça m’a toujours un peu intriguée parce qu’il y a beaucoup d’infirmiers, beaucoup de médecins qui décident qu’ils ont moins besoin de se préparer. J’aimerais ça vous entendre là-dessus. Qu’est-ce que fait que vous êtes dit, ok, nous autres, malgré toutes nos connaissances médicales, on va quand même mettre de l’énergie dans cette préparation-là?

Camille

Tu as beau être dans le métier, c’est pas ce que t’as pratiqué vraiment de façon professionnelle pendant des années. En fait, tu n’y connais rien en réalité. Puis, on s’en est aperçu jour après jour quand on a suivi les formations OPALEO. On était très honnêtes avec nous-mêmes. Ce n’est pas parce qu’on était dans le système de santé qu’on connaissait. C’était un monde complètement inconnu pour nous. C’est sûr, il y avait des petites connaissances, des notions, du vocabulaire médical, des choses qui sont acquises et qui sont peut-être plus simples pour nous. Il y a aussi le fait qu’on connaisse un petit peu le secteur hospitalier, comment ça fonctionne, dans les coulisses. Mais ça reste que ça reste une spécialité et que si tu n’as pas fait ça toute ta vie, tu ne connais rien. Nous, on a fait principalement des soins intensifs, de la chirurgie cardiaque, même dans le Grand Nord on est un peu confronté à l’obstétrique parce qu’on a élargi notre champ de compétences et qu’on fait de la première ligne, mais ça reste que c’est des petites choses, on ne s’est pas approfondi forcément autant que ce qu’on voudrait. Et on a trouvé dans la formule OPALEO vraiment notre bonheur, dans le sens que justement, on trouvait que ce n’était pas de la préparation, je dirais, basique de quelqu’un qui ne connaît absolument pas le milieu. On dirait que ça peut rejoindre toutes les bourses quoi, dans le sens même en étant du métier on a appris énormément de choses puis justement on a apprécié le fait qu’on allait plus loin dans les connaissances et donc ça nous a vraiment tout de suite parlé. 

Florine

Puis nous on sait beaucoup agir sur les complications. On est infirmier donc c’est sûr qu’on connaît le “dark side”, un peu tous les événements un peu négatifs qu’ils peuvent avoir. Donc, c’est sûr que on est au courant de comment ça se passe un accouchement, c’est quoi les interventions, c’est quoi les complications qu’il peut y avoir, qu’est-ce qu’il faut faire avec un bébé… quand on en fait des accouchements ici, mais de la base, on était nul.

Camille

Moi la bulle hormonale j’avais jamais entendu parler de ça, On l’a expérimenté, on l’a vécu, on l’a… Enfin je veux dire, toutes ces choses-là, c’était vraiment l’inconnu total en fait. 

Florine

Puis d’un point de vue naturel aussi, si tu veux aller dans un aspect un peu plus physiologique, c’est clair que de nos connaissances à nous, ça ne rejoignait pas du tout le côté physiologique naturel.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est formidable parce que finalement c’était très complémentaire tout ce que vous avez fait, à ce que vous aviez déjà. Et là, ce que j’entends, c’est que tout ce que vous avez acquis comme compétences, comme connaissances, vous l’avez vraiment mis en pratique lors de l’accouchement.

Camille

Vraiment. Ça va nous servir aussi dans notre situation professionnelle. En réalité, c’est ça qui est génial, c’est que côté personnel, on l’a vécu, expérimenté, puis moi, je sais que ça me sert maintenant aussi pour la suite de mon travail. 

Annie, ta Doula

C’est génial. Ah, je suis curieuse là, on va faire une petite bifurcation. À quoi tu penses? Tu penses quand, par exemple, tu accompagnes des femmes pour l’accouchement ou tu penses complètement à autre chose?

Camille

Si je reçois une femme enceinte qui m’appelle à 3h du matin pour me dire j’ai des contractions. Les liens se font beaucoup plus vite, les “Braxton-Hicks” toutes ces choses là, c’est vraiment beaucoup plus clair pour moi et ça m’a beaucoup déstressé avec la spécialité, tant l’obstétrique, que la néonatologie, si on veut ou la périnatalité en fait, plus précisément.

Florine

En plus, ta première garde, quand on est revenu dans le Grand-Nord, moi je suis en congé parental, Camille travaille, on est revenu dans le village, en ce moment on est dans le village et sa première garde son premier appel c’est une femme enceinte de 37 semaines qui avait des crampes.

Camille

Elle pensait à des contractions, elle n’était pas sû, donc c’est assez drôle Je l’ai pris beaucoup plus relax que ce que ça aurait été 6 mois auparavant.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, parce que là, il faut dire que comme tu avais déjà vécu l’expérience toi-même, tu savais aussi à quoi ça ressemblait une femme à 9 cm à ce moment-là, tu devais te douter déjà au téléphone qu’elle n’était pas rendue là. 

Camille

Exactement, oui, c’est ça.

