Pendant son travail et son accouchement, Audrey-Anne a témoigné d’une incroyable connexion à son corps et à son instinct. Son récit inspirant met en valeur la puissance de l’autonomie, de la confiance et de l’affirmation de soi.

De son côté, Xavier a joué un rôle essentiel en offrant un soutien calme et réconfortant. Son témoignage nous rappelle l’importance de faire confiance dans les compétences innées de la femme qui donne naissance.

LES ASTUCES QUE AUDREY-ANNE A UTILISÉES POUR JONGLER AVEC LA DOULEUR

  • Se pratiquer à “Jongler avec la douleur en équipe”
  • Regarder des vidéos de naissances physiologiques.
  • Libérer son cerveau intelligent.
  • Utilisation du bain pour vérifier la nature des contractions.
  • Monter et descendre les marches pour stimuler les contractions.

LIENS MENTIONNÉS
DANS CET ÉPISODE

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Les sujets abordés dans cet épisode

  • Accompagnante à la naissance
  • Accouchement à domicile
  • Accouchement debout
  • Accouchement non assisté
  • Accouchement sans péridurale
  • Accouchement en maison de naissance
  • Bande de vidéos disponibles avec OPALEO
  • Chant prénatal
  • Complémentarité des rôles
  • Doula
  • Gestion active de la sortie du placenta
  • Haptonomie
  • Importance de suivre son instinct
  • Liquide amniotique
  • Maison des naissances
  • Nausée pendant le travail et l’accouchement
  • Préparation Affective à la Naissance (haptonomie)
  • Phase de latence
  • Position non traditionnelle pour la naissance
  • Rôle du/de la partenaire
  • Respiration pendant l’accouchement
  • Rupture spontanée des membranes
  • OPALEO Naissance
  • Sages-femmes

Interventions dont il est question dans cet épisode

  • Gestion active de la sortie du placenta
Transcription de l'épisode

Annie, ta Doula Ostéo

Quand Audrey-Anne et Xavier se sont préparés pour la naissance de leur deuxième bébé, ils ont sûrement imaginé plusieurs scénarios. Mais pas mal certaines qu’ils n’avaient pas envisagé que leur expérience puisse se dérouler ainsi. Pas question que je vole le punch, je te laisse découvrir leur histoire époustouflante dans quelques instants.

Jean Houle

Bienvenue dans le podcast de Annie Bhérer. Passionnée de grossesse et d’accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l’international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici ta Doula Ostéo, Annie Bhérer-Racine.

Annie, ta Doula Ostéo

J’ai le plaisir de discuter aujourd’hui avec Audrey-Anne et Xavier qui ont deux magnifiques enfants qui sont d’ailleurs tout près de nous. Si jamais vous entendez des petits bruits de pattes à modeler, ben c’est Félicité et Dylan qui sont juste à proximité avec nous. Donc bienvenue. Merci. Merci. J’ai eu envie de vous inviter pour que vous veniez, entre autres, nous parler de la naissance de votre fils, votre dernière expérience, qui a été quand même une expérience assez extraordinaire. Est-ce qu’on peut la qualifier d’extraordinaire? Est-ce que c’est un mot qui… Ah oui, je dirais que oui. Oui, oui, oui. All’s coming. Où est-ce que vous avez envie de commencer dans votre histoire? Comme on avait déjà félicité qui

Audrey-Anne

était jeune encore à l’époque, elle avait deux ans et demi, On se disait, parce que moi j’avais toujours rêvé d’un accouchement à la maison. Ça s’était pas passé la première fois. Puis là, pour la deuxième fois, j’aurais aimé ça, mais là on l’a trouvé un petit peu jeune pour vivre cette expérience-là. Donc on avait choisi d’accoucher à la maison de naissance. Le plan c’était qu’on avait mon beau-père qui venait s’occuper de Félicité pendant qu’on était… Pour aller à la maison de naissance. Et finalement, bien… C’est à fait comme ça que ça s’est passé.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que vous étiez tous les deux confortables avec l’idée de donner naissance parce que là, à la maison de naissance, on est au Québec, ça sous-entendait un accouchement physiologique, naturel. Est-ce que Xavier, vous étiez sur la même page dans ce projet-là?

Xavier

Oui, parce qu’à la naissance de Félicité, j’avais accepté de faire un accouchement à la maison. Et c’est pas moi, c’est pas normalement ce qui est dans ma zone de confort. Puis, on avait loué la piscine, on avait tout le kit pour l’accouchement de rêve. Et ça n’a pas été du tout l’accouchement de rêve. On a fini par se ramasser à l’hôpital après des heures et des heures. Ça m’a rassuré. Donc à la maison avec Dylan, moi J’étais prêt à commencer le travail à la maison, puis après de transférer à la maison de naissance. Pour moi, c’était rassurant. C’est comme le meilleur des deux mondes. Oui, bien oui. À la première, si ça avait été notre premier, ça n’aurait pas encore été le meilleur qu’on promit, mais comme ce n’est pas moi qui accouche, moi, je trouve ça logique de ne pas tirer la couverture de mon bord. Vous aviez trouvé un terrain d’entente finalement.

Annie, ta Doula Ostéo

Ouais, assez facilement en fait. Comme le premier accouchement a été un petit peu moins ce que vous aviez envie de vivre, est-ce que Vous étiez inquiet à la venue du deuxième accouchement, comment vous entrevoyez ça au niveau de votre confiance?

Xavier

En fait, moi je n’étais pas inquiet parce que j’étais préparé. En fait, là je vais faire un petit aparté, Je redirige un peu, mais quand on a fait, on a vécu la première grossesse, Audrey avait découvert l’autonomie. Puis, on va dire encore une fois, m’avait convaincu de l’accompagner en autonomie, ce qui n’était vraiment pas naturel pour moi, mais j’ai toujours trouvé que j’ai plus de compromis à faire que le contraire parce que c’est pas moi qui vis la grossesse et l’accouchement, j’accompagne. L’autonomie, ça avait été une expérience relativement désagréable parce que j’avais pas un bon « fit » avec la… Avec la praticienne. Ouais, merci, je cherche à le nom. Et qu’on a revu par la suite, tu sais, qui est très bien, mais à cette époque-là, je n’étais pas prêt. Puis là, dans le fond, elle m’a présenté Opaleo. Puis l’approche qui était différente, qui n’était pas, on va dire, trop abstraite, qui était quand même très « grounded » puis qui avait beaucoup de bases, puis tu sais, ton background en fait aussi avec Doola, la compagnonne de naissance, puis le, bon, l’ostéopathe et blabla. Tout le site qui était bien bâti, c’était très bien structuré, fait que moi ça me convainquait beaucoup. Et j’ai écouté toutes les vidéos. Audrey a lâché le package et elle m’a dit, ben là, contrairement à la première fois, toi tu vas te préparer. Sur le coup, j’étais assez surchargé et quand j’ai vu le nombre d’heures de vidéo, j’étais enchanté. J’étais comme, ben oui. Puis on s’est mal compris, comme souvent dans les couples. Je pense qu’elle osait pas me dire qu’il fallait que je l’écoute avant une certaine date, puis là, ben quand ça a fini par arriver, j’ai fait « ah, ben j’ai 6 heures de vidéo ou quelque chose genre à écouter en si peu de temps, bon ben c’est mes soirées maintenant, c’est à pas les autres ». Mais, tu sais, les formats sont faciles à écouter, puis vite je me suis rendu compte que c’était pertinent, puis j’ai pris des notes, j’ai fait mon bon étudiant, j’ai pris des notes, puis quand j’ai fini, tu sais, d’écouter toutes les vidéos, bien j’avais un très bon bagage, j’étais prêt, puis J’étais prêt à vraiment juste, en fait je vais l’étudier en même temps, m’accompagner. En fait, que je crois fermement qu’il y a vraiment l’objectif du partenaire, on va dire là, mais du partenaire dans cette situation-là, c’est d’accompagner la femme qui accouche. Puis, il y a peut-être des gens qui sont capables d’accompagner très bien dans ces situations-là, c’est bien naturel. Il y a beaucoup de gens qui ont besoin d’être en lignée, surtout pour le premier accouchement. Puis moi, pour le deuxième, ça a été un gros, gros, gros changement. J’étais beaucoup, beaucoup, beaucoup plus à l’aise.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce qu’il y a quelque chose que tu avais envie d’ajouter, Audrey-Anne, toi, par rapport à ça, en parallèle, comment tu vivais ça?

Audrey-Anne

Comment je vivais?

Annie, ta Doula Ostéo

Toute la période, dans le fond, de la préparation. Là, ce que j’entends, c’est que tu as incité un peu pour que Xavier écoute les vidéos. Au départ ça ne lui tentait pas trop. Il commence à les écouter, il se rend compte finalement que c’est pertinent. Toi pendant ce temps-là tu devais vivre quelque chose.

Audrey-Anne

Moi je m’étais préparée, j’avais toutes vu les vidéos déjà, j’avais participé à la… Ben partiellement ce qui m’a beaucoup aidée c’était celle où on se pratique jongler avec la douleur, je pense c’est celle-là, celle où on se pratique. Fait que j’avais fait celle-là. Puis c’est sûr qu’au début, t’sais, j’avais dit « ça serait fun que t’écoutes les vidéos », mais là, plus le temps passait, c’est clair que je stressais parce que j’étais comme « faut qu’ils écoutent ». — Oui, parce que toi, tu savais que ça changerait quelque chose. On dirait que j’étais comme… C’était important là, mais comme j’ai un peu de la difficulté à m’affirmer dans certaines situations, c’est comme si pour moi j’étais claire qu’il fallait qu’ils écoutent, mais apparemment j’étais pas assez claire. Pis là il est arrivé le moment où c’était comme, je sais pas si il restait comme trois semaines avant ma date ou quelque chose comme ça. Puis là c’était comme, ben là, là, faut que tu sois prête quand ça va arriver. Genre c’est maintenant, là,

Annie, ta Doula Ostéo

faut que tu les écoutes. Puis nous autres on sait, dans les prochaines minutes, vous allez comprendre où on s’en va avec ça, mais nous autres, on sait maintenant avec le recul, une chance que tu les as écoutées exactement.

Xavier

Ah oui, oui, oui, aucun regret. Oui, oui, oui,

Audrey-Anne

vraiment. Comment ça a commencé le travail? Quels ont été les premiers signes? Juste avant, je viens de me rappeler que pendant que lui, il ne m’écoutait pas, moi je me mettais à stresser un peu. J’avais regardé parce qu’il y avait une section avec différentes sortes d’accouchements. Puis j’avais regardé ça de long en large. J’ai regardé toutes les vidéos qui étaient disponibles, parce que là on dirait je me disais on sait pas quel genre, ça va être aussi long, ça va être plus rapide. Fait que j’avais regardé toutes ces vidéos-là dans différentes situations, dont c’est Papa la sage-femme, Il y avait comme plusieurs types d’accouchement. Puis là, ça m’avait un peu sécurisé de me dire, si je me ramasse un peu comme tout seule à voir, à m’être préparée, bien au moins je vais être prête. Puis après ça, bien quand le travail a commencé, ça avait commencé pendant la nuit du… Attends, 2018, ça fait que c’était la nuit du 17.

Audrey-Anne

Puis là j’ai commencé à avoir des contractions, ça fait que là, comme on savait pas si c’était pour aller bien vite, mon beau-père était à une heure et demie de route. Xavier a appelé le beau-papa pour dire, ben, ça serait bien que tu t’en viennes, là. Donc, pendant qu’il a continué, qu’il s’est préparé, pis qu’il est arrivé, ben, j’ai continué à avoir des contractions, mais c’était ici et là. Mais c’était ici et là. Il n’y avait rien qui s’installait vraiment rapidement. J’étais consciente qu’il y avait un petit peu de la douleur, mais c’est très gérable. Ça a duré longtemps. Il a eu le temps d’arriver, la journée a passé, puis on était rendu en après-midi, puis j’avais encore une contraction ici, une contraction là. Puis là, je me disais, ça ne sera pas comme mon premier accouchement, ça ne durera pas aussi longtemps, ça ne se peut pas. Ça faisait déjà comme 15 heures que j’étais en travail, mais pas un travail efficace. Tu étais comme en genre de latence. Oui, je suis encore en latence après 15 heures. Puis là, j’ai commencé à avoir vraiment peur que ça… Que t’anticipais, là. T’étais pris dans ton cerveau mental, intelligent. Ouais. Puis là, je me suis dit « qu’est-ce qu’on fait? » Fait que là, à un moment donné, j’ai dit « non, non, moi là, c’est pas vrai que ça va s’éterniser de même, là. On s’en va faire des escaliers. » Puis là, Je pense qu’à ce moment-là, Xavier était comme, ben là, c’est pas si pressant. Je lui disais, non, non, c’est maintenant, on s’en va faire des escaliers. Moi, c’est pas vrai que ça va se passer de même. On est parti avec Félicité. Félicité a marché avec moi, on se tenait la main. Juste en sortant du condo, on a des petits escaliers pour rentrer à l’effert. J’ai des escaliers. On a monté trois fois, on a monté et descendu trois fois. Puis là, après ça, on s’approchait de l’heure du souper, fait qu’on s’est dit bon, on va aller souper. Puis là, quand j’étais arrivée en avant de mon assiette, bam! Bof! Ça me tentait plus. Tant que ça, de souper, j’avais comme un petit mal de coeur qui s’était installé. Fait que là, comme on avait déjà validé avec la salle-chambre que si je voulais aller prendre un bain, je pouvais y aller. Puis là, moi je me suis dit « bon, je ne l’ai pas fait la première fois, vérifie, là, si tu as des vraies contractions, si tu as encore de la latence. » Donc, on m’a coulé un bain, puis je suis allée m’installer dans le bain.