Annie, ta Doula Ostéo

Racontez-nous, donc là, tu perds tes eaux, Florine, la journée où normalement vous auriez dû être confronté à l’induction. Et là, qu’est-ce qui se passe après ça? Est-ce que le travail commence? 

Florine

Le travail a tardé. Alors, moi, dans mon monde idéal de licorne, j’aurais aimé faire tout le travail à la maison, chez moi, avec mon chéri. Je voulais me rendre le plus loin possible parce que c’est aussi ce qu’un des médecins, lors de mon suivi de grossesse, tu sais quand tu es suivi par une équipe d’omnipraticiens, tu rencontres tous les omnipraticiens, puis une de ces médecins-là m’avait dit si tu veux, un accouchement naturel parce que c’était ça notre désir de naissance, c’était un accouchement le plus naturel possible, qui d’ailleurs n’était pas du tout ce qu’on voulait au départ, avant de commencer les cours OPALEO, notre vision a complètement changé. Moi j’étais la fille qui allait dire moi je veux l’épidural, je veux pas avoir mal, tu sais le côté un peu infirmière, et en fait en suivant les zooms, puis les vidéos, on a complètement changé d’idée. Donc voilà. J’ai perdu les eaux pendant la nuit. Je me lève le matin pour aller faire pipi, très tôt, comme d’habitude. Puis là, je remarque que je perds plus de liquide, je vais me recoucher en mode… Puis là, à un moment donné, je me dis: mais tu es en train de perdre les eaux là, il faut que tu te lèves!

On dirait que j’étais en déni que j’allais accoucher. Puis j’avais pas de contraction. En fait, oui, j’en ai eu un peu pendant la nuit. C’est vrai, j’ai eu comme un peu des contractions de règles, des crampes de règles pendant la nuit. Et puis après, le temps qu’on s’est préparé, que j’ai appelé, qu’ils m’ont dit de prendre mon temps, mais de m’en venir. Camille m’a fait un très beau déjeuner ce matin-là. Et puis, le temps qu’on se prépare et tout, finalement, je n’avais plus tant de contractions. Ça durcissait un peu de temps en temps, mais zéro douleur. C’était vraiment comme des Braxton-Hicks. Puis, finalement, on s’est rendu à l’hôpital, à la salle de triage, il n’y avait pas grand monde, on était vraiment relax, les infirmières étaient super relaxes aussi. Ils ont fait un moniteur, j’avais une contraction aux 3 minutes mais non douloureuse. Là le médecin qui était là de garde m’a dit:  “vous avez deux heures, allez marcher. À Sherbrooke là où on habite autour du CHUS, il y a une forêt, il ya des sentiers.  On est allé marcher huit kilomètres en discutant. Je commençais à sentir un peu les hormones, je me rappelle je commençais à être un peu sur un nuage. Même Camille me l’a fait remarquer.  Au bout d’un moment, je commençais à avoir un peu mal, des contractions. Donc on retourne à l’hôpital au bout de deux heures, puis là, le monitoring, il n’y a presque plus rien. Donc comme ça n’avait pas évolué assez rapidement, le médecin qui était là nous a annoncé qu’il faudrait passer par l’induction, donc par l’intraveineuse avec le l’ocytocine de synthèse.

Camille

Ça a été un peu la désillusion à ce moment-là, parce qu’on avait l’idée de l’accouchement naturel, encadré à l’hôpital évidemment. Puis là, quand la médecin lui a fait comprendre qu’on ne pouvait plus attendre et qu’il fallait passer par les hormones de synthèse, là elle s’est un peu effondré en pleurs puisque ce n’était pas du tout ce à quoi on s’attendait. Mais on a vite repris le dessus, puis on savait que tout se passerait pas forcément comme on espérait. On a essayé de négocier un petit peu du temps, mais… Il y a toujours des limites, surtout j’imagine en secteur hospitalier.

Florine

On connaît la réalité de ça aussi.

Camille

On s’est résigné et on s’est dit que ce n’est pas pour autant que ça ne va pas bien se passer.

Florine

Ça a été comme un deuil quand même. Parce que la piscine hormonale, j’imagine, de ce qu’on a cru comprendre, n’est pas la même. Apparemment, tout le monde dit que ça fait très mal avec l’intraveineuse, mais bon, moi je ne le saurais pas pour quand. On le verra peut-être pour un deuxième, mais je ne le sais pas. Je l’ai vécu avec l’intraveineuse.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là donc, justement, après que tu aies pleuré un bon coup, que tu aies libéré ça, vous discutez ensemble, vous en venez à la conclusion que ça va aller et vous acceptez. Comment ça se passe une fois que le synto est installé? Est-ce que ça va doucement vers une amplification? Est-ce que ça va vite dans des grosses contractions?