Annie, ta Doula Ostéo

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Audrey-Anne

Je me suis installée dans le bain, les contractions ont continué, puis ça a commencé à s’intensifier. Je me disais, OK, ça n’arrête pas, on commence à être un petit peu ailleurs. À ce moment-là, Xavier a descendu les valises en bas pour qu’on soit prêt quand je sortais du bain. Puis là, il est parti probablement comme une dizaine de minutes, mais là, moi, ça continue à s’intensifier. Mais je me souviens qu’à part que j’étais stressée et que je suis comme « coudonc, il revient-tu, tu dors bien long », je suis capable de bien respirer. Puis je prenais des petites positions, puis on dirait que j’étais comme bien dans la salle de bain. Je me sentais comme, malgré tout, bien confortable dans la salle de bain, dans ma grotte, dans mon bain.

Xavier

Les lumières tamisées, espaces petits, fermés.

Annie, ta Doula Ostéo

Exactement, t’avais la recette complète, là. Puis,

Audrey-Anne

par exemple, quand il est revenu, j’étais comme, c’était donc ben long, coudon.

Xavier

C’est très doux parce qu’en fait, elle était extrêmement agressive, pis assacrée, mais c’était un beau moment.

Audrey-Anne

Ah, c’est vrai?

Xavier

Oui, c’était agressif.

Audrey-Anne

Ah oui, c’était vraiment intense.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est bien, ça veut dire que toutes tes barrières et son contrôle mental

Xavier

n’étaient pas là. Ah, c’était parti. Oui, c’était

Annie, ta Doula Ostéo

merveilleux, tout parfait. C’était totalement dans le cerveau animal. C’est en plein ce qu’on a besoin. Bravo.

Audrey-Anne

Oui. On a commencé à vouloir me sortir du bain entre les contractions. C’était une petite étape à la fois. On me lève, on commence à me sécher. Puis on commence à… Xavier, il met un bas, deux bas, en décontraction, pis… Finalement, on a eu le temps de me mettre ma brassière, mon chandail, pis j’ai remonté mes bobettes jusqu’au genou. Pis… Après ça,

Xavier

tu veux te prendre la… La suite pour l’instinct? Ouais, là, c’est moi qui deviens plus… En fait, qui étais plus présent. Là, en fait, grâce aux vidéos, je le dis comme ça parce que c’est vraiment ça, j’ai été capable de reconnaître le travail actif parce que, un peu presque comme dans une scène de film avec un exorciste, Sylvie, elle s’est mise à se lever sur la toilette à grands coups « P’accord! P’accord! » Elle cabrait au complet, tu sais, pis là les contractions sont devenues extrêmement violentes. Fait que là, comme je me suis dit « Hum, ça doit être le travail actif », j’ai appelé la sage-femme, pis là, sur le coup, elle a fait « Ben non, Xavier », pis là j’ai décris, pis elle m’a crié après, elle a dit « Appelle l’ambulance » Fait que j’ai fait « Ah, on va appeler le 911 ». J’ai appelé l’ambulance, et là, ben, je suis tombé sur une réparticiprice qui était beaucoup plus stressée que moi, qui s’est mise à me crier après, il faut qu’elle s’en aille. Où est-ce qu’elle est? Dans la salle de bain, sur la toilette. Pis là, elle dit, « Ah, vois-tu la tête? » « Vois-tu la tête? » Sur le coup, moi qui étais dans une espèce de moment hors de moi, mais tu sais, en contrôle, je dis non. Pis j’ai un doute, je mets ma main, pis là, je vois ça un peu, la vulve un peu lâcher d’un ballon de football, pis là, je sens des cheveux. Ah oui, je sens la tête. » Et là, La madame au bout du fil qui se met à me crier après, t’sais, pis qui dit « faut qu’elle aille dans la chambre, faut qu’elle aille dans la chambre! » pis Audrey qui revient et qui crie « non, je reste ici! » Moi je fais « ah ben oui, pas de problème, on va l’écouter ». Fait que elle se lève, elle s’accroupit sur le podium, puis là, la dame continue à crier, il faut qu’elle aille sur le lit, puis là, il faut qu’elle pousse, il faut qu’elle pousse, puis Audrey, elle réagit encore, elle est comme, « Non! Je prends une pause! » Pis là, elle était accroupie sur le poisson de bain. Fait que moi, j’écoute. Fais « Ah ben, ok, on prend une pause. » Pis, mais moi je vois la tête, j’ai les fesses de ma blonde en face de moi. Pis elle arrête de pousser, je sais pas, quelques secondes. Pis elle pousse, une, deux, trois, la tête pop. Fait que là, moi, mon premier réflexe, je vois la tête qui bouge, tu sais, pris dans le vagin. Fait que là, mon premier réflexe, c’est faire « ah fuck, moi, ma crainte, c’est que le cordon soit autour du cou. » Fait que je prends mon doigt, je passe mon doigt autour du cou, pis là, je me dis « merde, faut pas que je l’échappe ». Parce qu’il y a quand même une coupe de pied dans les arbres, fait que j’ai mis ma main sur la tête du bébé, elle a poussé encore une fois, pis je l’ai attrapé, la nuque est sortie, je l’ai attrapé par les fesses, puis là, je la lavais dans les mains. Là, je me suis assis à la toilette, puis bon, la chère dame, toujours aussi stressée à l’autre bout, là, elle me dit « il faut que tu ailles répondre » parce que ça sonnait à la porte. Mon père est dans la chambre, il m’avait félicité, mais lui a un début de surdité, fait qu’on a beau crier après, il entend pas, pis il a mis des vidéos de balleines très très très fortes, pour que ça soit plus apaisant, comme, ben ça a pas fonctionné, mais que l’atmosphère soit différente, fait que, en fin de compte, il nous a dit de faire passer mon gars comme un ballon de football entre les jambes d’Audrey. Ce que j’ai fait, Audrey était sur la toilette, j’étais répondre, puis là, ben… Les ambulanciers, première, deuxième série d’ambulances, sage-femme, une, deux, trois, tout le monde est rentré, sept personnes, là on était entre bonnes mains.