Florine

Non, ça allait quand même assez doucement. C’était très smooth. Ils m’ont parti à l’intraveineuse à 14 heures. Puis je pense qu’au bout d’une ou deux heures, je commençais à ressentir des contractions un peu douloureuses. Et puis, non, je trouvais que c’était quand même assez smooth. Au début, je sentais vraiment la contraction. Puis d’un moment, je commençais à sentir la douleur venir un peu plus de temps en temps. Mais j’ai commencé à avoir vraiment mal, je dirais peut-être vers 18 heures. Mais le mal, mal, mal, le mur là, vraiment plus tard. Mais 18 heures, c’était plus un mal tolérable. Donc, tu sais, ça a vraiment été graduellement.

Annie, ta Doula Ostéo

Puis pendant ce temps-là, qu’est-ce que vous avez fait? Est-ce que vous arriviez à vous mobiliser malgré le soluté? Comment, qu’est-ce que vous avez pu faire pour, qu’est-ce qui a bien fonctionné pour vous aider à traverser cette expérience-là?

Camille

On a eu la chance d’avoir le monitoring ambulatoire. Donc ça c’était vraiment, on était vraiment content de voir qu’ils nous l’ont mis tout de suite et que c’était possible. Donc ça nous a permis de continuer à pouvoir, Florine a pu se mobiliser, se bouger, faire des suspensions, on est allé sur le ballon. C’est drôle parce que dans les premières heures, même si le travail était comme plus relax, ça fait qu’on a pu s’échauffer, on se pratiquait, on se rappelait les suspensions, on regardait pour qu’on savait qu’à un moment donné ça irait un peu moins bien il fallait être un peu un peu drillé pour pouvoir être efficace quand ça allait être vraiment plus difficile donc on a essayé on a tourné sur différents ateliers sur principalement le ballon les suspensions on en a profité pour ouvrir le lit voir comment ça marchait, demander la barre de suspension etc donc ouais ça nous a pris quand même quelques heures pour bien maîtriser le truc puis là on était confiant quand ça commençait à faire plus mal puis que c’était plus agressif. 

Florine

On avait mis nos marques, on a eu le temps de mettre nos marques puis de faire différentes stations comme tu nous avais conseillé, les différentes stations. Puis j’ai fait des suspensions sur toi aussi, tout le temps en mouvement et tout le temps dans les sons. J’ai jamais arrêté de faire des sons. Jamais. C’est sûr qu’au début c’est un peu difficile. C’est bizarre. 

Camille

Puis là, il y avait quand même une infirmière assez présente avec nous, un super support. Mais on a compris plus tard que l’accouchement naturel, ce n’était pas leur quotidien non plus. Donc, on sentait qu’il y avait une présence supplémentaire. Parce qu’ils voulaient être, j’imagine, plus à l’affût des problèmes qui puissent y avoir. Donc, au début, c’est un peu spécial de rentrer dans sa bulle et de faire des sons. On ne sait pas si on est bizarre ou si c’est normal. Mais finalement, après, quand on rentre dans le truc, on se libère et là, on ne voit plus rien, on ne voit plus ce qui est autour.

Annie, ta Doula Ostéo

Au début, est-ce que Camille t’a fait des sons pour aider Florine à rentrer dans ces sons, ou Florine, tu as été capable de les faire dès le départ toute seule? Comment ça s’est organisé au départ, justement, quand il y a eu au départ cette petite gêne-là que vous avez dû traverser?

Camille

Je pense qu’on a commencé, je sais plus trop, il me semble qu’on a commencé doucement, puis on s’est libérés un petit peu au fur et à mesure. Et je pense qu’on s’est embarqués les deux là dedans. On a commencé assez en même temps. On avait bien retenu qu’il fallait y aller, il fallait se lancer pour faire les sons, parce que sinon, on aurait cette gêne latente et on n’y arriverait pas. De mémoire, on a commencé un peu doucement, puis plus la soirée avançait, plus c’était fort.

Florine

Mais oui, il en faisait avec moi, ça me revient. Et surtout sur la fin, là, quand tu sentais que j’avais plus de misère, il me remettait le ton du son.

Camille

Donc, non, ça, ça a été… On a embarqué assez vite sur les sons.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est magnifique. Qu’est-ce que tu dirais, Camille, qui t’a le plus impressionné dans ce que tu as observé et dans l’accompagnement que tu as offert à Florine? Qu’est-ce qui t’a le plus impressionné par rapport à ce que tu as observé?

Camille

C’est sûr que, moi, c’est sa force. Sa tolérance à la douleur, la force avec laquelle elle a mené ça tout le long, elle n’a jamais lâché. C’est sûr qu’en étant spectateur, sans vivre la douleur physique. Moi, les heures m’ont paru quand même assez longues. Puis j’ai vu crescendo, la douleur qui s’installait, qui augmentait. Je pense que ce qui m’a impressionné le plus, c’était vraiment de voir la force avec laquelle elle amenait ça jusqu’au bout. Et c’est sûr que c’est… Ça me rend quasiment émotif. Non c’est impressionnant à vivre, ça passe… C’est long puis en même temps ça passe en deux minutes, enfin je veux dire c’est vraiment une bulle temporelle et ce qui m’a le plus impressionné c’est de l’a voir souffrir. Déjà ça m’a impressionné. Ça m’a atteint parce que je veux dire il y a un moment donné on fait tout ce qu’on peut, mais on peut pas prendre sa douleur. Donc, c’est sûr que ça rentre dedans. Mais en rentrant dans le jeu, si je puis dire, en l’accompagnant le maximum que j’ai pu, ça m’a, Ça m’a permis de me sentir efficace et de me sentir mieux dans l’accompagnement. Donc, oui, ça, ça m’a vraiment aidé, je pense, de m’impliquer à fond là-dedans.

Annie, ta Doula Ostéo

Et de ton côté Florine, est-ce que tu te souviens de ce bel accompagnement-là que ton amoureux, ton chéri t’a donné? Est-ce qu’il te reste des sensations de ces souvenirs-là?

Florine

Ah oui, oui, pour moi, en fait, je n’ai pas accouché, on a accouché. Vraiment, là, tout le monde le sait, j’aurais jamais pu faire ça sans camille il a été ma force mon pilier mon deuxième mois il m’a nourri il m’a donné de l’eau il s’est cassé en deux pour accrocher le ventilateur dans toutes les parties de la pièce, il m’a tout installé les stations, il a été là de A à Z. Il m’a fait des points de pression dans le dos, il a essayé les points d’acupression, ça n’a pas duré longtemps. Il a été là tout le long, puis j’avais besoin de lui, j’aurais pas pu vivre ça sans lui, c’est certain.

Moi, j’en garde vraiment un super bon souvenir. Dans ma tête, ça a passé vraiment vite. Je n’ai pas vu les heures passer. En même temps, je souffrais, donc c’est bizarre. C’est vraiment bizarre parce que j’avais vraiment, vraiment, vraiment mal. Mais ça a passé super vite. Et… Ouais, je pense que je devais quand même être sur les hormones parce que c’est comme un rêve. J’ai des flashbacks de choses aussi, mais je me rappelle pas de tout. Et pour moi ça a passé, je pense, vraiment plus vite que Camille.

Camille

C’était une sorte de sprint versus marathon, c’est spécial. On est sans arrêt sur l’adrénaline pendant plusieurs heures non-stop. Mais le vécu est quand même différent. C’est sûr que moi la piscine hormonale, je l’ai observée à 200%. Et je l’ai observée notamment quand on était en milieu hospitalier. Donc c’est sûr que le monitoring, dès que ça capte un peu moins bien, l’infirmière intervient, on veut retrouver le bruit du bébé, etc.

Je l’ai senti à chaque fois qu’il y avait une intervention un petit peu trop intrusive, même sans l’être volontairement de la part du staff, je voyais que Florine perdait le contrôle un petit peu, puis revenait dans sa bulle.

Et sur la fin du travail, on est allé au bain, puis dans le bain, c’est sûr que les capteurs, ça marche beaucoup moins bien. L’infirmière était peut-être un peu moins habituée. Donc là, elle venait replacer la chose sans arrêt. Puis j’ai vu à un moment donné, Florine, qui est revenue dans son cerveau conscient. Et là, la douleur a été ingérable. Intelligent. Oui, intelligent. Donc là c’était ingérable comme douleur. Il a fallu qu’on se replace dans la bulle pour pouvoir poursuivre, mais je l’ai observé, ça m’a impressionné, c’est vraiment flagrant. Dès qu’il y a eu une intervention un petit peu trop intense de la part du personnel, en plus en étant infirmière, c’est sûr que tu regardes ce qui se fait autour, t’observes la jeune infirmière qui ne fait pas la différence entre le bruit du rythme cardiaque du bébé puis le bruit du rythme cardiaque de la mère quand le moniteur se déplace un peu.

Puis nous, on sait, les moniteurs, ça nous connaît. Pas les moniteurs bébés, mais en ayant travaillé au salon intensif, on connaît bien ça, les défauts de captation et tout. Puis on lui disait non, non, ça c’est moi. C’est pas… Donc là, elle intervenait, elle sortait et puis la douleur était ingérable à ce moment-là. Ouais, mais on a été capable quand même de se remettre dans le cerveau mammifère une couple de fois. Mais ouais, il y a des choses comme ça que j’ai pu observer parce que j’étais un peu plus moi j’étais pas dans la douleur ni dans les hormones j’étais dans le stress et l’adrénaline par exemple mais il y a des choses comme ça que j’ai pu vraiment observer et ça m’a marqué ça m’a marqué pas mal Mais aussi on a eu beaucoup de, je me rappelle, de la musique. 

Florine

Camille c’était le DJ donc qui changeait la musique. On a eu la playlist de OPALEO que tu offres, que tu as faite sur Spotify. On l’a eu un bon moment, dans un moment on était tanné, là on a mis un pianiste jusqu’à la fin, un pianiste qu’on aime beaucoup.  La médecin nous a fait remarquer que c’était de la belle musique, il y avait les lumières tamisées, On ne se sentait pas du tout à l’hôpital en fait.