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que t’as eu peur?

Xavier

Non. Non, j’ai pas eu le temps. J’ai pas eu le temps d’avoir peur, puis on dirait que, comme le premier accouchement avait été extrêmement long, puis c’était terminé par, tu sais, après 38 heures, un transfert de la maison à l’hôpital puis le péridural puis machin chouette. On dirait que là j’étais comme prêt, j’avais écouté toutes les vidéos puis je savais vraiment où m’en aller, tu sais, contre où il allait devoir les points de pression, comment accompagner. Quand c’est arrivé, ben, j’ai juste été présent. Puis, tu sais, un coup que j’avais mon gars dans les bras qui pleurait assez poumonné, je fais comme, ok, il est en forme le gars, ça va bien. Puis là, après ça, ben tu sais, quand ils ont fait sortir le placenta, quand Audrey a sorti le placenta avec l’aide des sages-femmes, parce que moi je l’avais dans les bras, évidemment je me suis mis à shaker, j’ai pleuré parce que là tu descends. J’ai quand même eu un petit choc, j’ai halluciné un peu l’image de la tête de mon gars qui tourne pendant un petit bout, mais sur le coup, ça s’est très bien passé.

Audrey-Anne

Moi, de mon côté,

Annie, ta Doula Ostéo

quand j’étais sur la toilette et que j’ai compris que je ne me rendais pas à la maison de naissance. Qu’est-ce que ça faisait? Ça poussait? Tu étais dans une poussée réflexe à ce moment-là? Quand vous aviez dit « elle se tendrait »…

Audrey-Anne

Oui, J’avais l’impression vraiment de donner des coups par en arrière. Mais je n’étais pas sûre si c’était ça qui se passait ou si c’était juste dans ma tête, si c’était juste la façon dont la douleur se transmettait. Mais j’avais vraiment l’impression que… En le fond, c’est là que je me suis rendu compte, je me rends pas là-bas. C’est ici que ça se passe. Pis là, c’est vraiment là que j’étais comme, OK, faut que je… Je me souviens de m’être fermée les yeux. Je me souviens que là, on va dire, j’ai laissé libre… Le champ libre à tous les sons qui pouvaient sortir, malgré que mon beau-père était pas loin et que je faisais des beaux sons de charme à coucher. Le fait que je me suis fermé les yeux, ça m’a vraiment aidé à faire comme, « Bon, bien, maintenant, je laisse mon corps aller. » C’est comme, « Ça va se faire. » De toute façon, il était quand même en train de travailler tout seul faque faut juste que je me laisse dans la aller dans la vague puis dans qu’est ce qui va se passer ça se passe Ça s’est passé tellement vite que t’as pas vraiment le temps de réfléchir. J’ai vraiment réussi à laisser tomber le cerveau qu’il fallait laisser tomber, que je me suis un peu dit non. Tu étais dans ton cerveau mammifère. J’étais vraiment dans mon cerveau mammifère à ce moment-là, puis ça m’a vraiment surpris parce que j’espérais arriver là, mais je n’étais pas sûre que ça se passerait parce que dans certaines choses de la vie, je suis très logique, je suis vraiment dans ma tête. On dirait que j’étais comme, ok. Quand je me suis rendu compte que j’étais capable de décrocher, j’ai vraiment décroché, j’ai laissé les choses aller. C’est sûr que moi ça s’est passé bien vite. À un moment donné, tu sais, je savais qu’il touchait. Mais là, moi, j’étais en confiance parce que j’ai repensé aux vidéos d’une dame qui accouchait sur la toilette, qui était capable de se lever et de faire sortir son bébé debout. Tout ce que je me suis dit, c’est « si elle est capable, moi aussi je suis capable ». Je savais que j’avais la force de me lever et je savais que j’avais la force de me lever, pis je savais que j’avais la force de faire ça là. Fait que quand la dame au 9-1-1, elle disait qu’elle allait se coucher dans son lit, là, c’était comme, y’en est pas question, tu viendras pas t’ingérer dans mon affaire, ça se passe très bien, jusqu’à présent j’ai été capable de faire ça tout seul, là. Fait que, comme, laisse-moi faire mes affaires. Fait que, à ce moment-là, ben là, moi je voulais être juste debout, mais là, le compromis qu’on a trouvé avec la dame, c’est que je m’accorde un petit peu après le bout. Hum-hum. Puis, c’est ça, après ça, c’était comme pouce, pouce, pouce. Puis là, j’étais comme à les deux secondes, là, dans mon moment, j’ai-tu le droit de vivre… J’ai-tu le droit de vivre mon affaire, là? Hum… Fait que c’est ça, j’avais comme besoin de prendre une petite pause pour me recentrer. La première fois, je n’ai rien senti. J’étais sous épidural. Je n’ai vraiment pas aimé ça, le fait de ne pas rien sentir, de ne pas trop savoir ce qui se passait. Là, j’étais en train de tout réaliser mes rêves, j’étais en train de tout vivre ce que je voulais vivre. Fait que là, c’est ça, j’ai pris un petit moment de repos, pis après ça, j’étais prête à pousser. Pis c’est sûr que c’était surprenant parce que là, la poche des os, elle avait été juste un petit peu fissurée. Fait que là, un coup que le bébé est sorti, ça a fait un gros schploush. Tout est sorti. La vague est partie. Puis là, on dirait que j’étais comme, « Wow, c’est merveilleux. » On m’avait dit que si on pouvait garder la poche des os intacte, ça aidait pour les contractions, ça protégeait le bébé, ça protégeait la maman. Puis là, j’étais comme « C’est extraordinaire » C’est vrai que ça protège. Je souhaite ça à n’importe qui de vivre ça comme ça. Puis là, c’est sûr qu’après ça, ça s’est passé bien vite. On a pensé… On avait juste des serviettes, dans le fond, pour mettre autour du bébé. Oui, parce que l’applicement n’était pas prévu à démission. Non, on n’avait pas comme des petites couvertes dans la salle de bain. Donc, on a pris nos serviettes qu’on avait. Xavier avait mis une serviette sur le plancher pour protéger si jamais le bébé tombait. Moi, j’ai pris une serviette pour prendre le bébé quand il me la passait entre les jambes. Puis après ça, moi, je suis allée m’asseoir sur la toilette, puis là, j’étais comme « wow, j’ai mon bébé ». Fait que là, c’était comme un moment un peu

Annie, ta Doula Ostéo

surréel que je vivais. Je pense que Dylan, il veut participer lui aussi, il veut dire qu’est-ce qui s’est passé pour lui à ce moment-là.