Camille

Il y a eu 2-3 petits moments où c’est sûr qu’il y a de l’intervention du personnel, mais sinon ils ont été quand même très respectueux de nos choix. On avait fait notre plan de naissance, tout le monde savait que Florine voulait éviter la pépidurale autant que possible. On nous a jamais proposé, tu es sûr, tu souffres trop, tu veux la pépidurale.

Ils nous ont proposé à un moment donné l’alternative d’avoir du fentanyl, une petite shot si c’était pas endurable. C’est ce qu’on a pris. C’était comme un moindre mal dans la médication qu’on pouvait recevoir. Mais ils ont essayé de rester le moins intrusif possible. C’est sûr qu’il y a toujours des limites, mais c’est jamais comme j’imagine en maison de naissance. On a eu quand même un bel accompagnement. Puis la médecin qui était là, c’était celle avec qui on a eu le meilleur feeling. On a été chanceux sur toutes ceux qu’on a rencontrés. Puis c’est celle qui avait le plus d’expérience aussi. C’était une dame d’un certain âge et qui nous a vraiment mis à l’aise. Quand on l’a vu, ça nous a aussi énormément rassuré parce qu’on savait que ça se passerait… On sentait que ça se passerait bien avec elle, qu’elle ne serait pas trop interventionniste, qu’elle respectait nos choix. Et, oui, ça a été aussi un soulagement de voir une personne de confiance arriver dans la pièce en milieu de soirée.

Annie, ta Doula Ostéo

Et pendant tout ce temps-là, justement, en milieu de soirée, puis au fur et à mesure que ça s’est intensifié, est-ce qu’il y a un moment donné, Florine, où tu t’es dit dans ta tête, « Ça y est, je prends une péridurale, je ne suis plus capable. »

Florine

Je n’ai jamais pensé à prendre l’épidurale, mais je voulais rentrer chez moi. Je voulais que ça s’arrête. Je voulais plus de bébés. C’était irrationnel. C’était le mur dont tu parlais, à 7 centimètres et plus. J’étais complètement… J’étais plus là. Je sais même plus ce que j’ai dit. Là, ça faisait mal. Là, ça faisait très mal.

Camille

T’arrêtais pas de demander à l’infirmière de ne plus augmenter le symptôme. Elle était déjà dose max depuis des heures. Elle disait: “tu ne touches plus à la pompe”. Non, puis il l’avait même baissé, je crois.

Florine

Mais non, j’étais tellement peut-être “drillée” dans ma tête d’essayer de faire le plus possible. J’étais rendue à ce point-là, ce n’était pas pour prendre l’épidural à ce moment-là, à la limite peut-être voir à combien de centimètres je suis rendue. J’y ai pensé dans le bain. Dans le bain, j’y ai pensé, je me suis dit mais pourquoi je m’inflige ça? Pourquoi je fais ça?

Camille

Je me rappelle… C’était un peu dans le moment où tu sortais de ta bulle parce que tu n’étais pas confortable dans le bain, on est peut-être allé un peu tardivement dans le bain. Donc c’était un moment qui n’a pas été si bénéfique pour nous le bain, pour cette fois-là en tout cas, on sait pas dans le futur. Donc là c’est sûr que je pense que tu commençais à penser un peu plus aux choses rationnelles.

Florine

Je commençais à penser que je pourrais au moins prendre du Tylenol, tu sais quelque chose. Je fais ça à frette, ça n’a aucun sens. Dans ma tête ça commençait à… Oui, mais le bain soit ça nous a vraiment aidé, soit ça nous a pas du tout aidé. Mais l’expérience a été un peu moins facilitante pour nous. Peut-être c’était un peu trop tard aussi. On se le gardait en plan B là pour changer de station encore une fois mais le bain n’était pas confortable, le jet était trop fort, j’avais pas de position dans le bain, lui il s’est mis à me faire des points d’acupression, j’ai pas du tout aimé.

Camille

J’ai trouvé ça drôle de voir la souffrance qui était présente à ce moment-là. Puis moi, avec mon petit point d’acupression, je me suis fait presque arracher la tête. Comment elle peut me dire, arrête de faire ça, ça fait trop mal, alors que derrière… Pour nous, ça n’a pas marché, les points d’acupression.

Annie, ta Doula Ostéo

En fait, ça arrive assez souvent que les points d’acupression, ça ne fonctionne pas. Et curieusement, c’est quelque chose qui est très populaire.

Florine

Oui, tout le monde nous parlait de ça. Nous, ce qui a vraiment marché, c’est les points de pression dans le dos et les message. Écoute, j’ai été raquée le lendemain des massages. Je pense que j’étais plus raquée de l’accouchement. Et le show, le sac magique et le ballon “peanut”. Je crois qu’on n’en avait pas entendu parler avant, le ballon “peanut” te permet de faire du mouvement. Je pense que Bernadette de Gasquet en parle, de ce ballon-là, ça te permet de faire des mouvements sur le côté. À la fin, j’étais beaucoup sur le côté en mouvement, en asymétrie. en mouvement.  Le ballon, je ne sais pas pourquoi, me permettait d’aller dans le mouvement. Ce ballon-là, d’avoir su, un jour par exemple, si j’accouche chez moi, c’est sûr que je m’en achète un.