Audrey-Anne

Raconte ta naissance, coco. Quand elles sont arrivées, bien là, c’était deux ambulancières, ils sont venus vérifier, couper le cordon. Puis là, rendu là, ils sont partis un petit peu avec le bébé, le temps que je me remette de mon émotion. Puis en fait, finalement, La chose que j’ai trouvé la plus difficile dans tout l’accouchement, c’est quand on a sorti le placenta. Je m’attendais à ce que le pire soit fait, et finalement pour moi, le pire, ça a été la sortie du placenta. Juste parce que Cette fois-ci, j’avais senti…

Annie, ta Doula Ostéo

Est-ce que c’était le placenta? Parce que moi, j’ai des souvenirs extraordinaires du placenta qui sort. C’est chaud, c’est moelleux. Toi, est-ce que c’était vraiment la sortie du placenta ou c’était le fait que t’étais dans une position peut-être qui te convenait moins ou quelqu’un tirait sur le cordon un peu, te souviens-tu?

Audrey-Anne

Ben c’était un peu douloureux, oui, je pense qu’il a fallu qu’il y ait attiré un petit peu. Ok, c’est ça. Pis, faque tu sais, même si j’avais bébé dans les bras pis que j’étais en train de vivre une belle rencontre, On dirait que j’avais de la misère à la vivre cette rencontre-là parce que là, c’était inconfortable pour moi. Mais ça n’a pas été si long que c’est comme… Que la synthèse n’a pas été si long à sortir, sauf que on dirait que c’est ça, ça m’a fait bizarre parce que malgré toutes les contractions que j’ai eues, puis tout le travail qu’on a fait, ben les hormones étaient vraiment au rendez-vous. Puis on dirait que finalement il était,

Annie, ta Doula Ostéo

il avait comme probablement commencé à être moins au rendez-vous parce que la sortie était faite. Oui, puis en plus, c’est sûr que entre vous étiez tous les deux, tout seul dans votre salle de bain, dans ta grotte, avec ton bébé qui s’en venait, versus on ouvre la porte puis il y a 7-8 personnes qui rentrent, et là c’est après ça qu’on se retrouve avec la sortie du placenta. Puis c’est sûr que probablement qu’au niveau de tabule hormonale, c’est correct de les faire entrer. Je ne suis pas en train de dire qu’il fallait les laisser dehors, mais ça a dû quand même un peu écorcher ton… Bien, à ce moment-là, je ne me souviens pas si les deux équipes d’ambulanciers, je pense qu’ils étaient partis déjà, puis c’était comme là…

Audrey-Anne

où ils étaient là, mais ils n’étaient pas dans la chambre. Non, il y avait moi, le bébé et la sage-femme. La stagiaire sage-femme qui était arrivée la première sur les lieux en fait. C’est elle qui était là pour vérifier à ce moment-là.

Xavier

La sortie du placenta aussi était trois fois plus longue que l’accouchement d’Ilan. C’est juste la sortie du bébé. C’est sûr que c’était pas pareil. Puis à un moment donné, ça a duré 20 minutes, moi j’avais Dylan, à un moment donné c’est moi qui l’ai pris. C’est sûr que là c’est plus de la même expérience.

Audrey-Anne

Non c’est ça, vous étiez ailleurs. Non, c’est ça, c’est parce que par le temps que j’étais dans la salle de bain, puis le temps où que lui est né, c’est quoi? C’est une affaire de comme 15 minutes, 20 minutes?

Xavier

De la sortie du bain, mettons, de la sortie du bain, de l’appel d’assistage femme à l’accouchement, c’est un 5-7 minutes. Fait que tu sais, l’appel d’assistage femme, les contractions, puis l’arrivée des ambulanciers.

Annie, ta Doula Ostéo

Ça démonte vraiment que la latence, des fois on vit comme tu as vécu un moment de découragement, on a l’impression que ça ne fonctionne pas notre affaire, que notre corps est brisé, que c’est long, que c’est éternel. Mais tu vois, dans ton cas, la latence a fait un travail extraordinaire. Puis quand ça a commencé, là, t’as été directement dans les choses sérieuses.

Audrey-Anne

Oui, oui, oui, vraiment. Puis aussi, j’avais pratiqué beaucoup le… Je viens de me rappeler, là, le renversement du bébé. Oui. Parce que… À un moment, au premier accouchement, il y avait des petites choses qui faisaient que ça a duré plus longtemps. Je me souviens, c’est ça, on avait fait des rendez-vous, le renversement du bébé, puis aussi être assis plus

Annie, ta Doula Ostéo

vers l’avant. Dans le fond, tu avais étudié des stratégies pour optimiser vraiment la position de tête de ton bébé, de façon à ce que ça soit

Audrey-Anne

le mieux possible. Je ne l’avais pas commencé aussi d’avance que les recommandations, ça fait que ça me stressait un petit peu, mais finalement, je pense que comme je l’ai fait après ça de façon très assidue, bien les choses se sont placées quand même. Clairement.

Annie, ta Doula Ostéo

Clairement, parce que si ton fils n’avait pas été bien placé au niveau de sa tête, je te promets que vous n’auriez pas vécu une expérience aussi « wow ». C’est clair. Là, tu nous as partagé il y a quelques minutes que parmi les difficultés que tu avais dans la vie, c’était de poser tes limites, de t’affirmer.

Annie, ta Doula Ostéo

Et là, je t’écoute et je fais comme « wow, mon Dieu, t’as vraiment été championne du monde à ce moment-là pour dire non, c’est comme ça que je le sens et je vais faire ça ». Est-ce que t’as l’impression que ça a fait un ancrage à l’intérieur de toi? Ça a-tu changé, tu penses, pour le futur? Comment tu vas interagir à l’avenir quand tu vas avoir besoin de mettre, par exemple, tes limites?

Audrey-Anne

– Bien, je dirais oui. C’est sûr que dans les moments qui sont très importants pour moi, qui me tiennent vraiment à cœur, c’est sûr que j’arrive à m’affirmer davantage. C’est ça, je pense que ça va vraiment un peu avec le degré à quel point ça me tient à cœur. Quand j’ai encore de la difficulté à m’affirmer dans certaines situations, mais dans ces situations-là, c’est sûr que oui. Parce qu’avant, par le passé, j’avais vécu quelques expériences reliées avec ma maternité, que je m’étais laissée influencer un petit peu par les autres, puis que j’ai regretté ça. Fait que là, c’est comme si je m’étais dit, il n’y a plus personne qui va venir s’ingérer dans mes affaires. Fait que c’est sûr que probablement que dans le futur aussi, quand ça va toucher particulièrement mes enfants, je vais être beaucoup plus prête à m’affirmer et à poser mes limites. C’est sûr qu’on voit déjà l’impact, particulièrement pour la motricité libre avec Dylan. Quand il y a des gens qui veulent faire des choses qui ne sont pas recommandées, je suis beaucoup plus à même de dire que ça ne fonctionne pas pour moi, qu’il faut changer la façon de faire. Ça a arrivé.

Annie, ta Doula Ostéo

C’est vraiment intéressant. Écoute, avant ta naissance, vous étiez déjà une merveilleuse équipe. Moi, j’ai eu le privilège de vous observer comme couple. Vous êtes vraiment un bon match, vous êtes très complices, vous avez une bonne relation. Est-ce que ça a mis une cerise sur le Sunday, ce qui s’est passé par rapport à ton accouchement, comment Xavier a été vraiment, mon Dieu, top pour t’accompagner, de laisser vivre ton moment, être là pour toi. Est-ce que présentement, est-ce que ça a changé quelque chose dans la façon dont tu le regardes ou dans votre couple?

Audrey-Anne

C’est sûr que là, au début, quand tout ça s’est passé et qu’il a été capable de tout faire, de m’assister, de m’accompagner dans l’accouchement qui n’était pas prévu comme ça. On dirait que je pensais juste à son côté. Je suis comme « wow, il est extraordinaire, c’est merveilleux

J’étais en admiration totale sur son courage et tout ce qu’il avait réussi à faire. Je n’avais pas de mots pour décrire ça. J’étais vraiment en admiration. C’est sûr qu’avec les mois qui ont passé après, là j’ai été capable de plus, moi aussi j’ai été extraordinaire, puis moi aussi j’ai fait plus que ce que j’aurais pu penser être capable de faire, puis je souhaite ça à toutes les femmes, de vivre une belle expérience qui leur permet de juste le vivre de façon naturelle, de profiter de tous les avantages qu’on a dans notre corps, toutes les hormones, tout le travail qui se fait de façon naturelle, c’est vraiment impactant. Ça allait quand même solidifier une complicité dans notre relation. C’est comme si on se dit, bien, on est capable de passer à travers tout. On était capable de vivre ça, de travailler, de faire chacun notre partie. C’est sûr que ça nous apporte une force, je trouve, de savoir qu’on est capable de faire tellement de choses ensemble. Puis là, j’étais vraiment reconnaissante d’avoir fait la préparation, d’avoir, dans mes efforts, encouragé Xavier à faire la préparation aussi. Parce que c’est ça, on dirait que, en annonçant comment ça s’était passé à notre famille, nos amis, puis tout ça, on avait vraiment des feedbacks qu’on était comme extraordinaires, puis que, tu sais, les gens, ils s’attendaient pas à ça, là, comme expérience.

Annie, ta Doula Ostéo

Puis toi, Xavier, de voir ta blonde être capable de déployer autant de puissance, d’être si forte, qu’est-ce que ça l’a eu comme impact pour toi? Puis avec le recul, qu’est-ce que ça change dans ton regard quand tu poses ton regard sur elle?

Xavier

Bien, moi, je ne sais pas, ça ne m’a pas tant surpris, parce qu’Audrey a dit qu’elle est pas affirmée, mais elle est pas affirmée sur certains trucs, mais elle a énormément de drive, puis quand elle veut quelque chose, elle essaie pas de la faire décrocher, ça ne fonctionnera pas. Fait que t’sais, moi je suis content qu’elle le sente plus, qu’elle le perçoive plus. C’est sûr que oui, c’était un beau travail d’équipe, puis l’expérience est géniale. En fait, je revenais sur quelque chose, parce que j’ai de la misère à décrocher. Tu sais, quand les gens ont appris l’expérience, ils ont beaucoup mis l’emphase sur mon héroïsme. Puis… C’est beau, mais en même temps, ça me gosse. Ça te met mal à l’aise? Ben non, en fait, non, j’ai pas de mal à l’aise là-dessus parce que, oui, mettons là, on pourrait dire que j’ai agi comme il fallait, sauf que j’ai toujours bien attrapé le bébé. C’est pas moi qui ai accouché. Je trouve que la société est un peu décalée là-dessus. Ça me dérange, ça, ça me dérange. Moi, qu’on me félicite parce que j’ai réussi à garder mon calme dans une situation de stress, que j’ai été posée, c’est génial, Mais c’est pas moi qui accouche. Puis pour l’avoir vu deux fois, ça me dérange pas d’être à côté. Ça me dérange pas d’être à côté. Ça intense, hein? Oui, c’est bon. C’est intense. Mais tous les sacres que tu veux là-dessus, c’est quelque chose. Une grossesse, c’est exigeant, même en tant que conjoint. Mais un accouchement, moi j’étais très content que ça se déroule rapidement. C’est un très beau cadeau, puis si on était en contrôle les deux, jusqu’à une certaine limite, c’est pas nous qui décident, c’est la vie. Mais si je fais un parallèle là-dessus, Je trouve que ce qui est un peu particulier, c’est que le rôle de l’homme dans l’accouchement, il n’est clairement pas défini dans notre société. Le rôle de l’homme, tu sais, ce qui est raconté, c’est de la merde. C’est de la merde. T’es à côté pis ah oui, là tu vas tenir sa main pis là ça va se faire mal pis là tu vas faire… À côté tu vas respirer, c’est n’importe quoi. Y’a moyen d’être extrêmement présent pis d’être accompagnateur en contrôle d’une bonne partie des choses. Puis… Ben, tu sais, sincèrement, là, je fais comme un pitch de vente, mais c’est un peu ça. Mais c’est vraiment ça, mon copain Léo m’a apporté parce que notre premier accouchement était extrêmement long, difficile, plein de revirements, beaucoup d’inquiétudes, beaucoup d’inconnus. Sincèrement, j’ai détesté l’accouchement jusqu’à temps qu’on arrive à l’hôpital. Ça m’a poussé à bout dans mes dernières limites. Ça a été beaucoup trop long. Mais là, cette fois-là, j’étais bien, j’étais en contrôle. Fait que, tu sais, les deux, trois émissions de télé que j’ai pu écouter, les films, tu sais, n’importe quoi. Là, tu sais, M. Jumandra Savou, la game de hockey, de foot, le film de super-héros, le film d’action, name it, là. C’est ça, Dylan, il m’accompagne là-dedans, pis il est d’accord, ah, ça vaut la peine, ça vaut la peine, là, t’sais, d’être sécurisé en contrôle dans un moment où tu n’as en réalité absolument aucun lastic de contrôle. J’ai sacré le domicile, ça vient carrément