Annie, ta Doula Ostéo

Écoute, ou si tu vas accoucher en milieu hospitalier, assure-toi qu’il y en a, parce qu’il n’y en a pas partout. Il y a des milieux hospitaliers où il y en a pas.

Florine

C’est la docteur, d’ailleurs, qui a demandé ce ballon-là, il me semble. Si, je me rappelle. c’est elle qui a dit, cette fameuse médecin-là a demandé à l’infirmière d’aller chercher le ballon peanut.

Annie, ta Doula Ostéo

C’était une très bonne idée. Et là, le travail a continué. À un moment donné, t’es arrivée à 10 cm. Et là, qu’est-ce qui s’est passé? Est-ce qu’on t’a demandé tout de suite de commencer à pousser? Est-ce que vous avez attendu? Est-ce que t’as eu la chance de vivre le réflexe de pousser?

Florine

En fait, ça faisait un moment que j’avais envie de pousser, je ressentais… Moi dans ma tête, ça a duré une heure, mais je sais pas combien de temps ça a duré en réalité. Et ça a été vraiment long, il me semble j’ai eu vraiment beaucoup de contractions. J’avais envie de pousser, vraiment… J’avais la poussée réflexe qui était là mais mon cerveau intelligent, il était plus là du tout pour me dire: tu as la poussée réflexe, ça veut dire que tu es rendu. C’est la médecin qui m’a dit qu’elle voulait m’examiner. Elle m’a dit, je vais t’examiner, il semble que tu ne fais pas les mêmes sons que tout à l’heure.

Camille

Puis là… Tu étais rendue à grogner. C’est vrai que tu avais complètement changé de son. Oui.

Florine

Je faisais vraiment des grognements, c’est vrai. Et en entendant ça, donc elle a voulu m’examiner. Et là, j’étais à 10. Mais là, c’est très flou dans ma tête parce que j’avais reçu du fentanyl.  Je me rappelle vraiment de cette poussée réflexe. Dès qu’elle m’a dit ça que c’était le temps de pousser. Je me rappelle que direct, je me suis mis sur les genoux je voulais absolument essayer d’accoucher à genoux. Puis avec le monitoring ne fonctionnait pas, je pense que le coeur du bébé ralentissait un peu. Ça faisait quand même un petit bout que j’avais perdu les eaux, moi. Donc là, ça faisait 18 heures que j’avais perdu les eaux. Donc ça marchait mieux sur le côté. Je me suis remise sur le côté. Je continuais à ressentir encore les poussées réflexes. Puis, on s’en était parlé avec Camille avant l’accouchement, mais on avait pensé à demander un bloc vaginal, un bloc honteux. Et ça a été vraiment génial parce que j’ai ressenti un petit peu le cercle de feu avant de recevoir le bloc onctueux. Mais après ça s’est complètement arrêté mais par contre je ressentais vraiment les poussées réflexes j’ai vraiment poussé en même temps que les contractions que la poussée réflexes et en fait j’ai pas poussé énormément.

Le temps de se réajuster à genoux et sur le côté. Et j’ai poussé, j’ai essayé de pousser abdominal. J’avoue que c’était pas évident. Ça, tu vois, à le refaire, je me serais peut-être plus pratiquée avant. Là, je voulais juste qu’elle sorte. Je voulais juste que ça finisse: je vais sortir ce bébé-là.

Annie, ta Doula Ostéo

Et quand elle est arrivée, comment vous avez réagi? Est-ce que vous avez été remplie d’émotions? Est-ce que vous avez été surpris?

Camille

Nous, on n’a pas voulu savoir le sexe de notre petite fille avant la naissance. Et on avait demandé à ce que je l’accueille. Bon finalement ça s’est pas vraiment fait dans l’excitation mais c’est drôle parce que ce qui était vraiment notre grande interrogation toute la grossesse à savoir est-ce que c’est un garçon ou une fille.  Quand elle est sortie, je l’ai vu sortir, on l’a posé sur Florine puis il s’est passé peut-être au moins cinq minutes avant qu’on se dise mais quel sexe c’est le bébé? On était tellement pris dans le truc. Ça a été vraiment un beau moment. Elle s’est mise à chercher le sein assez vite. On était un peu surpris parce qu’on s’attendait à des grands cris puis finalement elle avait une petite voix toute douce, toute basse. Mais après elle a été assez vite en forme, elle a cherché le sein très très vite. Puis à un moment donné on s’est dit, on sait pas si c’est un garçon ou une fille et là on a regardé, puis ça a été le bonheur total.

Florine

Ouais, ça a été… Moi je me rappelle, ils l’ont mis sur mon ventre, elle était toute rose, toute belle, comme si elle sortait de la douche. Ça a été un super moment. Elle était vigoureuse, mais elle ne criait pas, elle ne pleurait pas.

Camille

J’y pense presque tous les jours, je te dirais, c’est vraiment un très très beau souvenir c’est drôle parce que dans les 5-10 minutes elle m’a dit: “c’est vrai que finalement ça s’est bien passé, je pourrais quasiment recommencer. 

Deux minutes avant, c’était l’exorcisme dans la chambre, puis là, c’était bien. Finalement, c’était pas si mal. J’étais impressionné. Moi, j’étais fatigué. Je disais « Non, non, on recommence pas tout de suite, là. Ça, c’est clair que non. »

Annie, ta Doula Ostéo

Elle est très bonne. C’est vrai que ça, c’est assez phénoménal parce que, comme tu dis, quelques minutes avant, on est en phase de transition, puis c’est terrible, et là, tout à coup, wow, c’est extraordinaire. Ah, c’est beau! Que vous êtes inspirant.

Florine

Merci. Non, Mais c’est quand même beaucoup toi, Annie, qui nous a inspiré, qui a changé toute notre vision de l’accouchement, de voir que c’est possible, de l’essayer. Vraiment, on n’aurait pas pu le faire sans toi aussi là c’est certain avec tous les trucs que tu nous as donné les vidéos qui sont tellement complètes qu’on a tout revu aussi avant.

Camille

Nous on avait une vision très machine hospitalière et ça a remis l’accouchement dans un processus naturel, physiologique, homme des cavernes, qu’on avait complètement jamais vraiment appréhendé en fait avant de regarder les vidéos, d’apprendre puis d’expérimenter en vrai le jour venu.

C’est drôle parce que le nombre d’amis que j’ai qui me disent après l’accouchement on discute. Ils me demandent comment j’ai vécu l’accouchement.  Je suis pas mal un des derniers des gens autour de nous à avoir eu un bébé. Les gens disent: “ah t’as vu c’est dur, tu regardes ta femme souffrir pendant des heures, puis toi t’es spectateur, on se sent impuissant.” Mais je ne l’ai pas du tout vécu comme ça. En fait j’ai l’impression d’avoir travaillé toute la soirée. À chaque fois qu’on me sort ça, je suis comme… Je veux pas vexer la personne d’en face, je sais pas trop quoi raconter, je dis au moins c’est vrai que c’est pas évident.

Mais en fait, je me rends compte à quel point les papas ne sont pas préparés, puis en fait se sentent impuissants par manque de préparation. La plupart pensent qu’on accompagne, on donne un petit peu à boire et on attend que ça arrive, mais en réalité on peut être tellement acteur et ça fait passer l’expérience d’une façon complètement différente. On ne se sent pas impuissant, on ne se sent pas inutile. On ne se sent pas juste spectateur de la souffrance de sa conjointe, mais on se sent vraiment acteur dans le processus. Puis ça, c’est rassurant et c’est même valorisant, en fait.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, et puis c’est pour vrai, dans le sens où si tu n’avais pas été là, si tu n’avais pas été le chargé de projet, Florine le dit et je suis persuadée que c’est vrai, jamais elle aurait pu avoir l’expérience qu’elle a eue.

Camille

On sent vraiment un travail d’équipe. Mais encore une fois, sans fausse flatterie, sans la formation dOPALEO, j’aurais jamais eu conscience de tout ça. Je l’aurais probablement vécu comme beaucoup de papas, en souffrant, en silence, en attendant que ça se passe jusqu’à la fin.

Annie, ta Doula Ostéo

Je suis très contente d’avoir pu vous accompagner. C’est le genre d’expérience qui va vous suivre toute votre vie. Vous allez avoir les cheveux blancs, avec des petits-enfants, puis vous allez encore penser à cette journée-là avec de la joie dans votre cœur. C’est quelque chose qui va vous suivre dans votre couple. Est-ce que vous trouvez d’ailleurs que ça a changé quelque chose au niveau de votre solidité, au niveau de votre complicité, au niveau… Est-ce qu’il y a quelque chose dans votre couple qui a évolué à travers ce vécu d’expérience l’ensemble?

Camille

C’est sûr qu’on en garde tellement une bonne expérience. Je pense que ça nous a permis ensuite d’appréhender la périnatalité avec peut-être un peu plus de confiance. On sait qu’on forme une bonne équipe.Probablement que ça a aidé par la suite à continuer avec cet esprit d’équipe:  “Toi t’en peux plus, je prends le relais”. On s’accompagne, on se rassure ensemble. 

Florine

Je pense que ça nous aide pour la suite aussi. Ça nous a donné confiance en nos capacités, puis qu’on a été capable de le faire ensemble. C’est sûr que ça apporte tellement. Quand tu arrives à respecter ton plan de naissance, c’est sûr que c’est très valorisant. À la fin, tu es tellement content, puis t’es heureux d’expliquer aux gens que t’as réussi ce que tu voulais faire pour ton bien et pour le bien de ton bébé.