Annie, ta Doula Ostéo

du fond. Ça vient du cœur. Mais tu as absolument raison, je trouve ça le fun que tu en parles, parce que ça fait partie moi des choses que j’essaie de mettre en lumière. Je trouve ça désastreux le manque de place que vous avez. Souvent on ne vous regarde même pas, vous n’êtes même pas concerné. Puis en plus, effectivement, souvent dans les préparations à l’accouchement, les outils qu’on vous donne, c’est du gros n’importe quoi. Ça a aucun bon sens. Et qu’est-ce qu’on entend? C’est des gars qui font comme, « Ben, c’était plate à l’accouchement, je me sentais impuissant, je pouvais pas rien faire. » Alors que vous l’avez expérimenté.

Xavier

– Ah oui, il y a plein de choses à faire, à préparer, là. L’eau chaude, l’eau froide, les points de pression, points d’acupuncture, la luminosité, la musique, la playlist et compagnie, là j’en oublie, là. C’est quand même un inquiet que j’ai tout regardé, ça, mais… Il y a plein de choses à faire. Je vais faire un parallèle. Je ne souhaite à aucun homme… En fait, je ne souhaite à aucun homme d’être aussi innocent que ce que j’ai entendu. Mais quand on était dans la chambre le lendemain de l’accouchement de Félicité, on avait un jeune homme qui racontait à des invités que lui, il avait passé son temps avec de la musique, qui se rend à Ipod, puisque c’était la belle-mère qui était avec sa blonde en train d’accoucher ou sa femme, je sais pas. C’est désolant, tu sais. Tu sais, là, cher homme, prends contrôle de ta vie et de ce que tu peux contrôler dans ton cas, puis participe.

Annie, ta Doula Ostéo

Moi ce qui me semble important c’est de faire en ce cas un choix éclairé. C’est si le gars il veut vraiment pas participer et que en toute conscience il se questionne puis qu’il en vienne à la conclusion tous les deux que vaut mieux qu’il soit sur son iPod dans le temps que la mère, la belle-mère fait vraiment les rôles dont sa femme a besoin. Ça, moi, ça me va. – T’as raison. – Moi, le problème que j’ai, c’est plus comme quand c’est toi le principal aidant puis que tu sais pas quoi faire parce que la société t’offre pas d’opportunité pour avoir un plan de match précis, ben là j’ai de la peine pour les mères parce que je me dis c’est plate pour les mères qui ont pas le soutien dont elles… Qui ferait réellement une différence, c’est plate pour les gars qui ne vivent pas un moment d’empowerment non plus. Non, ben non. Que tout le monde perd finalement.

Audrey-Anne

Puis en fait, dans le premier accouchement, on avait eu une certaine préparation. Puis je me souviens dans les premières heures, Xavier était super présent, il faisait plein de choses, il me touchait, il me faisait des petits massages, il essayait de m’aider à passer à travers les contractions, je me souviens de m’être beaucoup agrippée après lui.

Xavier

On avait des positions.

Audrey-Anne

Certaines positions qu’on connaissait. Mais à mesure que le temps y passait, je me sentais de plus en plus tout seule, parce que je le voyais s’éloigner, physiquement et émotionnellement. Il venait de moins en moins, puis j’étais de plus en plus juste avec la sage-femme qui était présente, puis qui était bonne, puis qui était là. Mais pour moi, c’est pas pareil que c’est ton conjoint. Tu as conçu avec ton conjoint. On dirait que c’est lui qui, selon moi, peut le mieux accompagner en général, à moins que ça fonctionne vraiment pas. Mais si sa confiance est là et que les deux sont prêts à participer, je trouve que… Je le voyais… Moi, j’aurais été capable de rester plus longtemps encore à la maison parce que je voulais tellement arriver au bout de mes choses. Mais en même temps, j’étais comme… Il était tellement plus présent puis je voyais tellement que c’était trop pour lui que je voulais plus continuer comme ça. Puis de toute façon, on n’avait pas le choix. Ils ont des règlements après 35 heures, la poche des os qui est crevée, on doit aller à l’hôpital. Mais c’est ça, C’est sûr qu’avoir eu toutes les connaissances qu’on a eues avec Opaleo pour le premier accouchement, wow! Ça serait peut-être passé d’une façon difficile aussi parce que le bébé n’était pas nécessairement bien placé. Moi, je ne connaissais pas. Au début, on dirait que les sensations sont tellement fortes, c’est plus que ce qu’on imagine. On se le fait dire, il faut que tu respires, continue à respirer, mais on dirait que quand tu as les contractions, moi j’étais pas capable de respirer et ça m’aidait pas. Tandis que la deuxième fois, j’ai respiré malgré les contractions, et je me suis rendu compte que c’est ça un des secrets. Il faut vraiment respirer quand même, et c’est moins douloureux. On dirait que ça aurait vraiment changé quand même beaucoup de choses, je pense, dans la façon qu’on l’a vue, puis de savoir où est-ce qu’on est rendus. Ça nous aurait peut-être sécurisé de vraiment voir, bien, on est encore là. On aurait probablement pris des décisions différentes aussi dans les manoeuvres qui ont été faites durant l’accouchement. Une des choses que par rapport au rôle du conjoint qui sont pas toujours, qui sont pas vraiment préparés dans la société, On s’était fait dire en fait qu’il faisait couper le cordon obélical par le papa parce que sinon ils ne savent pas trop quoi faire. Là, ça lui permet de participer parce qu’il coupe le cordon. Mais on s’était fait dire, J’ai fait du champ prénatal avant l’accouchement, puis la praticienne, elle avait dit que souvent, ils faisaient ça aux hommes justement pour ça, mais dans le fond, ça devrait être la mère qui coupe le cordon avec son enfant, dans le fond, parce qu’il y a une partie symbolique de lui dire maintenant, tu vis par toi-même, tu es un être unique qui vit par toi-même, puis que ça serait vraiment important en fait que ce soit la maman qui le fasse. Donc quand nous c’est arrivé, les ambulancières ont coupé la première fois, c’est sûr que là je n’étais vraiment pas là, mais heureusement ils l’ont coupé trop long, puis ça fait qu’il fallait le recouper. Puis à ce moment-là, ben là, moi, j’ai demandé si je pouvais, moi, le couper, le cordon. Fait que j’ai trouvé ça bien aussi de me réapproprier un peu cette partie-là