Parce que c’est vrai, après l’accouchement, Lila, elle a eu aucun problème. Moi, j’étais debout deux heures plus tard aux toilettes en train de faire pipi et puis le lendemain, j’ai eu ma montée de lait. Donc, je ne dis pas que si j’avais eu la péridurale, ça ne ce serais pas passé comme ça. Mais moi, j’ai envie de croire que oui, ça a fait une différence dans notre expérience, même pour le postpartum. Je me suis sentie très, très en forme. C’est sûr que je n’avais pas l’impression d’avoir accouché, vraiment. C’est sûr, pendant les premiers jours, tu es un peu magané en bas, Mais sinon, j’avais une énergie après.

Camille

je pense que ça nous a galvanisé pour la suite. Ça a marché comme on voulait. Alors, il y a toujours une part de chance probablement. Tu sais, c’est sûr que… Dans la vie, la santé, les choses comme ça, on le sait très bien, il y a une part de chance, mais on a quand même pu provoquer notre chance en se préparant et en s’entraînant à ça, en étant assidus aussi sur la préparation.

Annie, ta Doula Ostéo

Absolument, Merveilleux. Je me sens hyper émue. Merci beaucoup pour votre partage. C’est beau de vous voir, de vous entendre, d’avoir vécu ça ensemble. Moi, je vous dirais, c’est une de mes plus grandes motivations dans mon travail, c’est de permettre vraiment aux couples de vivre ça en équipe. Je suis profondément convaincue que c’est la recette gagnante pour vivre une expérience comme vous l’avez vécue.

Florine

Oui, bien nous c’est sûr qu’on réfère OPALEO à tout le monde parce qu’on aimerait que tout le monde puisse avoir notre expérience, puis on aimerait pouvoir expliquer à tout le monde, mais ce serait plutôt comme ça, il faudrait que le partenaire s’implique, et ça fait tellement une différence, mais tu ne veux pas, comme disait Camille, mettre de mal aise ou vexer les gens, mais ça fait toute la différence. Comme tu dis on va s’en rappeler toute notre vie.

Camille

Ça a été d’un support du début à la fin même quand on a traversé si on peut dire notre “petite déception” de devoir avoir le synto. À ce moment là, on s’est rappelé de la phrase que je ne pourrais pas citer exactement, mais quand tu dis à un moment donné: “tout ne va pas forcément se passer comme vous voulez, il va falloir être aussi souple avec les choses sur lesquelles on n’a pas le contrôle”. Et des fois, en milieu hôpitalier, on n’a pas toujours le contrôle sur tout. Et donc, ça nous a permis aussi de relativiser à ce moment-là. On sait ce qu’on s’est répété. On s’est dit, c’est vrai, souviens-toi ce qu’a dit Annie. Des fois, c’est comme ça. Tu ne peux pas forcément lutter et t’obstiner sur tout il y a des fois il faut laisser aller mais on va prendre ce qu’on peut prendre par la suite et gérer ce qu’on peut gérer comme on peut mais à chaque étape au fait de la grossesse et surtout de l’accouchement, ça nous a aidés. Ça nous a aidés vraiment. Et aussi pour la suite.

Florine

Je te dis Annie, tu n’étais pas là physiquement, mais tu étais comme une présence dans la pièce.

Annie, ta Doula Ostéo

Écoute, je vais rajouter un accouchement à ma feuille de route. Ah mais je suis vraiment contente, c’est merveilleux, très très heureuse de ça. Merci beaucoup. Est-ce qu’il y avait quelque chose que vous aviez envie d’ajouter pour le mot de la fin?

Florine

On veut vraiment te remercier pour tout ce que tu fais, même là en postnatal, pour le développement de l’enfant et tout, c’est sûr qu’avoir un enfant ça change tout, le temps est plus disponible comme avant, mais on apprécie tellement, t’es tellement une présence dans notre vie. Ça va faire un an, merci tellement, tu peux pas savoir à quel point tu fais la différence. Tu l’as vraiment fait et tu continues à la faire. On pense très, très souvent à toi et à tes recommandations. On te remercie énormément pour tout ce que tu fais. Et certainement que Si on a un autre enfant, on refera tout ça de la même manière.

Annie, ta Doula Ostéo

Oui, on va se retrouver à ce moment-là, si jamais c’est votre choix. Merveilleux. Merci, merci beaucoup à vous deux. J’en profite pour remercier Lila aussi qui a dormi pendant tout le temps de notre enregistrement. Je vous embrasse très fort et merci vraiment beaucoup pour tout.

Florine

Merci Annie. Merci.

Annie, ta Doula Ostéo

Un grand merci de faire partie de l’aventure du podcast “Enfanter librement”. Je te rappelle que chaque épisode a une page dédiée dans laquelle tu trouveras les moments forts, accompagnés d’informations complémentaires. Rendez-vous sur opaleo.com dans la section podcast pour pouvoir la consulter.

La semaine prochaine, je te raconte la naissance de mon premier bébé, né à 36 semaines de grossesse. Une belle histoire remplie de belles synchronicités. Je vais également en profiter pour te raconter de quelle façon l’expérience de mon premier enfantement a complètement teinté la suite de mon aventure comme doula et comme ostéo. Je te dis à très très bientôt pour le prochain épisode.