Annie, ta Doula Ostéo

qui pourrait très bien être faite par la maman. Oui absolument. Absolument. Puis toi Xavier, tu avais fait déjà ben des affaires que j’imagine que pour toi c’était pas un enjeu de pas couper le cordon à ce moment-là? En fait j’ai refusé, ça me tentait pas, j’en avais rien à se tirer,

Xavier

puis en fait je l’ai coupé le cordon à féliciter, puis c’est un souvenir absolument pas mémorable, c’est-à-dire absolument rien d’intéressant là-dedans. C’est plate, mais comme dit Audrey, pour la femme, il y a quelque chose d’émotif, de spirituel. Pour moi, c’est aussi bête que d’arranger de la viande crue. C’est exactement le même feeling. Fait que pour l’homme, peut-être qu’il y a des gens qui y voient un symbolisme, mais dans mon cas… – Est-ce que tu aurais dit non spontanément si tu t’étais écouté ou finalement c’est correct de le faire comme ça? – Ah non, moi j’aime bien la nouveauté, j’étais curieux. Mais tu sais, je suis content de l’avoir fait. Est-ce que ça me manquerait si je l’avais pas fait? Peut-être, là, mais non, je pense que c’est plus pas vraiment. Tu sais, c’est plus que j’ai une personnalité. J’ai de la difficulté à laisser tomber une bonne expérience, mais sinon… — En ce cas-là, t’as été gâté. — Oui, oui, là, j’ai eu tout de A à Z.

Annie, ta Doula Ostéo

Merveilleux. Si vous aviez comme les « oui, tu trouves ça drôle, toi, tu trouves ça drôle », si vous aviez, en terminant,

Annie, ta Doula Ostéo

à dire vos meilleurs trucs, vos meilleures astuces pour pouvoir vivre un accouchement le plus physiologique possible en équipe? Ce serait quoi vos meilleurs conseils?

Audrey-Anne

Bien, en fait, la salle de bain, c’est pas mal la meilleure pièce pour accoucher. Oui. Un petit endroit où vraiment, je pense que ça a fait une grosse partie de la différence, honnêtement. Parce que même dans le premier accouchement, comme c’était à la maison, On était beaucoup dans cette grande pièce, salon, salle à manger. Ouais. Aussi, le jonglier avec la douleur, le fait de se pratiquer avant, de se mettre dans la poudre, d’avoir des contractions, Ça a vraiment fait la grosse différence pour moi. En fait, le fait que je savais que là, lui, finalement, il se préparait, même si ça a été long avant qu’il aborde les vidéos, le fait que Xavier savait qu’il se préparait, c’est sûr que là, on embarquait dans l’aventure ensemble, on était comme en équipe dans ça. Moi, ça me permet de lâcher prise, puis de m’abandonner un peu là-dedans. Puis Je pense que ça, c’est la grosse clé. Sinon, c’est sûr que j’aurais pas vécu ça comme ça.

Xavier

Moi, de mon côté, un petit côté plus rationnel, mais je n’ai pas d’autre chose à dire que d’être préparé. Pis ben, il y a pas 14 places où se préparer, fait que c’est ça.

Audrey-Anne

Ha! Ha! Ha! Vive au Paléo! Ouais, c’est ça. Pis en fait, nous, ça s’est passé tellement vite que dans tout le coffre à outils, on n’a pas eu besoin d’utiliser autant d’outils parce que ça s’est passé tellement vite. Quand ça a décollé, ça a décollé à une vitesse grand V, mais de savoir qu’on les avait, qu’on pouvait les utiliser, bien,

Annie, ta Doula Ostéo

on partait avec notre gros coffre ben plein. Oui, oui. Puis tu sais, comme je dis toujours, dans le fond, le partenaire ou la partenaire, c’est organiser, protéger, accompagner. Puis accompagner, c’est toujours en dernier. Que toi, dans ton cas, les rôles, dans la situation dans laquelle vous étiez, les rôles les plus importants c’était organiser puis protéger, puis tu t’as fait ça avec brio. C’est exactement ce dont Audrey t’avais besoin à ce moment-là. Vraiment, vraiment. Puis que s’il avait été focalisé à ce moment-là sur les points de pression, les massages, puis qu’il y avait comme mis de côté l’organiser, protéger, là ça n’aurait pas été top pour ton expérience.

Audrey-Anne

Non, non. Ça n’aurait pas fait du tout la même chose. Oui. Tu étais vraiment exactement en bonne place.

Xavier

Ben oui, pis t’sais, moi je considère que tu peux pas correctement accompagner si t’as pas de connaissances pis si t’es pas fait une tête. Fait que t’sais, l’organiser est le deuxième terme qui est… Protéger. Protéger, oui. T’sais, Organiser ça aide beaucoup. Quand tu sais où tu t’en vas, tu es dans un bon état d’esprit, tu peux protéger plus naturellement puis accompagner, mais ça vient tout seul.

Annie, ta Doula Ostéo

Merci d’avoir accepté de nous partager votre expérience. On est quand même rentré dans votre intimité, dans votre salle de bain.

Audrey-Anne

Ça fait vraiment plaisir.

Annie, ta Doula Ostéo

Merci beaucoup et longue vie à tout ce courage et toute cette détermination et toute cette capacité, Audrey, à dire oui, c’est mon instinct et je m’écoute. Bravo. À moi, oui. À vous quatre.

Xavier

Merci, merci Annie.

Annie, ta Doula Ostéo

Au cours des dernières minutes, Audrey-Anne et Xavier ont souligné plusieurs clés importantes en lien avec la préparation à l’accouchement. Au moment de publier cet épisode, pour souligner avec toi la popularité croissante de Opaleo, je t’offre ma préparation virtuelle à la naissance, 11 clés pour une naissance facilité, oui oui, en mode totalement gratuit. C’est pour un temps limité. Si tu veux en profiter dès maintenant, je te propose de suivre le lien que tu trouveras dans la description.

Annie, ta Doula Ostéo

Je te souhaite une magnifique semaine et je te dis à très vite pour le prochain épisode, La semaine prochaine!